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Editorial: La peste
Leitartikel Politik 3 Min. 26.02.2015

Editorial: La peste

Leitartikel Politik 3 Min. 26.02.2015

Editorial: La peste

Gaston CARRE
Gaston CARRE
«Daesch à nos portes» était le titre d'un éditorial publié ici en novembre 2014 déjà. La Libye sombre dans le chaos, y disait-on, les terroristes de l'«Etat islamique» y établissent leurs succursales et ces fous furieux dès lors sont au seuil de l'Europe.

«Daesch à nos portes» était le titre d'un éditorial publié ici en novembre de l'année dernière déjà. La Libye sombre dans le chaos, y disait-on, les terroristes de l'«Etat islamique» y établissent leurs succursales et ces fous furieux dès lors sont au seuil de l'Europe. Ces affirmations cependant n'avaient pas suscité un émoi notable, et il aura fallu sans doute les mises en garde de Jean Asselborn, qui hier au Caire évoquait cette menace avec le président Al-Sissi, pour faire prendre la mesure du danger que représente l'ancrage en Libye d'un mouvement terroriste qui d'ores et déjà s'y est signalé par la décapitation de 21 chrétiens coptes. Comment s'expliquer l'indifférence au drame libyen?

Il en va des grands conflits sans doute comme des grands malades. On veut bien prêter attention à l'intervention chirurgicale, mais une fois traitées les nations comme les malades sont supposées guéries et notre attention dès lors se relâche, d'autant plus vite dans le cas présent que le patient libyen semble affecté d'une pathologie complexe.

On se souvient, certes, d'une intervention militaire en 2011, temps des révoltes arabes, entreprise pour sauver d'une mort certaine une insurrection que Mouammar Kadhafi allait noyer dans le sang. On se rappelle les images, atroces, de Kadhafi capturé puis lynché. Et on se rappelle que trois jours après son exécution, le 23 octobre 2011, les autorités de transition proclamaient la «libération totale» du pays, autorisant les Libyens à rêver enfin d'un véritable printemps. Or trois ans plus tard le pays est à terre, et ceux-là mêmes qui hier annonçaient une aube nouvelle redoutent un scénario somalien pour une Libye livrée aux milices et aux pillards. Que s'est-il passé?

Délesté de son dictateur le pays n'a su se doter d'un Etat. Faute de couvercle institutionnel la boîte de Pandore était ouverte, dont surgirent les rancœurs claniques, les frustrations et les rivalités tribales. Or si un temps durant le désordre relevait du banditisme plus que de l'islamisme, les milices désormais sont polarisées en mouvances idéologiques, et des groupes paramilitaires ont proclamé leur allégeance à l’Etat islamique, alors que l'islam radical est présent déjà en Algérie. Le risque qui naît de cette islamisation au Maghreb est considérable: les égorgeurs trouvent peu d'obstacles dans des pays qui peinent à contrôler leurs frontières, il n'en trouvent aucun dans une Libye privée d'Etat.

Le voisin égyptien déjà cède à l'effroi, et demande une intervention à l'instar des opérations que les Nations unies ont autorisées en Irak et en Syrie. Une intervention dans l'intérêt général, pour prévenir une implantation de Daesch sur les deux rives de la Méditerranée. Serait-ce raisonnable? Jean Asselborn incite à raison garder. A privilégier le dialogue sur les armes. A miser plutôt sur une réconciliation inter-libyenne et sur le rempart commun que les parties en présence pourraient, le cas échéant, opposer aux égorgeurs.

Est-ce réaliste? L'option Asselborn est louable en son principe, mais est-elle promise à un avenir dans les faits, quand la Libye est malade de cette fièvre fratricide qui, de tous les maux, est le plus virulent? Soyons vigilants, quoi qu'il en soit, au chevet du patient, car de Libye émane un processus de contamination aux conséquences incalculables, qui pour l'Europe pourrait avoir la force de sape d'une peste.


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