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Les carottes ne sont pas cuites
Politik 5 Min. 03.05.2017 Aus unserem online-Archiv
Présidentielle à Metz

Les carottes ne sont pas cuites

Présidentielle à Metz

Les carottes ne sont pas cuites

Photo: Maurice Fick
Politik 5 Min. 03.05.2017 Aus unserem online-Archiv
Présidentielle à Metz

Les carottes ne sont pas cuites

Maurice FICK
Maurice FICK
Qui de Marine Le Pen (Front National) ou d'Emmanuel Macron («En marche !»), les électeurs mosellans choisiront-ils ce dimanche 7 mai? A quelques jours du 2e tour de l'élection présidentielle, nous sommes allés à leur rencontre au marché du centre de Metz.

Par Maurice Fick

Au soir de ce dimanche 7 mai 2017, la France aura un nouveau président ou une présidente, la première de son histoire. Un nouveau visage qui n'incarnera ni la droite, ni la gauche classiques. Qui de Marine Le Pen (Front National) ou d'Emmanuel Macron («En marche !»), les électeurs mosellans choisiront-ils ce dimanche? A quelques jours du 2e tour de l'élection présidentielle, nous sommes allés à leur rencontre au marché du centre de Metz. Résultat? Dans une ambiance générale plutôt tendue et face à l'expectative des mélenchonistes, les militants de Macron voient bien que rien n'est joué.

Quels que soient les sondeurs, tous les résultats de ces derniers jours parlent en faveur du candidat en marche. Entre 59% et 64% des électeurs donneraient leurs voix à Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle. Au pied de la cathédrale de Metz, où grouillaient samedi ses militants, entre fraises françaises et espagnoles, entre carottes crues et bretzels cuits, les avis déballés sur le grand marché n'étaient pas si tranchés.

A Metz, Macron avait capitalisé 26,69% au premier tour, le 23 avril 2017. Marine Le Pen avait récolté 18,76% alors qu'elle avait fait 10% de plus dans tout le département.
A Metz, Macron avait capitalisé 26,69% au premier tour, le 23 avril 2017. Marine Le Pen avait récolté 18,76% alors qu'elle avait fait 10% de plus dans tout le département.
Photo: Maurice Fick

«Le pays est en crise, c'est évident. Je ne me hasarderai pas à vous dire ce que feront 46 millions électeurs dimanche mais je ne pense pas vraiment que ce soit gagné», estime prudemment Richard, 66 ans. Retraité alerte, il continue à travailler régulièrement dans un cabinet comptable au Luxembourg. Au premier tour, il a voté Jean-Luc Mélenchon. Cette fois, il ira voter «pour Macron». Pas par conviction mais «pour barrer la route à celle qui participe à la constellation fasciste», comme il dit. Richard relève surtout l'appel d'air qui se profile: «Quand on voit que ceux qui tenaient les rênes depuis un demi-siècle ne sont plus de la partie, c'est quand même un signe très fort dont on n'a pas l'équivalent.»

A Metz, Macron avait capitalisé 26,69% au premier tour, le 23 avril 2017. Marine Le Pen n'avait pas obtenu la première place à l'instar de ce qui s'était produit à l'échelle du département (28,35% en Moselle), ni la deuxième place comme c'était le cas à l'échelle nationale (21,3%) mais s'était classée 4e candidate avec 18,76% des voix. Derrière Jean-Luc Mélenchon (20,43%) et François Fillon (18,8%). Dans la ville du premier maire socialiste de Metz, Dominique Gros, le candidat PS, Benoît Hamon avait glané 7,79%, à peine plus qu'à l'échelle nationale (6,36%).

