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De corps au Luxembourg, d'esprit près de leur famille
Sport 5 Min. 26.03.2020 Aus unserem online-Archiv

De corps au Luxembourg, d'esprit près de leur famille

Le capitaine hammois Paulo Arantes est préoccupé par la situation dans le nord du Portugal, sa région d'origine.

De corps au Luxembourg, d'esprit près de leur famille

Le capitaine hammois Paulo Arantes est préoccupé par la situation dans le nord du Portugal, sa région d'origine.
Photo: Yann Hellers
Sport 5 Min. 26.03.2020 Aus unserem online-Archiv

De corps au Luxembourg, d'esprit près de leur famille

Christophe NADIN
Christophe NADIN
Les footballeurs étrangers du Luxembourg prennent régulièrement des nouvelles de leurs proches restés au pays. Comment vivent-ils cet éloignement et quel regard portent-ils sur la politique mise en place dans leur pays d'origine?

Loin de leur famille, ces joueurs de football du Luxembourg partagent l'angoisse née de la propagation de l'épidémie du covid-19 à travers le monde. Les réseaux sociaux rendent l'éloignement moins pénible et la communication beaucoup plus aisée. Ils ne remplaceront jamais un énorme câlin qui se fera encore attendre de longues semaines.

Ces joueurs portent aussi un regard sur la situation générale dans leur pays et sur la politique menée par les gouvernements. Tour d'horizon. 

Henrique da Silva (Brésil): «La peur de l'inconnu» 

Le défenseur central du Racing témoigne: «Mes parents et mon petit frère habitent toujours à Rio de Janeiro dans le quartier de Botafogo. On se parle tous les jours. Ils ont peur comme nous ici en France. La peur de l'inconnu. Au Brésil, le maire de Rio a pris des décisions fermes comme celle de fermer les plages et même les banques. Un petit jogging est autorisé, mais plus de promenade. Seuls les supermarchés et les pharmacies restent ouverts. C'est un contraste avec le président Bolsonaro qui a cru qu'il s'agissait d'un simple rhume. En outre, le maire a procédé de façon un peu inédite pour le dépistage. Les gens viennent à l'hôpital et s'ils sont positifs, ils y restent quatorze jours. Là-bas le système de santé s'apparente un peu à celui des Etats-Unis. C'est davantage une démarche privée que publique. Soit tu cotises si tu peux te le permettre et tu es soigné dans une clinique privée, soit c'est le règne de la débrouille dans les hôpitaux publics où les attentes sont interminables. Voilà, ma famille se rend compte que l'Europe vit une vraie tragédie mais j'essaie de les rassurer en disant que tout va bien chez nous.» 

Soit tu cotises si tu peux te le permettre et tu es soigné dans une clinique privée, soit c'est le règne de la débrouille dans les hôpitaux publics où les attentes sont interminables.

Henrique da Silva

Paulo Arantes (Portugal): «1.400 respirateurs pour la population» 

Le regard du défenseur du RM Hamm Benfica sur la situation: «Toute ma famille habite à Barcelos, dans le nord du Portugal. Mes parents et ma soeur mais aussi la grand-mère de mon épouse. Cette région du pays est la plus touchée au Portugal. Alors, oui, il y a de la peur chez mes proches. Et quand je vois les images du week-end dernier avec les gens à la plage, ce n'est pas rassurant. Je pense cependant que la majorité de la population a compris qu'il fallait rester à la maison et le gouvernement a pris les mesures nécessaires à temps. On ne peut plus sortir pour rien. Heureusement car le système de santé n'est pas le meilleur d'Europe. Il existe 1.400 respirateurs pour dix millions d'habitants et la rapidité n'est pas optimale pour obtenir des rendez-vous ou des soins. Les maisons de repos sont aussi surveillées de près car ce sont des foyers dangereux. Je pense que les gens sont sensibilisés que tout le monde tirera dans le même sens pour freiner le plus possible ce virus.» 

Amine Nabli (Tunisie): «L'Etat n'a pas traîné» 

Le joueur de Mondorf habite à Konacker près de Thionville et ne perd pas de vue le fil des événements en Tunisie. «Mes parents, mes quatre frères et ma soeur habitent à Bizerte dans le Nord. Mon père a 67 ans. Il est en bonne santé mais il reste une personne vulnérable. Le virus s'est propagé dans le pays à travers les Tunisiens qui résidaient à l'étranger et qui sont rentrés au pays sans respecter la quarantaine. Heureusement que l'Etat n'a pas traîné en prenant des mesures plus sévères qu'ici. Les gens ne respectaient pas les consignes de confinement, alors le pays est d'abord passé au stade 2 avec des procédures plus musclées, des verbalisations et des patrouilles avant de serrer encore la vis et passer au stade 3 ce qui signifie un couvre-feu et des militaires pour le faire respecter. Il est temps de se réveiller et que les gouvernements investissent dans les soins de santé et dans le domaine de la recherche. Ma femme, elle, est infirmière. C'est donc difficile pour nous aussi à la maison avec le petit. Focalisons-nous sur ce combat. Les loisirs, comme le football, on aura tout le temps d'y penser plus tard.» 

Il est temps de se réveiller et que les gouvernements investissent dans les soins de santé et dans le domaine de la recherche.

Amine Nabli

Kevin Sommer (France): «Une copine de ma mère touchée» 

Kevin Sommer est touché par la zone de turbulence que traverse sa ville natale, Mulhouse.
Kevin Sommer est touché par la zone de turbulence que traverse sa ville natale, Mulhouse.
Photo: Christian Kemp

Le gardien de la Jeunesse est concerné au premier chef puisque la ville dont il est originaire Mulhouse, est touchée de plein fouet. «Mes parents habitent toujours dans la région. J'ai de suite dit à mon père de ne pas venir voir le dernier match que l'on a joué contre Rodange. Ma mère, elle, est à la retraite et se demande comment elle va aller faire ses courses. L'une de ses copines a été infectée après s'être retrouvée dans un centre de réhabilitation à la suite d'une opération d'une hernie discale. Mon père, lui, continue à travailler dans une prison. Je lui dis de faire attention mais il n'y a plus personne aux parloirs. On ne sait pas où on va mais les mesures actuelles me semblent logiques. On n'était pas préparé à un confinement total, mais on aurait dû prendre des mesures plus tôt. Je fais le sacrifice de ne pas aller voir mes parents mais les appelle tous les jours alors qu'avant c'était de façon plus espacée. On a besoin de se soutenir. Surtout ma maman qui vit seule.» 

Taiga Tada (Hostert): «Un autre mode de vie»

Le milieu de terrain japonais de l'US Hostert se veut rassurant: «Au Japon, presque tout le monde vit normalement. Je suis en contact deux fois par semaine avec mes parents à Osaka et avec mon frère à Tokyo. C'est un autre mode de vie qu'en Europe. La distance sociale entre les gens est naturelle chez nous et le port du masque beaucoup plus répandu car on en met un dès que l'on est malade.»

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