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Que feront Rauszer et Anglade pour les expatriés?
Politik 9 Min. 16.06.2017 Aus unserem online-Archiv
Législatives françaises au Benelux

Que feront Rauszer et Anglade pour les expatriés?

Le duel du second tour dans la circonscription du Benelux: Pieyre-Alexandre Anglade (La République en Marche) avait obtenu 52,27% des suffrages au premier tour des élections législatives et Sophie Rauszer (La France insoumise), 10,95% des voix.
Législatives françaises au Benelux

Que feront Rauszer et Anglade pour les expatriés?

Le duel du second tour dans la circonscription du Benelux: Pieyre-Alexandre Anglade (La République en Marche) avait obtenu 52,27% des suffrages au premier tour des élections législatives et Sophie Rauszer (La France insoumise), 10,95% des voix.
Photomontage: Dominique Nauroy
Politik 9 Min. 16.06.2017 Aus unserem online-Archiv
Législatives françaises au Benelux

Que feront Rauszer et Anglade pour les expatriés?

Maurice FICK
Maurice FICK
Tous deux sont jeunes, défendent un nouveau parti et visent le siège de député du Benelux à l'Assemblée Nationale. Sophie Rauszer (la France insoumise) et Pieyre-Alexandre Anglade (La République en Marche) s'affrontent ce dimanche au 2e tour des législatives. Que feront-ils s'ils sont élus?

Propos recueillis par Maurice Fick

Ils ont balayé le député sortant et les quinze autres candidats des partis traditionnels au premier tour. Tous deux sont jeunes, défendent un nouveau parti et visent le siège de député du Benelux à l'Assemblée Nationale. C'est un duel inédit. Sophie Rauszer (la France insoumise) et Pieyre-Alexandre Anglade (La République en Marche) s'affrontent ce dimanche au 2e tour des élections législatives de la 4e circonscription des Français de l'étranger. Wort.lu leur a posé 4 questions pour savoir ce qu'ils feront une fois élus.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous dire pourquoi vous souhaitez devenir député?

Pieyre-Alexandre Anglade: «J'ai trente ans. J'habite à Bruxelles depuis sept ans. Ma famille est d'origine mosellane et luxembourgeoise. J'ai fait des études d'histoire à la Sorbonne et d'affaires européennes à Sciences Po Strasbourg, puis je suis devenu assistant parlementaire au Parlement européen de Bruxelles, et chef de cabinet de Pavel Telicka, vice-président du Parlement.

J'ai toujours été passionné par l'histoire et la politique, fasciné par la détermination du peuple français à disposer de lui-même et profondément attaché à l'idéal européen. Mais je suis aussi très ancré dans le réel et je ressentais le besoin d'agir pour améliorer la vie des autres et la société. 

Comme la plupart des jeunes de ma génération, j’ai grandi dans une France en crise. Nous étions tous plus ou moins voués au chômage, ou pire, aux stages et CDD. Je considère que j'ai eu de la chance, mais nombreux sont ceux qui vivotent ou sont restés sur le bord du chemin.

Je voulais agir pour que ce scandale, entre autres, cesse. Mais les partis politiques traditionnels et leur fonctionnement sclérosé ne m'intéressaient pas. Je ne m'y retrouvais pas et n'arrivais pas à m'y engager. 

Tout a changé lorsque j’ai entendu les discours d'Emmanuel Macron alors qu'il était encore ministre. Je me suis tout de suite senti en accord avec ses propos sur les Français et la France, sur les Européens et l'Europe et j'ai admiré d'emblée sa capacité singulière à parler, simplement et directement, du réel. Je lui ai exprimé mon adhésion avant même qu'il crée son mouvement. 

Puis j'ai construit En Marche à Bruxelles en me disant que, s'il réussissait, ce nouveau chemin allait enfin déverrouiller les blocages. Ensuite, j'ai déposé ma candidature aux élections législatives en espérant que cela me donne des perspectives d'action. C’est pour cela que l'on devient député, pour entrer dans l'action au service des autres, pour mettre sa personne au service d'un projet collectif.»

