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Leader minimo
Editorial Politik 3 Min. 19.04.2018

Leader minimo

Gaston CARRE
Gaston CARRE
Le temps des grands flamboyants est révolu: Castro était le dernier des dirigeants à aura forte. Miguel Díaz-Canel, sera un gestionnaire à sang froid.

Comment Cuba s'est-elle ouverte à la modernité? Par la démocratie d’abord, matrice originelle en quoi se serait engouffrée l’économie de marché? Par le marché au contraire, cheval de Troie qui aurait introduit la démocratie en contrebande?

La question s'apparentant à celle de l'œuf et de la poule, la réponse sera tout ailleurs: ce sont les Rolling Stones qui, par leur concert le 25 mars 2016 à La Havane, trois jours après la visite de Barack Obama, ont signé et célébré l'accès de Cuba au temps présent. Paradoxe: les Stones restent au pouvoir et chantent «Street fighting man», tandis qu'à Cuba les révolutionnaires ne gouvernent plus désormais.

Pour la première fois depuis la révolution de 1959, le président des Cubains n'est plus un Castro, tandis que le président nouveau, Miguel Díaz-Canel, ne savait pas marcher encore quand, le 1er janvier 1959 – il avait un an – Che Guevara fit son entrée joyeuse à La Havane. La révolution certes n'y est pas morte, elle subsiste à l'état résiduel, comme référent culturel, comme allégorie et signe d'allégeance, comme les posters du Che dans nos anciennes chambres d'étudiants, comme les chansons des Stones, dont Díaz-Canel d'ailleurs est fan.

On nous dira que les Stones ressemblent à des fossiles. On répondra qu'ils bougent encore, avec leur charisme vénéneux, tandis que Díaz-Canel a moins d'éclat qu'une ampoule grillée. C'est que le temps des grands flamboyants est révolu: Fidel Castro, homme de haut voltage, était le dernier des dirigeants à aura forte, alors que plus près de nous s'étaient éteints, déjà, les Kennedy, Nasser, De Gaulle, qui eux aussi furent, mutatis mutandis, porteurs d'idées puissantes.

Macron aujourd'hui est brillant certes mais ressemble à un clerc de notaire, Merkel à une maman-gâteau, nul ne porte plus une idée, au sens épique du terme, telles la Liberté, la Décolonisation, l'Emancipation, on n'a plus que des «projets», tel Macron et sa réforme des retraites.

C'est un phénomène d'époque, et l'enjeu de la nôtre est le montant des retraites justement, plus que les visées abstraites. On veut des gestionnaires dès lors, non des rêveurs, des techniciens à sang froid et non des idéologues allumés. Les Cubains comme nous vivent ce phénomène de désenvoûtement, ce retour aux réalités, qui à Cuba plus que chez nous sont dures.

Avec Raúl déjà la température avait baissé d'un cran, après Fidel en constante ébullition; de Miguel Díaz-Canel aujourd'hui on attend du travail, des métiers et juste assez de liberté pour les exercer sans entraves. Révolution? Marxisme? Ce sont de vieilles idées qui étaient chaudes quand l'Histoire encore était en marche, aujourd'hui l'Histoire est finie nous dit-on, et il faut se contenter de gérer le présent – les jeunes surtout veulent de tout autres mutations: la révolution oui, mais la révolution digitale, car les Cubains veulent l'Internet.

Miguel Díaz-Canel donc va gérer. Au régime d'une liberté surveillée: après six années de castrisme ses mains ne sont libres qu'à moitié: pour le «guider», Raúl Castro lui a dessiné une feuille de route. Ces «lignes directrices», votées par le parti et le Parlement, visent un renouveau ambivalent, consistant à vêtir le socialisme d'habits neufs. Cela peut sembler contradictoire, mais toute contradiction est soluble sous le soleil des Caraïbes: Raúl déjà a introduit le capitalisme pour sauvegarder le communisme.

Donald Trump pourrait-il compromettre de tels prodiges? C'est improbable: Cuba a résisté à l'Amérique comme elle a survécu au lâchage par les Russes, et il faudra plus qu'un cow-boy pour scalper la statue du Che.


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