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Enfants de Syrie: le crève-coeur
Politik 4 Min. 20.03.2020

Enfants de Syrie: le crève-coeur

Le Luxembourg voulait accueillir des enfants syriens déplacés par la guerre. Le virus en a décidé autrement.

Enfants de Syrie: le crève-coeur

Le Luxembourg voulait accueillir des enfants syriens déplacés par la guerre. Le virus en a décidé autrement.
Photo: AFP
Politik 4 Min. 20.03.2020

Enfants de Syrie: le crève-coeur

Gaston CARRE
Gaston CARRE
Le Luxembourg ne peut actuellement recevoir les enfants syriens que les services de Jean Asselborn voulaient arracher aux conditions extrêmement précaires dans lesquelles ils vivent dans les camps de réfugiés.

C’est un «crève-coeur» sans doute pour Jean Asselborn, qui par leur accueil avait voulu sauver, de la solidarité européenne, ce qui pouvait l’être encore : la situation créée par le corona-virus rendant l’opération impossible, selon le ministre, le Luxembourg ne peut actuellement recevoir les enfants syriens que ses services voulaient arracher aux conditions extrêmement précaires dans lesquelles ils vivent dans les camps de réfugiés en Grèce. 

«Il me manquait juste une semaine» nous dit Jean Asselborn. «Tout était prêt, tout était réglé avec la Grèce, puis le virus a tout bouleversé.» Priorité doit être donnée maintenant, ajoute le ministre, au retour des Luxembourgeois encore à l'étranger. Ainsi qu'aux discussions avec la Chine, pour l'approvisionnement en masques et en médicaments. «Un premier avion Cargolux devrait faire le voyage début de la semaine prochaine.»

Après un incendie dans le camp grec de Moria. La promiscuité qui y règne va provoquer des ravages sur le plan épidémiologique.
Après un incendie dans le camp grec de Moria. La promiscuité qui y règne va provoquer des ravages sur le plan épidémiologique.
Photo: AFP

Par-delà les enfants, le pire est à craindre pour l’ensemble des populations qui ont fui la guerre civile en Syrie, la promiscuité dans les camps de réfugiés les rendant particulièrement vulnérables à une contamination par la pandémie. 

«En ce temps difficile»  

«En ce temps difficile» l’opération n’est pas possible, a reconnu hier le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères. Et l’on devine que ce constat lui est douloureux, sur le plan humain mais aussi en regard d’une politique communautaire qui face à la nouvelle crise humanitaire générée par le conflit d’Idlib, en Syrie, peine à mettre en œuvre les principes de solidarité dont l’Europe se réclame. 

C’est à la fois au titre d’un contre-exemple et d’une intervention «a minima» que le Luxembourg s’était engagé, avec une «coalition» d’une demi-douzaine d’autres Etats «de bonne volonté», à recevoir un millier d’enfants privés de parents, après exfiltration de camps, sur les îles grecques surtout, où les conditions de vie sont rendues déplorables par la promiscuité et une aide internationale qui du fait du caractère soudain et massif de l’exode d’Idlib peine encore à s’organiser.

 Jean Asselborn lui-même a souligné, récemment à Bruxelles, la «précarité» de la vie dans ces camps. Il s’agissait de sauver des enfants, mais il s’agissait aussi de montrer que l’on pouvait soulager, par des moyens autres que financiers, la Grèce de sa charge migratoire. 

Le virus comme prétexte

Lundi dernier Jean Asselborn faisait part de ses craintes déjà que le corona-virus ne vienne contrecarrer le programme d’accueil à l’adresse des enfants syriens, l’objet de ces craintes est désormais avéré : la logistique requise par l’opération prévue ne peut plus être assurée, ni sa sécurisation, et le Luxembourg même ne peut assurer un accueil dans des conditions sanitaires sûres. Tout au plus le ministre peut-il s’engager à ce que «tout soit mis en œuvre pour qu’un transfert soit organisé dès que la situation le permettra à nouveau».

En Syrie, sachant que le régime de Bachar al-Assad et son allié russe ont détruit les hôpitaux et autres structures sanitaires, les «réfugiés internes» survivent dans des conditions d’autant plus dramatiques désormais qu’ils sont sans défense aucune face au corona-19.
En Syrie, sachant que le régime de Bachar al-Assad et son allié russe ont détruit les hôpitaux et autres structures sanitaires, les «réfugiés internes» survivent dans des conditions d’autant plus dramatiques désormais qu’ils sont sans défense aucune face au corona-19.
Photo: AFP

Si quelques Etats membres de l’UE se sont alignés sur la politique de solidarité préconisée par Asselborn, d’autres s’en distancient très nettement et prennent précisément prétexte de la pandémie pour donner de nouveaux arguments à leur pratique de la porte clause. Il y a quelques années on s’était retranché derrière un amalgame entre djihadistes et demandeurs d’asile, pour justifier un refus d’accueillir ceux-ci. Aujourd’hui c’est le corona-19 qui sert de repoussoir.


TOPSHOT - Displaced Syrians ride in the back of a truck as they arrive to Deir al-Ballut camp in Afrin's countryside along the border with Turkey, on February 19, 2020 after fleeing regime offensive on the last major rebel bastion in the country's northwest. (Photo by Rami al SAYED / AFP)
Une crise humanitaire d'une ampleur jamais vue
Rencontre avec Raphaël Pitti, chirurgien urgentiste et témoin engagé de la crise syrienne, alors que 900.000 personnes ont fui la province d'Idlib.

 Le gouvernement hongrois de Viktor Orban, ainsi, barricade le pays alors que des milliers de migrants s’y pressent après que le président turc Erdogan eut «ouvert» les frontières entre son pays et la Grèce. «Nous voyons un certain lien entre le coronavirus et les migrants illégaux», a déclaré un conseiller de Viktor Orban. 

Les hôpitaux détruits

Sur place, en Syrie, sachant que le régime de Bachar al-Assad et son allié russe ont détruit les hôpitaux et autres structures sanitaires, les «réfugié internes», à savoir les Syriens qui ont dû quitter leur maison sans pour autant pouvoir traverser une frontière, survivent dans des conditions d’autant plus dramatiques désormais qu’ils sont sans défense aucune face au corona-19 – une cinquantaine d’appareils respiratoires seraient disponibles pour tout le nord-ouest de la Syrie. 


TOPSHOT - A man helps an injured boy following an air strike by pro-Syrian regime forces in the town Maarrat Misrin in Syria�s northwestern Idlib province, on February 25, 2020. (Photo by Mohammed AL-RIFAI / AFP)
Dans l'oeil du cyclone
2016, Alep en Syrie est sous les bombes. Hamza, jeune chirurgien, opère les blessés, son épouse Waad filme la guerre, pour Sama, leur fille, afin que plus tard elle sache.

Dirk Hegmanns, directeur régional de l’aide alimentaire mondiale pour la Syrie, n’hésite pas à déclarer qu’il faut s’attendre à des décès «massifs», du fait d’une progression fulgurante du virus. L’administration d’Al-Assad quant à elle déclare qu’«il n’y a pas de cas de corona-virus en Syrie ». Des opérateurs humanitaires affirment au contraire que l’on peut observer une dissémination déjà notable, notamment dans la capitale Damas et dans la région de Lattaquié. 

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