Voici les scores de Le Pen et Macron, commune par commune (en Moselle et Meurthe-et-Moselle) au soir du premier tour:

«Je suis très embêtée»

Anne l'infirmière, 50 ans, avait justement voté Hamon au premier tour car «il était pour améliorer nos conditions d'infirmières alors qu'on va droit dans le mur avec les politiques actuelles en France. Pour le second tour, «je suis très embêtée», reconnaît-elle en faisant la moue. D'abord parce que voter Macron n'est pas envisageable une seconde: «Je suis archi-contre parce qu'il s'est prononcé, entre autres, pour une suppression de fonctionnaires en grand nombre». Ensuite parce que  «je n'ai jamais voté Front National, eu égard à la peur que ça me faisait.»

Anne (à gauche) avait voté Hamon au premier tour et ne sait pas comment elle votera dimanche. Carine, elle, est claire: elle votera Front National.
Anne (à gauche) avait voté Hamon au premier tour et ne sait pas comment elle votera dimanche. Carine, elle, est claire: elle votera Front National.
Photo: Maurice Fick

«Moi, je voterai Le Pen», affiche avec franchise Carine, 56 ans, commerçante. Elle précise aussitôt: «Non pas par racisme» mais «pour ramener autre chose» que «la droite, la gauche et le milieu», comme elle dit. Tout en gardant le sourire, elle explique qu'avec ses 1.400 euros mensuels elle ne s'en sort plus et estime aujourd'hui que «le social c'est bien. Mais trop de social tue le social», en faisant directement référence aux aides versées «aux immigrés». Pour Carine «ouvrir les frontières, ce n'est pas le bon chemin».

Alain, 70 ans, avait bien porté son choix sur Jean-Luc Mélenchon au premier tour tout en sachant que sur la question européenne il n'était pas sur la même longueur d'onde: «Je suis quand même pour l'Europe. Je pense même que c'est vital pour mon pays. Et puis on s'est assez battu pendant des décennies pour que l'Europe se construise!» Il résume en un souffle un sentiment souvent partagé dans les allées du marché où les policiers municipaux succèdent discrètement aux militaires de l'opération Sentinelle: «Je ne suis pas totalement pour Macron mais pas du tout pour Le Pen». Bilan, Alain est indécis au point qu'il est incapable de dire s'il ira, ou non, voter.

«Nous sommes angoissés»

Mélanie, 27 ans est très claire. Dimanche, elle ne se rendra pas à l'urne. Le candidat qui l'intéressait réellement c'était Mélenchon: «Ses idées sur la VIe République m'ont séduite. Ce qu'il proposait était plus démocratique. J'étais surtout curieuse de ça parce que le système actuel est trop royaliste».

Pour réellement remettre la France en marche «il faut que les Français donnent à Macron une majorité aux élections législatives» en juin, estime Michel.
Pour réellement remettre la France en marche «il faut que les Français donnent à Macron une majorité aux élections législatives» en juin, estime Michel.
Photo: Maurice Fick

Et c'est bien là, la crainte majeure des militants de Macron qui sont une dizaine, ce matin-là, à quadriller le marché, tract rose avec le sourire angélique du candidat à la main. La crainte de l'abstention ou du: «c'est tout cuit». Alors que «maintenant, il faut transformer l'essai. Mais vu les positions adoptées par certains, nous sommes angoissés», reconnaît Béatrice, 60 ans qui «marche depuis un bout de temps». Ceux qui l'inquiètent le plus, ce sont «ceux qui disent: on ne votera pas, on est sûr qu'il sera élu».

«Chez Le Pen, tout n'est pas à jeter mais ça va foutre un peu le bazar... maintenant qu'on est dans l'Europe on va quand même pas tout changer», glisse Michel Lentz, 56 ans, sans emploi actuellement. Il a voté Macron au premier tour «pour qu'il n'y ait pas Fillon au second.» Michel voit en Macron, une certaine fraîcheur due à sa jeunesse et au fait qu'il s'affiche «hors parti». Pour lui, «il faut tenter le coup» tout en sachant que ça pourrait ne pas suffire dimanche. Pour réellement remettre la France en marche «il faut que les Français lui donnent une majorité aux élections législatives» en juin.

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