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Le «très dynamique» culte musulman au Luxembourg
Politik 19 Min. 06.02.2019

Le «très dynamique» culte musulman au Luxembourg

Prière du vendredi midi à la mosquée du Centre Culturel Islamique du Grand-Duché de Luxembourg à Mamer.

Le «très dynamique» culte musulman au Luxembourg

Prière du vendredi midi à la mosquée du Centre Culturel Islamique du Grand-Duché de Luxembourg à Mamer.
Photo: Chris Karaba
Politik 19 Min. 06.02.2019

Le «très dynamique» culte musulman au Luxembourg

Maurice FICK
Maurice FICK
Savez-vous que le Luxembourg dénombre 16 associations islamiques? Savez-vous combien il y a de mosquées? Et où elles se trouvent? Le culte musulman est «très dynamique» et poursuit son évolution depuis la signature de la convention avec l'Etat luxembourgeois. Islamologue et docteure en sciences politiques et sociales, Elsa Pirenne, s'est intéressée de près, durant quatre ans, aux pratiques et à l'évolution des communautés musulmanes qui vivent au Luxembourg. Elle répond à nos questions.

Combien de personnes de confession musulmane vivent au Luxembourg et comment vivent-elles leur religion?

«On ne dispose d'aucun chiffre puisque la loi de mars 1979 interdit de recenser ou de poser des questions sur l'affiliation confessionnelle, philosophique ou religieuse des personnes au Luxembourg. Donc les chercheurs se basent sur les critères de nationalité. Mais ce n'est pas fiable car ils ne prennent pas en compte les convertis, ni les nouvelles générations qui ont la nationalité luxembourgeoise, ni toute une série de nationalités pour lesquelles la religion musulmane n'est pas la religion majoritaire. Comme les Chinois par exemple. Dans le cas très précis du Luxembourg c'est vrai pour les Balkans où les Serbes ne sont pas considérés comme des musulmans parce que ce n'est pas la religion majoritaire. Toutes ces personnes sortent donc des statistiques.

Cela étant dit, on estime que les musulmans forment le 3e ou 4e groupe religieux au Luxembourg, plus ou moins ex æquo avec les protestants. Les premiers étant les catholiques. Les deuxièmes seraient tous ceux qui se rattachent à un mouvement philosophique (athées, agnostiques, etc). Dans ma thèse je parle de 18.000 à 20.000 musulmans mais ces chiffres n'ont pas de fondement statistique.

Elsa Pirenne: «A la fin 2018, j'ai recensé 16 associations islamiques au Luxembourg. Mais toutes n'ont pas un lieu de culte.»
Elsa Pirenne: «A la fin 2018, j'ai recensé 16 associations islamiques au Luxembourg. Mais toutes n'ont pas un lieu de culte.»
Photo: Guy Jallay

Comme dans toute religion il y a des gens très pratiquants et d'autres qui le sont moins. Certains se disent musulmans et sont non pratiquants. D'autres ne vont pratiquer que pour les fêtes comme le ramadan. D'autres encore, pratiquent mais uniquement chez eux avec les contraintes de la société luxembourgeoise. Prier cinq fois par jour quand on travaille à temps plein ou se rendre à la prière du vendredi midi ce n'est pas évident. C'est difficile de dire combien sont réellement pratiquants au Luxembourg. A travers mes études, j'ai mis l'accent sur ceux qui fréquentent les associations - soit entre 10 et 15% des gens - mais j'ai rencontré beaucoup de personnes de confession musulmane qui ne les fréquentent pas, pour comprendre également comment ils vivent leur religion au Luxembourg. En Europe, de façon générale, il y a entre 12 et 15% des musulmans qui sont pratiquants dans les mosquées.

Expliquez-nous le fonctionnement de l'association islamique...

L'association musulmane offre un cadre de pratique avec un lieu de culte, une salle de prière, un imam qui va faire la prière et les fidèles qui se mettent derrière lui pour prier. Mais c'est aussi un cadre pour l'éducation religieuse musulmane, comme il n'y en a pas à l'école. C'est aussi un cadre pour permettre aux convertis d'apprendre la pratique. Mais il y a aussi une bibliothèque, les gens s'y retrouvent pour boire un café , se rencontrer, discuter, ou pour une fête. En somme, c'est un lieu dédié à Dieu mais très ouvert. Certaines personnes peuvent passer plusieurs heures à lire le Coran dans la mosquée. Financièrement, les associations vivent grâce aux cotisations des fidèles. Certains musulmans peuvent se rendre dans une association, pour la prière du vendredi par exemple, sans en être membre. Au Luxembourg, les imams sont des bénévoles, rarement des employés.

