Wählen Sie Ihre Nachrichten​

La lutte contre le viol de guerre s'invite au Kirchberg
Politik 3 Min. 26.03.2019

La lutte contre le viol de guerre s'invite au Kirchberg

Nadia Murad, ex-esclave des jihadistes devenue porte-drapeau de sa minorité et le Dr Denis Mukwege, «l'homme qui répare les femmes», au moment de recevoir le Prix Nobel de la paix. Ils seront tous deux au Luxembourg aujourd'hui.

La lutte contre le viol de guerre s'invite au Kirchberg

Nadia Murad, ex-esclave des jihadistes devenue porte-drapeau de sa minorité et le Dr Denis Mukwege, «l'homme qui répare les femmes», au moment de recevoir le Prix Nobel de la paix. Ils seront tous deux au Luxembourg aujourd'hui.
Photo: AFP
Politik 3 Min. 26.03.2019

La lutte contre le viol de guerre s'invite au Kirchberg

Gaston CARRE
Gaston CARRE
Initié par la grande-duchesse Maria Teresa et intitulé «Stand Speak Rise Up!», le forum international contre le viol de guerre se déroule ces mardi et mercredi en présence de plusieurs témoins «survivantes» et de trois prix Nobel de la paix.

L'événement se déroule ce mardi à partir de 14 heures et demain, mercredi, à l'«European Convention Center» au Kirchberg avec la Grande-Duchesse Maria Teresa en maîtresse des cérémonies.


PK Lancement officiel du forum international "Stand Speak Rise UP!" en présence de la Grande-Duchesse, DR. Denise Mukwege,Céline Bardet. Foto: Gerry Huberty/Luxemburger Wort
Mobilisation contre le viol de guerre
La Grande-Duchesse Maria Teresa et Denis Mukwege, prix Nobel de la Paix, présentent le forum international «Stand Speak Rise Up!» contre le viol de guerre.

«Stand Speak Rise Up!» se présente comme un colloque international, après coalition de trois prix Nobel de la paix (Nadia Murad, Denis Mukwege et Muhamad Yunus) et de sommités mondiales dans le domaine de l'action humanitaire. Son enjeu est la lutte contre un fléau qui prolifère en Afrique, au Proche-Orient comme en Asie – le viol de guerre, l'autre nom de la barbarie, de sorte que c'est bien une bataille qui ces jours-ci est menée au Luxembourg.

Outre les trois prix Nobel et les «survivantes» conviées par la Grande-Duchesse, on pourra entendre des orateurs tels Pramila Patten, représentante spéciale du Secrétariat général de l'ONU sur les violences sexuelles dans les conflits, Lord Ahmad of Wimbledon, représentant spécial du Premier ministre britannique sur les violences sexuelles, Peter Maurer, président du Comité international de la Croix-Rouge ainsi que Jean-Christophe Rufin, écrivain et membre de l'Académie française.    

Dès lundi un flashmob organisé place Winston Churchill à Luxembourg annonçait l'imminence de l'événement avant que la Cour grand-ducale ne publie, en soirée, via Twitter, les photos d'une après-midi conviviale en présence des survivantes à Colmar-Berg:

«Bombe à fragmentations multiples»

Un engagement durable souvent naît d'une grande émotion, et celle-ci d'une rencontre marquante. Le forum de Luxembourg est né d'un premier échange entre la Grande-Duchesse et Denis Mukwege, le gynécologue congolais, qui en 2016 au Luxembourg avait évoqué le calvaire des femmes dans son pays, de ces femmes dont le corps devenait champ de bataille, enjeu d'un conflit qui recourt au viol comme arme d'anéantissement total, comme «bombe à fragmentations multiples» comme le dit Céline Bardet, partenaire de Maria Teresa pour l'organisation du forum, car le viol meurtrit ses victimes à la fois en leur corps, en leur dimension familiale et en leur réalité socio-économique – au Congo, le viol de guerre détruit de proche en proche des communautés entières, comme en Bosnie déjà il avait neutralisé des communautés entières.


