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Editorial: En attendant la relève
Leitartikel Politik 3 Min. 09.10.2014

Editorial: En attendant la relève

Leitartikel Politik 3 Min. 09.10.2014

Editorial: En attendant la relève

Marie-Laure ROLLAND
Marie-Laure ROLLAND
Ouverture de la Frankfurter Buchmesse, remise hier du Prix Batty Weber 2014 à Lambert Schlechter au Centre national de littérature, proclamation du prix Nobel de littérature aujourd'hui: l'actualité culturelle se décline autour du livre depuis quelques jours.

Ouverture de la Frankfurter Buchmesse, remise hier du Prix Batty Weber 2014 à Lambert Schlechter au Centre national de littérature, proclamation du prix Nobel de littérature aujourd'hui: l'actualité culturelle se décline autour du livre depuis quelques jours. Une effervescence surfaite? Ou au contraire le bon vieux livre serait-il encore «tendance»?

A observer le succès grandissant des Walfer Bicherdeeg ces dernières années, on peut penser que le livre n'a pas trop de soucis à se faire dans le pays. Contre toute attente, que ce soit sous forme numérique ou imprimée, il résiste bien à la concurrence que représentent la télévision et

Internet. C'est d'ailleurs ce que montrait l'étude réalisée par le CEPS-Instead au Luxembourg en 2012. Elle indiquait qu'entre 1999 et 2009, la proportion d'individus ayant lu au moins un livre au cours des douze derniers mois était passée de 56 % à 70 %. Ces chiffres datent un peu et il serait intéressant que le ministère de la Culture songe à les actualiser, mais les résultats ne devraient pas être foncièrement différents.

La question que l'on peut se poser dans ce contexte est de savoir comment le secteur littéraire luxembourgeois – auteurs, éditeurs, libraires – se positionne. L'intérêt pour le livre profite-t-il à la création littéraire nationale?

Les dernières évolutions laissent perplexe. Certes, le pays compte quelques bons voire très bons auteurs et le Prix Batty Weber, attribué tous les trois ans, représente à cet égard un bon indicateur de ce qui se fait de mieux en «Luxemburgensia». Lambert Schlechter en est le dixième lauréat après Edmond Dune, Roger Manderscheid, Léopold Hoffmann, Anise Koltz, Nic Weber, Pol Greisch, Guy Rewenig, Nico Helminger et Jean Portante. Sans surprise, ces auteurs se retrouvent depuis 1992 parmi les lauréats du Prix Servais qui récompense chaque année une oeuvre littéraire luxembourgeoise.

Cela amène à s'interroger sur la relève, qui peine à émerger. On voit bien ici ou là apparaître de jeunes auteurs, mais le souffle semble leur manquer pour construire une oeuvre sur la durée. A moins que, comme Lambert Schlechter, ils ne finissent par s'épanouir pleinement une fois l'heure de la retraite sonnée. Pourra-t-on alors parler de «jeunes» auteurs susceptibles de toucher un jeune public?

Le contraste est grand avec la scène musicale qui, de son côté, regorge de jeunes talents qui trouvent non seulement leur public dans le pays, mais également de plus en plus au-delà des frontières. Les efforts de promotion de MusicLX portent pour une part leurs fruits. Mais l'on peut estimer que c'est bien davantage le résultat d'un investissement de fond dans l'éducation musicale et le soutien à la création. Le ministère de la Culture serait bien avisé d'y penser à l'heure des coupes budgétaires.

Développer la création littéraire, cela passe aussi par la présence d'éditeurs réellement armés pour accompagner leurs auteurs. Mettre un livre sur le marché n'est pas une fin en soi. Encore faut-il qu'il soit écrit sans faute et que l'on aille au-delà de l'exercice scolaire. Or les éditeurs ne se donnent pas toujours les moyens de leurs ambitions et l'on peut s'étonner que certaines aides publiques continuent à être allouées sans aucun contrôle sur la qualité finale.