Combien de lieux de culte permettent aujourd'hui aux musulmans de prier ensemble au Luxembourg? Comment sont-ils répartis sur le territoire?

Fin 2018, j'ai recensé 16 associations islamiques. Mais toutes n'ont pas un lieu de culte. Les lieux de culte se trouvent principalement dans les grandes villes:

Deux à Wiltz (CCIN: Centre Culturel Islamique du Nord et AIWL: Association Islamique de Wiltz - Luxembourg)Un à Mamer (CCIL: Centre Culturel Islamique du Grand-Duché du Luxembourg)Quatre à Luxembourg-Ville (AIL: Association Islamique de Luxembourg à Bonnevoie; LJM: Le Juste Milieu à Bonnevoie également; le CIL: Centre Islamique de Luxembourg, près de la gare; et AMAL: Association Musulmane Ahmadiyya Luxembourg, également dans le quartier de la gare.) Deux à Differdange (AIC-Al Rahma: Association Islamique et Culturelle Al Rahma; CICD-A: Centre Culturel Islamique de Differdange Afnane)Trois à Esch-sur-Alzette (AIC-SUD: Association Islamique et Cultuelle du Sud; CICBL: Centre Islamique et Culturel Berat du Luxembourg; AMCO: Association MultiCulturelle de l'Ouest).

La répartition de ces lieux de culte est principalement liée aux concentrations de populations d'origine ou de confession musulmane. Raison pour laquelle dans le Sud il y en a davantage. Et dans le Nord, car très tôt -dès la fin des années 1970- une population d'origine balkanique s'est installée à Wiltz. C'est une des communautés les plus anciennes. A Luxembourg-Ville, il y a davantage de travailleurs frontaliers. Ils ne sont pas nécessairement membres d'associations islamiques au Luxembourg mais participent à la prière du vendredi. Comme c'est le cas au Juste Milieu à Bonnevoie où convergent principalement des Français.

Il y a donc, in fine, 11 lieux de culte. A ceux-ci se rajoutent:

A Ettelbruck, le CCINS (Centre Culturel Islamique Nordstad) loue actuellement une salle pour le vendredi et construit un futur lieu de culte à Diekirch.A Mersch, l'Association Fraternelle Musulmane loue une salle communale le vendredi midi dans la commune, à Bersbach.

Moment de prière à la mosquée de Mamer.C'est un lieu de culte très fréquenté le vendredi, jour de la prière.
Moment de prière à la mosquée de Mamer.C'est un lieu de culte très fréquenté le vendredi, jour de la prière.
Photo: Chris Karaba / Luxemburger Wort

Les autres associations que j'ai recensées n'ont pas de lieu de culte: l'Association des soufis tijanis du Luxembourg (Luxembourg-ville, sans lieu de culte) et l'Association CCIF (Centre Culturel Islamique du Foutah).  

Quelle association islamique rassemble le plus de fidèles lors de la prière du vendredi?

L'association Le Juste Milieu à Luxembourg-Ville rassemble clairement un très grand nombre de fidèles pour la prière du vendredi. Essentiellement des musulmans d'origine maghrébine mais aussi des frontaliers, des Bosniaques et des convertis. Elle se trouve à Bonnevoie, derrière la gare. Au Juste Milieu il y a une grande salle de prière pour les hommes et une salle pour les femmes avec retransmission du sermon par micro. Entre 500 et 850 personnes y viennent pour la prière du vendredi midi. C'est l'équivalent de la prière du dimanche chez les catholiques. En islam, il y a cinq piliers, qui sont des devoirs religieux. Parmi ceux-ci figurent la prière. Pour les hommes, faire la prière du vendredi midi à la mosquée peut être considéré comme obligatoire.