Congolese gynecologist and co-laureate of the 2018 Nobel Peace Prize Denis Mukwege (C) is hugged by Iraqi Yazidi-Kurdish human rights activist and co-laureate of the 2018 Nobel Peace Prize Nadia Murad (R) and applauded by Chairman of the Norwegian Nobel Committee Berit Reiss-Andersen (L) after giving his lecture during the Nobel Peace Prize ceremony 2018 on December 10, 2018 at the City Hall in Oslo, Norway. (Photo by Tobias SCHWARZ / AFP)
Le SOS des Nobel de la paix
En recevant leur Nobel de la paix lundi, le Congolais Denis Mukwege et la Yazidie Nadia Murad ont appelé à renoncer à l'indifférence et à protéger les victimes de violences sexuelles, selon eux souvent reléguées derrière des considérations mercantiles.

Saisie par l'atrocité de ce que Mukwege lui avait rapporté, la Grande-Duchesse proposa son aide au combat que le docteur menait à l'encontre du fléau.

Quelle aide? Sous quelle forme? De quoi le docteur avait-il besoin? Il avait besoin, lui répondit Mukwege, d'une « plate-forme » où des survivantes puissent s'exprimer, pour dire ce dont elles furent victimes, afin que des milliers d'autres n'aient pas à le subir de même. Maria Teresa donna suite à sa proposition: elle offrirait une plate-forme, au Luxembourg, et inscrirait son propre nom dans l'argumentaire visant à y convier des intervenants renommés.

Ne pas se contenter de l'émotion

La Grande-Duchesse et ses partenaires, notamment le Women's Forum for Economy & Society. se sont employés à mobiliser au plus haut niveau et à rassembler les fonds requis par l'organisation de l'événement; on visita hôpitaux et camps de réfugiés au Liban pour parler aux victimes, comprendre ce qu'elles avaient vécu et relever les besoins de leurs soutiens, tout en prenant acte des initiatives d'ores et déjà mises en œuvre.


«L'indignation ne suffit pas»
La Grande-Duchesse Maria Teresa était présente au «Women's Forum 2018» qui s'est déroulé le week-end dernier à Paris. Elle a parlé des besoins des femmes victimes de violences sexuelles.

Ce grand forum  se contentera-t-il d'émotions solennelles et de déclarations d'intention? Non. Car Maria Teresa a prévenu de bonne heure que «l'indignation ne suffit plus», et que le temps de l'action est advenu. Or cette action est possible, parce que le monde consent à entendre désormais une problématique sur laquelle ont longtemps pesé de puissants tabous, et parce que des outils ont été conçus pour lutter contre le mal. 


Lesen Sie mehr zu diesem Thema

Unis contre les violences faites aux femmes
200 salariés de six sociétés, de la Bourse et du ministère de la Santé, tous voisins, ont affiché leur solidarité pour la cause défendue par la conférence «Stand Speak Rise UP!» qui démarre mardi. Via un flashmob...
Lokales, Solidaritäts Flashmob gegen Sexuelle Gewalt, Initiative Stand Speak Rise UP, Foto: Lex Kleren/Luxemburger Wort
Le «très dynamique» culte musulman au Luxembourg
Savez-vous que le Luxembourg dénombre 16 associations islamiques? Savez-vous combien il y a de mosquées? Et où elles se trouvent? Le culte musulman est «très dynamique» et poursuit son évolution depuis la signature de la convention avec l'Etat luxembourgeois. Islamologue et docteure en sciences politiques et sociales, Elsa Pirenne, s'est intéressée de près, durant quatre ans, aux pratiques et à l'évolution des communautés musulmanes qui vivent au Luxembourg. Elle répond à nos questions.
Online.fr- Centre culturel islamique de Mamer, Islamischen Zentrums, Musulman, Muslim, Prière, Gebet, Mosquée, Moschee, foto: Chris Karaba/Luxemburger Wort
Paul Galles, le chrétien social
Élu député pour la première fois, le conseiller communal de la Ville de Luxembourg entend placer les questions liées au social en bonne place dans les débats de la Chambre des députés.
Editorial: Vacance de zèle
Vivons-nous dans le pays des bisounours? Loin de vouloir paraphraser l'égérie des extrémistes français, Marine Le Pen, la question mérite d'être posée au regard de la faiblesse apparente de la présence policière et militaire quelques jours seulement après les attentats meurtriers de Bruxelles.