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Le sens d'un combat
Editorial Politik 2 Min. 26.03.2019

Le sens d'un combat

Le sens d'un combat

Editorial Politik 2 Min. 26.03.2019

Le sens d'un combat

Gaston CARRE
Gaston CARRE
Le forum «Stand Speak Rise up!» débute aujourd'hui à Luxembourg. Son enjeu est universel, car le mal qu'il entend combattre - le viol de guerre - frappe des hommes aussi.

Le forum de Luxembourg apporte une double consécration à la Grande-Duchesse Maria Teresa, initiatrice de cette rencontre qui longtemps releva d'une gageure. Une consécration sur le plan très personnel d'un engagement qui connaît là son moment culminant, et une consécration institutionnelle dans la mesure où la Grande-Duchesse peut se prévaloir du soutien du gouvernement à cette action qu'elle n'aurait pu parachever sans celui-ci, mais à laquelle le gouvernement seul, inversement, n'aurait pu donner l'éclat requis.

Mais ce forum est une consécration, surtout, pour les victimes du mal – les «violences sexuelles dans les zones sensibles» – que cette rencontre entend combattre, ces «survivantes» qui pourront s'y exprimer et trouveront là, au plus haut niveau, la plate-forme sur laquelle elles pourront se dresser en porte-parole des milliers de femmes qui de cette parole sont privées encore. Partant, ce forum est la consécration d'un enjeu, non d'une «bonne cause» parmi d'autres mais d'une cause essentielle, fondatrice, dans la mesure où nous serons, dans les années à venir, collectivement jugés à l'aune de ce que nous aurons mis en œuvre sur ce terrain-là.

L'enjeu, selon Denis Mukwege: changer le regard porté sur les femmes, prévenir les violences commises à leur encontre en Afrique en luttant contre les outrages qu'elles subissent en Occident. Car «la violence que l'on observe dans les conflits armés est le prolongement des violences que l'on voit dans des sociétés pacifiées» selon le prix Nobel de la Paix, «l'homme qui répare les femmes».

Cependant, et pour louables que fussent ces propos du gynécologue congolais, il est souhaitable que le combat «Stand Speak Rise up!» ne soit pas dilué dans l'allégeance un peu vague à la «cause des femmes» en général. Car les femmes que le Luxembourg accueille aujourd'hui ont survécu à la violence dans sa forme la plus extrême, la plus crue, d'une abjection que l'on peine à imaginer en nos latitudes. Tous ceux qui les côtoient de longue date, savent que ces survivantes ne sont pas des femmes «en général» mais les victimes singulières de la barbarie, au Congo, en Irak et ailleurs.

Aux mots de Denis Mukweke, des mots de pasteur, il convient dès lors d'ajouter ceux de Céline Bardet, qui cernent bien ce dont il sera question au forum de Luxembourg. Co-organisatrice de celui-ci, Céline Bardet constate que «beaucoup de personnes relient ce phénomène au mouvement #metoo, mais cela n'a rien à voir. Nous ne nous battons pas contre les violences sexuelles de droit commun, mais contre le viol comme arme politique» dit Bardet. «Si le viol dans la guerre a toujours existé, le viol comme outil de guerre est devenu endémique et quasi systématique dans les conflits contemporains».

C'est cette grille de lecture-là, qui en dépassant la dimension « libidinale », individuelle et pulsionnelle généralement attribuée au viol en situation de guerre, apporte à l'enjeu du forum «Stand Speak Rise up!» sa véritable universalité, dans la mesure où les violences qu'il dénoncera visent des hommes aussi.


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