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Editorial: La méthode Nagel
Leitartikel Politik 3 Min. 05.09.2014

Editorial: La méthode Nagel

Marie-Laure ROLLAND
Le moins que l'on puisse dire, c'est que la ministre de la Culture a de la suite dans les idées. En mars, elle avait fait trembler le secteur culturel en annonçant que toutes les conventions avec les associations seraient supprimées d'ici la fin de l'année.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que la ministre de la Culture, Maggy Nagel, a de la suite dans les idées. En mars dernier, elle avait fait trembler le secteur culturel en annonçant que toutes les conventions avec les associations seraient supprimées d'ici la fin de l'année. Chaque engagement financier serait revu au cas par cas pour 2015. Le courrier reçu le mois dernier par la soixantaine d'associations concernées n'aura donc surpris personne. Toujours est-il que c'est désormais écrit noir sur blanc par lettre officielle: les compteurs sont remis à zéro à partir de 2015. Chacun devra se battre, arguments à l'appui, pour justifier l'allocation des subventions publiques à l'avenir.

On peut s'interroger tout d'abord sur la méthode mise en œuvre pour améliorer le fonctionnement du secteur culturel dans un contexte de lutte contre les déficits publics. Celle-ci est pour le moins radicale, sans compter que l'opération a été anticipée par la divulgation, au mois d'avril, de toutes les dépenses du ministère de la Culture (publiés dans son rapport annuel 2013). On sait désormais à l'euro près qui reçoit quoi. Or tout remettre à plat n'était pas la seule option possible. Au ministère des Sports par exemple, autre instance liée par nombre de conventions au secteur associatif, il n'est pour l'heure pas question d'aller aussi loin.

L'avantage de cette méthode, c'est qu'elle met fin aux suspicions qui empoisonnent le secteur sur les «copinages» qui amèneraient à privilégier les uns plus que les autres. On met cartes sur table et on rebat la partie, en toute transparence. Les nouvelles conventions seront signées en fonction des réponses à un questionnaire envoyé aux associations au mois d'août et à renvoyer avant le 3 octobre. Ce questionnaire met en évidence certains critères d'attribution, mais la question de leur pondération pourrait prêter à controverses. En effet, aucun débat préalable n'a

eu lieu sur le sujet. Les «assises culturelles annuelles» annoncées en novembre 2013 dans le programme gouvernemental ne sont toujours pas à l'ordre du jour. Par ailleurs, le ministère de la Culture sera-t-il en mesure de dépouiller les questionnaires et de faire ses choix avant la fin de l'année? La question est cruciale pour un secteur qui doit s'engager bien en amont pour mettre sur pied une programmation.

Sur le fond, l'initiative sera certainement utile. En effet, au fil du temps se sont multipliées les initiatives et chacun peut constater que l'offre est pléthorique sur la scène culturelle. Demander aux associations si «les missions définies dans la convention correspondent toujours aux besoins et réalités sociales et culturelles du Luxembourg» est un exercice inédit qui paraît pertinent. Les bénévoles enthousiastes qui portent certaines associations ont pu, au fil du temps, perdre de vue leur public ou la finalité de leur engagement. Toujours est-il que répondre à une question aussi fondamentale en moins de deux mois sera une gageure pour certains.

Il est donc probable que ce sont les structures les plus solides, déjà pourvues de personnel stable et formé, qui tireront le mieux leur épingle du jeu. Avec pour conséquence à terme l'accélération d'un mouvement déjà amorcé depuis quelques années, celui de la professionnalisation du secteur culturel. Pour ceux qui seront écartés de la manne publique, l'alternative sera alors simple: disparaître ou se réinventer. Certains n'ont pas attendu la lettre ministérielle pour s'y mettre.


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