Sophie Rauszer: «J'ai vingt-neuf ans. Je vis à Bruxelles depuis quatre ans. Je travaille au Parlement européen depuis quelques années en tant que conseillère parlementaire pour le groupe politique dans lequel siège Jean-Luc Mélenchon (Groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique, ndlr).

Je suis chargée des questions liées aux affaires étrangères pour différents élus issus de Podemos, de Siyriza et d'autres partis. Aujourd'hui mes parents vivent en Bourgogne. Mais j'ai un parcours très international. Je suis née à Paris, j'ai vécu quatre ans à Strasbourg mais j'ai aussi passé une partie de ma petite enfance au Mozambique et vécu un an à Budapest par exemple. Je peux dire que je connais l'expatriation depuis ma tendre enfance.

Sophie Rauszer: «Je peux dire que je connais l'expatriation depuis ma tendre enfance».
Sophie Rauszer: «Je peux dire que je connais l'expatriation depuis ma tendre enfance».
Photo: Jeremy Cléro

Je souhaite devenir députée pour défendre trois grands axes du programme de la France insoumise qui bénéficie du soutien des écologistes et de toutes les formations de Gauche, locales:

  • La transition énergétique et écologique.
  • La démocratisation des institutions de la Ve République. Nous défendons le passage à la VIe République. Nous voulons réformer toute une série d'éléments démocratiques et créer un droit d'initiative citoyenne afin que chaque citoyen puisse proposer des lois et se réapproprier le débat politique. J'aimerais faire une proposition de loi sur l'encadrement des lobbies. Les lobbies ne sont pas mauvais en soi mais ce qui est nocif, c'est le manque de transparence. C'est pourquoi je serai une élue transparente sur mon agenda personnel de rencontres avec les lobbies.
  • La défense des plus fragiles d'entre nous. C'est un point majeur qui me dissocie de la vision politique d'En Marche de Monsieur Macron. Notre proposition de revalorisation des petits salaires et notre modèle économique sont aux antipodes du modèle économique de Macron et de Schroeder et Merkel en Allemagne qui fait 11 millions de travailleurs pauvres.

Quelle est la première chose que vous ferez pour les Français du Benelux une fois élu ?

Pieyre-Alexandre Anglade: «D'abord, je vais aller à leur rencontre pour les écouter et leur redonner la parole. Pendant des décennies, les Français, a fortiori ceux de l'étranger, n'ont eu que très peu droit à la parole. Celle-ci était accaparée par un personnel politique souvent déconnecté des réalités et plus occupé à réaliser ses ambitions personnelles et préserver ses avantages. 

Au lendemain de mon élection, je renforcerai les ateliers citoyens déjà mis en place en sillonnant les routes de ma circonscription afin d'écouter les habitants, d'échanger avec eux, de débattre. De ce terreau commun, de ce partage, naîtront, je l'espère, des solutions, des propositions, des innovations. 

Je porterai ce fruit à l'Assemblée Nationale, mais également auprès de la Commission européenne, des parlementaires et gouvernements du Luxembourg, de Belgique, ainsi que des Pays-Bas».

Pieyre-Alexandre Anglade: «Au lendemain de mon élection, je renforcerai les ateliers citoyens déjà mis en place en sillonnant les routes de ma circonscription».
Pieyre-Alexandre Anglade: «Au lendemain de mon élection, je renforcerai les ateliers citoyens déjà mis en place en sillonnant les routes de ma circonscription».
Photo: Steve Estwood

Sophie Rauszer: «Les Français du Benelux ont des revendications qui peuvent être assez diverses. Ma réponse portera sur la forme. Mon premier engagement sera déjà de les recevoir! 