Ce lieu de culte a été créé en 2008. Il a eu beaucoup de succès dès le départ pour plusieurs raisons: il est vraiment bien placé derrière la gare, il y a la proximité avec les transports en commun mais aussi avec l'autoroute et il y a de la place dans la mosquée, pour prier. Maintenant c'est devenu plus délicat, car ils font deux prières le vendredi midi, tant il y avait de monde. C'est la seule mosquée de Luxembourg qui fait deux prières le vendredi midi. Elles se font en français et en arabe. Au Centre Culturel Islamique du Grand-Duché du Luxembourg à Mamer, le sermon se fait en bosniaque, anglais et français. Les autres associations font une prière en bosniaque. 

Même s'il y a moins de monde, le centre de Mamer, le CCIL, et le centre de Differdange (CICD-Afnane) rassemblent aussi un certain nombre de fidèles le vendredi midi.

Vous venez de faire de longues recherches sur les associations islamiques au Grand-Duché. Comment brosseriez-vous -en quelques grands points- le tableau du culte musulman aujourd'hui au Luxembourg?

Il est très dynamique de par le fait que de nouvelles associations se créent, des activités qui se mettent en place, la Shoura qui continue à se structurer. Autre grand point du culte musulman au Luxembourg c'est la particularité balkanique qui reste aujourd'hui encore prédominante. Et qui est vraiment différente du reste de l'Europe. A part, la Suisse qui a aussi des grandes communautés balkaniques. Tandis que dans le reste de l'Europe, ce sont beaucoup des communautés turques et maghrébines. 

Ici, ces personnes de confession musulmane qui viennent des Balkans ont, en plus, connu un traumatisme très important avec les guerres dans les Balkans. Et c'est une communauté qui est aussi relativement récente, jeune. Hormis Wiltz et Mamer, créé en 1984, la majorité des centres ont été créés autour de 2008-2010, cela fait donc juste une dizaine d'années. Cet «islam européen» que l'on connaît très peu en Europe est une autre particularité. 

Photo: Chris Karaba / Luxemburger Wort

Fondée en 2003, la Shoura est l'interlocuteur historique et unique du culte musulman face à l'Etat luxembourgeois avec lequel elle a signé en 2015 la convention reconnaissant le culte musulman. Mais la Shoura s'est restructurée ces dernières années...

La Shoura est un interlocuteur uniquement administratif, elle n'a aucune compétence religieuse. Fondée de façon informelle en 2003, elle continue de se structurer. De 2003 à 2011 c'était une structure informelle. En juillet 2011 elle a organisé ses premières élections et ses membres élus ont fondé la composition de la première Shoura formelle. A suivi, une deuxième période électorale en 2014 et une dernière en décembre 2018. A ce moment-là, il y a eu une vraie restructuration puisque la Shoura a changé son règlement électoral. 

Avant 2018, tout musulman membre d'une association islamique pouvait s'inscrire sur les listes pour participer aux élections et ceux qui n'étaient pas membres pouvaient faire une demande directement à la Shoura pour participer. Ce système électoral a changé en 2018 pour passer, comme cela existe en France, à un système de grands électeurs. C'est-à-dire que les musulmans lambda ne peuvent plus participer aux élections mais ce sont des grands électeurs qui sont commis d'office (les anciens membres de la Shoura, les membres de la Shoura, les imams, des personnes qui ont des responsabilités) et des membres désignés - les plus actifs dans les associations souvent - qui votent. 

On voit que depuis 2015 - depuis que la Shoura a signé la convention avec l'Etat pour le culte islamique - elle continue de se structurer. Six associations sont membres de la Shoura aujourd'hui et trois sont membres observateurs, Pendant trois ans, ces dernières participent aux discussions et négociations mais n'ont pas voix au chapitre. Mi-janvier, Faruk Licina a été désigné comme le nouveau président de la Shoura. C'est l'ancien président du Centre Culturel Islamique du Grand-Duché de Luxembourg de Mamer.

En 2015, l'aide de l'Etat de 2.480 euros annuels à la communauté musulmane est passée à 450.000 euros. Forcément c'est un autre enjeu...

Evidemment 450.000 euros c'est un autre budget à gérer. Cette somme permet aussi aujourd'hui à la Shoura d'avoir des bureaux au Kirchberg, un secrétaire général, de pouvoir participer plus facilement à toute une série de réunions et puis, cet argent est redistribué selon des modalités différentes aux diverses associations pour l'exercice du culte.

