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Politik 4 Min. 04.03.2019

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Face aux montées des extrêmes partout sur le Vieux Continent, les beaux discours ne suffisent plus pour préparer l’Union à son avenir. Le moment d’agir est venu pour résoudre les problèmes structurels dont souffre l’UE.

Par Stefano D'Agostino*

« Nous sommes tous, les uns et les autres, responsables de l'Europe telle qu'elle est. Nous serons tous responsables, les uns et les autres, de l'Europe qui sera», a déclaré le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, lors de son dernier discours sur l’état de l’Union le 12 septembre 2018. A moins de 100 jours des élections européennes, cette responsabilité est on ne peut plus importante. Face aux montées des extrêmes partout sur le Vieux Continent, les beaux discours ne suffisent plus pour préparer l’Union à son avenir. Le moment d’agir est venu pour résoudre les problèmes structurels dont souffre l’UE.

D’aucuns évoquent les problèmes liés à une Union économique et monétaire inaboutie, d’autres l’incapacité de l’UE à parler d’une seule voix sur la scène internationale ou aux carences liées à l’inexistence d’une armée européenne. Mais à l’heure de la montée des extrémismes et de la remise en question croissante du projet européen qui en dérive, le problème le plus crucial est celui de l’adhésion populaire à l’UE. Si les citoyens voient leur quotidien déterminé par de nombreuses décisions prises au niveau européen, ils n’en ont pas forcément toujours conscience, ou bien ils ont l'impression de ne pas pouvoir les influencer.

Force est de constater que pour un grand nombre de personnes, notamment celles à plus faible capital économique et culturel, l’UE s’apparente de plus en plus à un artefact d’une technicité incompréhensible – donc ininfluençable – piloté par des « élites » initiées aux règles du jeu européen. L’adhésion au projet européen pour sa capacité à garantir la paix semble avoir perdu en intensité. «Les grands idéaux qui ont inspiré l’Europe semblent avoir perdu leur force attractive, en faveur de la technique bureaucratique de ses institutions», avait déclaré le pape François dans son discours devant les eurodéputés réunis en plénière en date du 25 novembre 2014.

Pour tenter de combler le décalage entre les citoyens et les institutions européennes, les idées de réformes institutionnelles ne font pas défaut : système des têtes de liste pour les élections européennes, fusion du poste du président de la Commission européenne et du président du Conseil européen, création de listes transnationales. Une panoplie d’idées pour rendre l’Europe plus sociale sont également mises sur la table, l’esprit sous-jacent étant – outre la lutte contre la pauvreté et les inégalités croissantes – de montrer aux citoyens ce que l’Europe peut concrètement faire pour eux.

Des solutions louables, mais qui ne mettent hélas pas le doigt sur l’un des problèmes majeurs auquel fait face l’UE et qui constitue un frein important à son appréhension démocratique: son opacité. Force est de constater qu’à l’heure actuelle, grand nombre de citoyens européens ont des difficultés à saisir le fonctionnement de la démocratie européenne, du fait de la grande complexité de l’appareil institutionnel européen, mais aussi en raison du fait qu’ils n’ont t jamais bénéficié d’une instruction civique européenne. Si les initiatives visant à thématiser davantage l’Union européenne dans les écoles se font de plus en plus importantes, force est de constater qu’elles sont encore largement insuffisantes pour permettre de transmettre à tout un chacun les bases essentielles du fonctionnement de l’Union européenne.

Le Bureau du Parlement européen a adopté en octobre 2016 dans les 28 Etats membres le programme «École ambassadrice du Parlement européen». Son objectif est de donner aux jeunes des établissements secondaires et professionnels la possibilité d'approfondir leurs connaissances du Parlement européen et de l'Union européenne, d'appréhender leurs droits en tant que citoyens européens et de comprendre comment ils peuvent participer à la vie démocratique de l'Union. Une initiative noble qui connaît un succès important dans l’UE, et notamment au Luxembourg, où la moitié des lycées luxembourgeois est inscrite au programme, mais qui doit malheureusement se fier à l’adhésion volontaire des lycées et qui se cantonne à un cadre plutôt extrascolaire.

Au sein des programmes scolaires, la thématisation de l’UE demeure encore largement insuffisante, si bien qu’en Europe, grand nombre de citoyens quittent l’enseignement sans avoir les bases nécessaires pour appréhender une structure démocratique aussi complexe. D’où le sentiment important d’être dépassé par l’intégration européenne. D’où également leur prédisposition à tomber plus facilement dans le piège des arguments populistes ultra-simplificateurs.

Dans ce contexte, le travail de pédagogie des médias est indispensable pour tenter de combler ce vide en expliquant l’architecture européenne à chaque fois que ceux-ci thématisent l’Europe. Mais le poids de la démocratie européenne ne peut reposer uniquement sur leurs épaules. J’en appelle donc aux plumes des partis politiques, en rédigeant leur programme politique pour les élections européennes, à plaider pour davantage de place à l’UE dans l’enseignement scolaire.

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