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Editorial: Coups de projecteur
Leitartikel Politik 3 Min. 25.01.2017 Aus unserem online-Archiv

Editorial: Coups de projecteur

Leitartikel Politik 3 Min. 25.01.2017 Aus unserem online-Archiv

Editorial: Coups de projecteur

Marie-Laure ROLLAND
Marie-Laure ROLLAND
Les «vieux» tiennent le haut de l’affiche dans «Rusty Boys», le film d'Andy Bausch à découvrir aujourd’hui sur les écrans.

Les «vieux» tiennent le haut de l’affiche dans «Rusty Boys», le film d'Andy Bausch à découvrir aujourd’hui sur les écrans. Un long métrage réjouissant qui braque le projecteur sur un phénomène de société perceptible au Luxembourg comme dans tous les pays développés: l’allongement de la durée de vie (lire la critique en page 17).

L’intérêt du film est d'aborder la dimension émotionnelle du vieillissement: une période de la vie qui bouscule nos relations familiales, sentimentales, et qui peut aussi peser lourd financièrement... Pour autant, peut-on dire qu’il est le reflet de la situation sociologique et économique dans le pays? La réponse doit être nuancée.

Il faut observer que les «Rusty Boys» sont tous de nationalité luxembourgeoise. Normal, car ils représentent le gros des bataillons de personnes âgées dans la population résidente.

Les étrangers venus s’installer ces dernières années sont jeunes et professionnellement actifs. En 2015, le Luxembourg était ainsi, d’après Eurostat, le quatrième pays le plus jeune de l’Union européenne après l’Irlande, Chypre et la Slovaquie. La moitié de la population a moins de 40 ans (contre 42,2 ans en moyenne en Europe et 45,9 ans en Allemagne).

C’est ce dynamisme démographique qui explique le bon état de nos caisses de retraite et de santé, mais aussi le fait que les retraités puissent allègrement faire tourner les agences de voyage du pays ou le marché des résidences secondaires sur la Riviera.

Alors certes, l'argent ne fait pas le bonheur. Cela ne compense pas les problèmes de santé voire la misère affective, mais cela permet à une majorité de seniors d’être à l’abri du besoin. D’autant que cette population est aussi celle qui détient le plus de capital. Des biens hérités ou acquis à une époque où le prix de l’immobilier était encore abordable.

En contrepoint des «Rusty Boys», le cinéma luxembourgeois nous a aussi parlé récemment d'une autre réalité qu'il ne faudrait pas négliger. Celle des «Baby(a)lone» de Donato Rotunno (2014) ou des «Mammejong» de Jacques Molitor (2015). Là, l'éclairage est braqué sur une certaine jeunesse luxembourgeoise déscolarisée ou déboussolée dans un monde qui lui échappe.

Bien sûr, on ne peut pas généraliser. Toute la jeunesse luxembourgeoise n'est pas à la dérive. Mais il est évident qu'elle est confrontée à une situation beaucoup plus complexe que celle des «babyboomers» vieillissants. Pas sûr que «Le club des chômeurs» d'Andy Bausch, sorti en 2001, ferait autant rire aujourd'hui avec un taux de chômage des jeunes dans le pays à 17,7 %, à peine moins que la moyenne européenne (18,4 %).

Désormais, nombreux sont les jeunes actifs qui doivent revenir vivre chez leurs parents faute de pouvoir se payer un loyer. La plupart des contrats collectifs sont revus à la baisse pour les nouvelles recrues, y compris dans le secteur public. Sans compter que leurs premiers emplois sont précaires. Le phénomène est certes moins problématique que chez nos voisins mais la situation de ceux-ci nous concerne également de près. Les jeunes européens

ultra-diplômés mais précarisés frappent à nos portes, venant en concurrence directe avec une génération sur laquelle plane la tentation du repli identitaire et linguistique. A l'instar des «Rusty Boys», notre jeunesse n'a donc d'autre choix que de prendre résolument son destin en main et de faire entendre haut et fort sa voix.


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