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La sanction par l'image
Editorial Politik 2 Min. 23.10.2019

La sanction par l'image

Justin Trudeau: une expression de triomphe pour une victoire relative.

La sanction par l'image

Justin Trudeau: une expression de triomphe pour une victoire relative.
AFP
Editorial Politik 2 Min. 23.10.2019

La sanction par l'image

Gaston CARRE
Gaston CARRE
Appelés aux urnes, les Canadiens se sont prononcés: Justin Trudeau, le sunny boy canadien, reste en selle mais son étoile a pâli.

Le cas du Canada atteste un phénomène propre au temps politique présent: Justin Trudeau en 2015 l'emporta par la séduction qu'il exerçait plus que par la légitimité dont il se prévalait, sans que l'effet de séduction ne fût étayé par la compétence dont l'électeur à tort ou à raison lui faisait crédit.

Justin Trudeau, en sa première saison politique, était jeune et fringant. Neuf et «frais», il avait les traits du gendre idéal, et rassurait l'électorat par ce qui au contraire aurait pu l'inquiéter: son éclat de sunny boy, sa candeur exhaussée en bienveillante équanimité, fruit d'un bonheur de vivre qui en toute circonstance lui permettait de pratiquer le «positive thinking», le multiculturalisme et le selfie auprès de fans en pâmoison. Ajoutons que Trudeau était, et reste, porteur d'un nom et du panache qui en émane: le nom du père, le sémillant Pierre, et le nom de la mère, l'excessive Margaret.

C'est la fraîcheur et la filiation qui en 2015 avaient permis à «Justin» de s'imposer auprès de l'électorat, lassé au demeurant par un double mandat du conservateur Stephen Harper. Advint alors, en phase ultime de la nouvelle campagne électorale, cette calamiteuse affaire de «blackface» – Trudeau grimé de noir – qui à une époque où les élections se gagnent ou se perdent par l'image aura voulu, par une ironie de l'Histoire, que Trudeau fût affaibli en cela même par quoi il avait brillé, son image justement, écornée par une vidéo malheureuse.

Deux hypothèses dès lors pouvaient être envisagées au moment des législatives, ce 21 octobre, qui toutes deux seraient fondées sur un même référent: soit l'électeur considérait qu'au vu de l'animal qui sévissait dans la partie septentrionale de l'Amérique du Nord le temps de la superficialité était révolu, soit il considérait, au vu de ce même animal, qu'une frivolité heureuse valait toujours mieux qu'une folie furieuse.

La sanction des urnes finalement est plus nuancée: Trudeau reste en selle, mais affaibli. Le bilan de «Justin» certes est mitigé, mais les Canadiens veulent persévérer sur la voie de la modernité plutôt que de confier leur avenir au conservateur Andrew Scheer, le rival malheureux de Trudeau, un homme qui avait promis des baisses d'impôts et prétendu «remettre de l'argent dans la poche des Canadiens», un homme hostile à l'avortement, au mariage homosexuel ou au cannabis légal – l'immense Canada présente bien des ressemblances, décidément, avec le minuscule Grand-Duché.

Le Premier ministre canadien a obtenu un deuxième mandat mais son parti libéral doit se contenter d'une majorité relative au Parlement, de sorte qu'il lui faut compter sur l'appui d'un petit parti de gauche pour survivre, dans un pays où les gouvernements minoritaires ont une espérance de vie limitée. Trudeau peut composer soit avec les indépendantistes du Bloc québécois dirigé par Yves-François Blanchet, soit avec le Nouveau Parti Démocratique (NPD) de Jagmeet Singh, hypothèse la plus plausible, même si Trudeau alors devra tempérer ses ardeurs libérales pour surmonter leur incompatibilité de principe avec les valeurs que prône la gauche de Singh.


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