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Editorial: Le chemin de Damas
Leitartikel Politik 3 Min. 06.10.2014

Editorial: Le chemin de Damas

Leitartikel Politik 3 Min. 06.10.2014

Editorial: Le chemin de Damas

Gaston CARRE
Gaston CARRE
Le temps de la réflexion, face au drame qui actuellement ébranle le Moyen-Orient, n'est pas venu encore, tant nous sommes tétanisés par la violence qui s'y déploie, par la complexité des rapports qui s'y nouent et s'y dénouent.

Le temps de la réflexion, face au drame qui actuellement ébranle le Moyen-Orient, n'est pas venu encore, tant nous sommes tétanisés par la violence qui s'y déploie, par la complexité des rapports qui s'y nouent et s'y dénouent, par l'extravagance de cette notion de «califat» qui soudain nous ramène au temps des Omeyyades et des Abbassides. Viendra un jour toutefois où les événements perdront de leur acuité et la réflexion alors s'imposera, moins sur les ressorts de cette région décidément impénétrable que sur les motivations des jeunes Européens qui par centaines s'y sont rendus.

Le temps présent nous apparaîtra alors comme cette période folle où des adolescents ont rejoint les rangs d'un «djihad» dont ils ne reviendraient pas, d'une «guerre sainte» au nom de laquelle ils étaient prêts à se faire exploser, nous confrontant à cet extraordinaire paradoxe d'une jeunesse prête à mourir pour Allah à Bagdad ou Damas tandis que l'Europe se battait pour sa laïcité.

Ils ne savent pas ce qu'ils font nous dira-t-on. Ces jeunes ont subi un «lavage de cerveau» nous dira-t-on, victimes d'infâmes chasseurs de tête, propagandistes de la charia en quête de chair à canon. Ce n'est pas tout à fait exact, hélas. La terreur nous terrorise, et constitue dès lors un terreau propice aux fantasmes. Parmi ceux-ci figure l'idée selon laquelle l'Etat islamique dispose d'une brigade de sergents recruteurs appelés à démarcher, en Europe, les candidats au martyre. Or il y a des candidats en effet, mais il n'y a pas de sergents, ni de recruteurs, pour l'excellente raison que les candidats sont si nombreux et empressés qu'il n'est pas nécessaire de les racoler. Voilà bien le drame, voilà ce qui précisément doit nous inquiéter: ils y vont tout seuls, en Syrie et en Irak, les jeunes aspirants au paradis mahométan.

Des dingues? Des paumés? Un a priori encore, une idée fausse: les jeunes djihadistes sont, si l'on ose dire, des gens comme vous et moi, sains d'esprit (au départ du moins), nés d'un père et d'une mère qui ne sont pas forcément séparés, dans un milieu qui n'est pas obligatoirement défavorisé,  dans un contexte qui n'est pas toujours délinquant. Et en ceci, en cette banalité de nos djihadistes spontanés, réside l'autre grand motif d'inquiétude pour nous tous qui observons ce qui depuis des semaines et des mois advient au Levant. Cette «banalité», on l'aura compris, est un euphémisme pour dire que ces adolescents sont les nôtres. Scandaleuse affirmation?

Il y a plus scandaleux encore, dans la motivation des djihadistes. Pourquoi leur fascination devant une charia d'un autre âge? Parce que ces jeunes gens croient trouver, dans le djihad et l'islam «intégriste» qui le sous-tend une forme d'intégrité justement qu'en Europe ils croient ne plus trouver. Une spiritualité sans concession, une lecture radicale, «pure et dure», d'un Coran en quoi ils pensent trouver des réponses que la Bible ne fournit plus à leurs questionnements. Certes, une fois sur le théâtre des opérations ils vont devenir des tueurs, mais ils partent, si l'on ose dire, avec les plus «pures» des intentions.

Ces jeunes, et c'est sur ce point en somme que devra porter l'interrogation souhaitée plus haut, considèrent qu'il y avait plus de bonheur à vivre au temps des Omeyyades et des Abbassides qu'il n'y en a au temps présent en Occident.


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