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EDITORIAL: Trou de mémoire
Leitartikel Politik 3 Min. 13.11.2014

EDITORIAL: Trou de mémoire

Marie-Laure ROLLAND
Les commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale ont connu un nouveau temps fort mardi 11 novembre, jour anniversaire de l'armistice marquant la fin d'un conflit ayant coûté la vie à 18,6 millions de personnes en quatre ans

Les commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale ont connu un nouveau temps fort mardi 11 novembre, jour anniversaire de l'armistice marquant la fin d'un conflit ayant coûté la vie à 18,6 millions de personnes en quatre ans.

Au Luxembourg, quelques gestes officiels – à Tétange, Zoufftgen, Luxembourg, Schengen – ont honoré le souvenir des victimes de la Grande guerre. Mais dans l'ensemble, la mobilisation sur cet événement est restée pour le moins modérée. Comme si cette période de l'histoire avait été évacuée de notre mémoire collective.

Pourtant, comme le laisse penser un livre à paraître le week-end prochain sous la houlette de l'Université de Luxembourg («Guerre(s) au Luxembourg – 1914-1918», édition Capybarabooks), la population luxembourgeoise a davantage souffert dans sa chair durant le premier conflit mondial que durant le second. C'est une population affamée qui peut enfin, le 11 novembre 1918, fêter la fin de la guerre et de l'occupation du pays par les troupes allemandes.

Si la Première Guerre mondiale a disparu de notre radar, c'est en partie parce que la seconde déflagration mondiale, avec le traumatisme qu'a constitué la nouvelle occupation du pays par les Allemands en 1939, l'enrôlement de force et la déportation, a quasi monopolisé la mémoire nationale dans les décennies qui ont suivi et jusqu'à aujourd'hui.

Le projet du gouvernement de créer un Institut d'Histoire du temps présent (intégrant une partie des ressources des Centres de documentation sur la Résistance et sur l'enrôlement forcé) va accentuer cette perspective. La question de la Première Guerre mondiale et de l'entre-deux guerres n'est pas une priorité, ce que démontre également l'annulation de l'exposition 1914-1918 au Musée Dräi Eechelen.

Du côté de l'Université également, les travaux de recherche sont extrêmement limités. Les contributions de l'historien Gilbert Trausch publiées à partir de 1974 font toujours référence. Aucune thèse de doctorat n'a été consacrée à la Première Guerre mondiale (contre 5 pour 1939-1945). Pour l'heure, comme le souligne l'historien Benoît Majerus, «d’un point de vue historiographique, la Première Guerre mondiale appelée communément ,la Grande Guerre‘ est plutôt une petite guerre au Luxembourg».

Cette période est pourtant charnière tant concernant l'évolution de nos institutions et leur démocratisation que pour l'évolution des forces politiques, le développement du mouvement syndical parallèlement aux mutations économiques, les relations du Luxembourg avec ses voisins et plus généralement les transformations socio-culturelles à l'oeuvre dans un pays qui commence à assumer son indépendance.

L'article de l'historien Denis Scuto concernant les relations entre Paul Eyschen et la Grande-Duchesse Marie-Adélaïde, dont nous publions la première partie aujourd'hui dans la Warte, propose à cet égard un nouvel éclairage intéressant mais malheureusement parcellaire.

Les remous créés autour de l'annulation de l'exposition commémorative sur la Grande guerre semblent montrer que l'intérêt de la population concernant son histoire nationale dépasse le seul cadre de la Seconde Guerre mondiale. Une attente à laquelle il faut donner suite, si ce n'est à court terme tout au moins en soutenant à plus long terme les recherches sur le sujet.


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