Comme je l'ai expliqué, chaque association se débrouille avec les dons des fidèles. De sorte que des associations ont plus de membres, donc plus d'argent et vice-versa. D'autres sont à Wiltz où le loyer coûte moins cher qu'à Luxembourg-Ville, etc. Certains ont des imams ou des professeurs qui sont payés alors que la plupart sont bénévoles. Et puis 450.000 euros ça crée de nouvelles attentes... Que ce soit en termes de construction de lieux de culte, de renouvellement de lieux de culte, de paiement de salaires de certains imams, etc.


L'association des Frères musulmans du Juste Milieu est-elle de fait, de plus en plus présente au Luxembourg?

Oui. Mais une grande partie des musulmans qui se rendent dans ce lieu de culte ne sont pas forcément soit au courant, ni partisans, ni sympathisants  de l'idéologie des Frères musulmans. La particularité profonde du Juste Milieu, qui est très différente de toutes les autres associations, c'est que le nombre de membres de l'association est très restreint. Ils ont une cinquantaine de membres. Tous sont cooptés, c'est-à-dire qu'ils sont triés sur le volet. Ce qui n'est pas le cas des autres associations dans le pays où tout le monde peut devenir membre. 

Les Frères musulmans ont un cercle très restreint de membres qui est vraiment à l'opposé du nombre de personnes qui viennent fréquenter la mosquée pour la prière. Ça peut sembler comme deux sons de cloche différents mais Le Juste Milieu et les Frères musulmans, de façon générale en Europe, sont très à l'écoute de ce qui peut faire fonctionner une mosquée. Un des grands points de l'idéologie des Frères musulmans est aussi de mettre en avant la citoyenneté du musulman et ils vont essayer de rendre accessible au plus grand nombre une pratique plus facile, avec des lieux de culte plus accessibles, des sermons en français, voire pourquoi pas un jour... en luxembourgeois? L'association à Mersch est également une association des Frères musulmans.

Qu'avez-vous appris, lors de vos recherches, sur le financement des communautés musulmanes au Luxembourg? 

La majorité des associations islamiques se financent elles-mêmes par les dons et les cotisations des fidèles. L'association Le Juste Milieu a financé son lieu de culte via une association caritative du Qatar qui s'appelle Qatar Charity. Le Juste Milieu a été voir Qatar Charity par proximité idéologique et non pas un autre pays pour lequel il aurait dû négocier. 

Elsa Pirenne: «Des groupes de prosélytisme passent au Luxembourg, comme partout en Europe, et des associations se créent et sont financées, tout ou partie par l'Arabie saoudite».
Elsa Pirenne: «Des groupes de prosélytisme passent au Luxembourg, comme partout en Europe, et des associations se créent et sont financées, tout ou partie par l'Arabie saoudite».
Photo: Guy Jallay

Pour les communautés balkaniques c'est beaucoup plus difficile parce qu'elles ont forcément un lien avec les Balkans et l'autorité religieuse suprême, la Rijaset. Mais sa source de financement est à voir dans le sens inverse car la Rijaset a peu de moyens financiers. Ce sont les communautés musulmanes au Luxembourg qui vont donner de l'argent pour les communautés musulmanes qui sont liées à la Rijaset. Celle-ci emploie des imams au Luxembourg et a des contacts avec les communautés musulmanes au Luxembourg , c'est donc plutôt un lien d'autorité religieuse. 

Enfin, certaines associations salafistes ont un lien avec l'Arabie saoudite. Des groupes de prosélytisme passent au Luxembourg, comme partout en Europe, et des associations se créent et sont financées, tout ou partie par l'Arabie saoudite. Mais là, la question du financement est une grande nébuleuse...

Les communautés musulmanes vivant au Luxembourg ont-elles de grands projets?

Elles ont surtout des projets d'aménagement de lieux de culte. C'était la base de la motivation pour obtenir la convention avec l'Etat luxembourgeois. Il s'agit d'améliorer leurs conditions pratiques d'exercice du culte musulman au Luxembourg. C'est un des projets premiers des communautés musulmanes. 

