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Le principe de l’aléatoire
Leitartikel Politik 3 Min. 11.06.2015

Le principe de l’aléatoire

Marcel KIEFFER
Marcel KIEFFER
Rarement la Cour européenne des droits de l’homme n’a causé un aussi grand émoi. D’habitude considérée comme le dernier bastion des droits de l’individu, elle a cette fois-ci déçu.

Rarement la Cour européenne des droits de l’homme n’a causé un aussi grand émoi. D’habitude considérée comme le dernier bastion des droits de l’individu, et régulièrement sollicitée comme ultime secours face à une trop grande injustice ressentie, subie par l'humble justiciable face au pouvoir anonyme et écrasant des lourdes machines administratives et judiciaires, elle a cette fois-ci déçu, profondément et douloureusement déçu.

C’est en tout cas le sentiment d’une partie des proches du malheureux citoyen français Vincent Lambert, plongé depuis 2008, après un accident de la circulation, dans un état comateux et atteint de lésions cérébrales irréversibles, qui bataillent depuis des années devant les instances pour faire lever la décision d’arrêter le maintien en vie artificiel de cet handicapé tétraplégique et réduit à une existence végétative.

En constatant vendredi le caractère conforme à la Convention européenne des droits de l’homme de la procédure retenue en France, pour cesser de maintenir Vincent Lambert artificiellement en vie, les juges de Strasbourg n’ont fait que raviver une vive polémique autour de la question de la légitimité de l’euthanasie face à la loi sacro-sainte du respect de la vie humaine.

Tout d’abord faut-il constater que la haute Cour, présidée d’ailleurs par notre compatriote Dean Spielmann, n’a nullement statué sur la question de savoir si un arrêt des soins de Vincent Lambert, dont les opinions sur ses capacités vitales restantes divergent considérablement entre les parties respectivement favorables et opposées au maintien artificiel en vie du patient, mais plutôt sur une question d’ordre procédural, même si, en fin de compte, leur jugement, équivaut évidemment à une décision ouvrant la voie au terrible acte fatal.

La réponse qui aurait pu trancher, au-delà de toute polémique, clairement et équitablement dans ce problème épineux de vie et de mort, faisant valoir tous les arguments dans leur plus fine et plus subtile motivation, n’a pas été donnée par les juges. Et d’ailleurs, toute justice ici-bas étant humaine, donc faillible, qui aurait pu la donner  en ce cas dramatique?

Or qu’il soit permis dans ce débat hautement sensible et en tant que tel appelant à une respectueuse retenue d’opinions trop hâtives, de relever le fait, que l’arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme validant ce que d’aucuns appellent la «mise à mort» de Vincent Lambert repose sur une majorité de douze voix contre cinq au sein du collège des juges, ce qui ne peut ne pas soulever des interrogations.

Qui dit que ces cinq juges minoritaires, et qui n’ont pas tardé à clamer leur indignation, affirmant que cette décision «revient ni plus ni moins à dire qu’une personne lourdement handicapée, qui est dans l’incapacité de communiquer ses souhaits quant à son état actuel, peut, sur la base de plusieurs affirmations contestables, être privée de deux composants essentiels au maintien de la vie, à savoir la nourriture et l’eau», et estimant «qu’elle équivaut à un pas en arrière dans le degré de protection que la Convention et la Cour ont jusqu’ici offerte aux personnes vulnérables», ont forcément tort ?

Comme c’est déjà le cas dans les légalisations sur l’avortement, fixant aléatoirement la ligne rouge entre la période de protection d'un enfant et son abandon aux avorteurs, la loi de la majorité numérique ne pourra jamais légitimer la moindre atteinte au principe du respect de la vie.


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