J'organiserai des permanences dans les trois pays qui forment la 4e circonscription (des Français de l'étranger) afin d'écouter, de parler, d'échanger avec les Français du Luxembourg, de Belgique et des Pays-Bas pour ensuite, faire remonter leurs demandes à l'Assemblée Nationale. 

Lors de mes trois récentes venues au Luxembourg j'ai rencontré beaucoup de personnes qui vivent de façon transfrontalière. J'y ai entendu beaucoup de choses positives sur le Luxembourg, portant notamment sur la sécurité sociale, et sur la façon dont on pourrait l'améliorer en France. Les Français du Luxembourg demandent davantage que la France s'inspire des bonnes pratiques du Luxembourg».

Quelles sont, selon vous, les trois priorités des expatriés qui vivent au Benelux ?

Pieyre-Alexandre Anglade: «Trois c'est trop peu! Laissez-moi en citer au moins cinq! Je m’engagerai à défendre les grands axes du programme de La République En Marche pour les Français de l'étranger, à savoir:

  • donner à tous la chance de bénéficier de l'enseignement français à l’étranger,
  • construire pour eux une fiscalité équitable, une meilleure protection sociale et simplifier leur vie administrative,
  • faciliter leur vie au quotidien en développant des coopérations transfrontalières en matière de santé ou de transport,
  • faire en sorte qu'ils soient mieux entendus,
  • renforcer la sécurité de nos compatriotes en accélérant la coopération entre les services de renseignements français et ceux des pays du Benelux pour lutter contre le terrorisme et prévenir de nouvelles attaques.

A cela s'ajoute, bien entendu toutes les grandes réformes entreprises par le nouveau gouvernement, notamment la réforme du travail. Enfin j'aurai à cœur, lors de mon mandat, d'œuvrer pour la protection et l'insertion des personnes en situation de handicap».

Sophie Rauszer: «La première priorité sera d'assurer la continuité des droits des Français de l'étranger afin qu'il ne soient pas considérés comme des citoyens français de seconde zone. Ça commence par le fait que je ne voterai pas de projet de rigueur et d'austérité qui puissent mettre à mal les services consulaires. D'autant que depuis 2007 de plus en plus de Français s'installent au Benelux.

La deuxième priorité c'est enrichir notre République française. J'en suis persuadée, les Français de l'étranger ont beaucoup à apporter à la France. L'exemple qui me tient particulièrement à cœur concerne un droit qui existe dans les trois pays: le droit de mourir dans la dignité. Sur ce sujet, la France est en retard et se cache derrière son petit doigt. Je pense que ça doit venir d'un élu du Benelux et qu'il faut faire venir des praticiens du Benelux à l'Assemblée Nationale pour montrer qu'on peut le faire.

La troisième priorité c'est l'Ecologie. Il y a beaucoup d'exemples à prendre au Benelux. Je reviens des Pays-Bas où il y a toute une série de parcs éoliens marins par exemple. Il ne faut pas non plus avoir peur du débat sur le nucléaire. Le nucléaire est la garantie même de préserver les emplois les plus qualifiés pour son démantèlement».

Serez-vous un député à plein temps ou pas ? 

Pieyre-Alexandre Anglade: «Comment pourrais-je prétendre incarner le changement de La République en Marche et défendre l'éthique en politique en ne m'engageant qu'à demi-mesure ? En réalité, le travail d'un parlementaire doit représenter plus qu'un temps plein et j'ai la chance d'avoir l’énergie de la jeunesse pour l'absorber. Je nourrirai ce travail de représentation et de fond en gardant un lien étroit avec les citoyens, en rencontrant les acteurs de terrain et en étant présent dans ma circonscription quand l'Assemblée ne siège pas».

Sophie Rauszer: «Pour cette campagne électorale et devenir députée, j'ai pris sur mes congés. Si je suis élue, j'arrêterai toute activité pour me consacrer à plein temps à mon mandat. Il faut être honnête avec ses électeurs! La circonscription fait 750 km de longueur, je l'ai testé durant cette campagne et ça demande du temps dans les transports».

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