L'association AIC-SUD à Esch-sur-Alzette par exemple, est en train de construire une mosquée beaucoup plus grande près de la gare. Le CCINS à Diekirch loue une petite salle. Ils étaient vingt membres il y a dix ans. Aujourd'hui, ils sont une centaine - que des hommes - et aimeraient bien avoir un lieu de culte plus grand. L'imam et le comité de l'association ont vraiment réfléchi à un projet global pour la nouvelle mosquée. Ce projet n'est pas qu'une salle de prière mais il y a aussi une salle avec un baby-foot, une petite cuisine pour les jeunes, une salle pour les femmes, avec un commerce au rez-de-chaussée et des appartements au-dessus pour avoir des rentrées d'argent. C'est presque un projet d'entrepreneur. Sa construction est en cours. 

Le futur lieu de culte du Centre Culturel Islamique Nordstad est actuellement en cours de construction à Diekirch.
Le futur lieu de culte du Centre Culturel Islamique Nordstad est actuellement en cours de construction à Diekirch.
Photo: Gerry Huberty

D'autres projets sont plus liés à la Shoura comme le nouveau chef de culte qui va prendre ses fonctions cette année. 

Et puis il y a la mise en place d'une association ou une agence de voyage pour faciliter les pèlerinages pour les musulmans luxembourgeois. Pour partir en pèlerinage à la Mecque (un des cinq piliers de l'islam) il faut une structure officielle accréditée par l'Arabie saoudite dans le pays, ce que le Luxembourg n'a plus. La Shoura est en train de l'organiser.

La communauté musulmane se prépare à avoir un chef du culte. C'est une première. Racontez-nous...

La Shoura n'a pas de compétence religieuse or les communautés musulmanes ont besoin d'avoir un référent religieux pour toute une série de questions pratiques. Mais aussi pour une question de représentation. Par exemple au Te Deum, lors de la Fête nationale au Luxembourg, il y a le Grand Rabbin, l'Archevêque, etc. mais pour le culte musulman c'était jusqu'à présent un imam d'une mosquée qui venait. Il fallait alterner entre les différentes associations et ce n'était pas toujours des plus évidents. Cette personne pourra aussi expliquer et représenter l'islam par rapport aux autres religions. Ce sera, par exemple, aussi à lui de décider du début et de la fin du ramadan. C'est le Dr Rabie Fares qui a été choisi, à l'unanimité, en novembre 2018, par les membres de la Shoura.

Comment la communauté musulmane se sent-elle perçue dans la société luxembourgeoise?

Un des avantages du Luxembourg est que la majorité des personnes de confession musulmane est relativement bien intégrée. Ils ont un emploi, parlent une des langues du pays, leurs enfants sont scolarisés, ce qui signifie aussi qu'ils auront les mêmes compétences et capacités que les autres sur le marché de l'emploi, donc cette question que l'on peut trouver en France ou en Belgique sur la discrimination à l'embauche ou de délit de faciès, ils ne l'ont pas pour la majorité des communautés balkaniques. Les musulmans d'origine maghrébine sont, en général, bien intégrés aussi ici.

Dans certaines régions, comme dans le Sud, c'est plus tendu. C'est surtout plus difficile pour les femmes qui portent le voile, plus ou moins long. C'est vrai que les femmes qui portent le voile ont plus de difficultés car elle ne peuvent pas le porter dans le cadre du travail ce qui pose problème pour certaines d'entre elles. D'autres acceptent tout à fait. D'autres refusent de travailler si elles ne portent pas de voile. Pour les femmes, la situation est un peu plus sensible. 

Il y a aussi des actes islamophobes. C'est surtout vrai pour les commentaires en ligne. Mais ça reste marginal. 

En général, les communautés musulmanes au Luxembourg sont relativement paisibles et arrivent assez facilement à pratiquer l'islam au Luxembourg. Et je pense que c'est valable des deux côtés, à la fois de la société luxembourgeoise et des communautés musulmanes. C'est aussi lié aux communautés balkaniques. Et à cet héritage du soufisme mais aussi au fait qu'elles aient connu d'autres religions. Ils voient l'islam dans un cadre pluriel de différentes religions dans lequel ils s'insèrent. Eux-mêmes se voient vraiment comme ça, je pense. C'est peut-être aussi cela qui était important dans l'obtention de la convention: pouvoir montrer qu'ils étaient vraiment partie prenante des différentes religions qui existent au Luxembourg. 


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