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Editorial: 20 ans après...
Leitartikel Politik 3 Min. 07.01.2015

Editorial: 20 ans après...

Marie-Laure ROLLAND
La grisaille de la météo tout autant que les perspectives politiques, économiques et sociales du pays n'incitent guère à l'euphorie en ce début d'année. Mais puisque nous sommes à l'époque des bonnes résolutions, tentons de partir d'un bon pied en positivant.

La grisaille de la météo tout autant que les perspectives politiques, économiques et sociales du pays n'incitent guère à l'euphorie en ce début d'année. Mais puisque nous sommes à l'époque des voeux et des bonnes résolutions, tentons de partir d'un bon pied en positivant. Et pourquoi pas en privilégiant les bonnes nouvelles plutôt qu'en parlant des trains qui n'arrivent pas à l'heure...

Ainsi, dans un communiqué envoyé hier, le Mudam a fait savoir que sa fréquentation avait frôlé les 80.000 visiteurs en 2014, une progression de 60 % par rapport à 2009. Un chiffre qui le situe au-delà de ses objectifs et parmi les institutions muséales d'art contemporain les plus visitées dans les villes européennes de taille comparable. N'en déplaise aux esprits grincheux qui continuent à dénigrer ce musée, le public, lui, en a trouvé le chemin – et peut-être même pour certains les clés.

Cette information tombe alors que 2015 marque le vingtième anniversaire de la première Capitale européenne de la Culture organisée dans le pays. Et quel parcours réalisé depuis lors! Rappelons qu'à l'époque, les infrastructures culturelles étaient quasi inexistantes et qu'il avait fallu organiser bon nombre des manifestations sous un chapiteau au Plateau du Saint-Esprit, provoquant la prise de conscience du décalage entre le statut de capitale européenne de la ville et le niveau de son offre culturelle.

Non pas que le Luxembourg ait été un désert culturel mais dans l'ensemble les perspectives étaient limitées tant pour les artistes autochtones que pour le public. L'électrochoc de 1995 a décidé le pays à se doter d'institutions nationales en se lançant dans un vaste programme d'investissements. Que la Philharmonie et la Rockhal célèbrent cette année les dix ans de leur ouverture n'est pas un hasard. La rénovation du Grand Théâtre (achevée en 2003) mais aussi de l'abbaye de Neumünster (2004) ou la construction du Mudam (ouvert en 2006) en sont également le prolongement.

Ce que l'on peut constater aussi, 20 ans après la première Capitale européenne de la Culture, c'est que l'offre a créé la demande. Les Cassandre qui dénonçaient la surdimension de la Philharmonie avant son ouverture en 2005 ont dû s'incliner devant son succès public. En 2013, l'institution a attiré plus de 160.000 spectateurs. Le Grand Théâtre lui aussi a réussi le pari de sa modernisation en combinant offre de qualité et excellent taux de fréquentation. Quant à la Rockhal, elle est parvenue à se positionner sur la carte de la musique pop-rock en Grande Région. On ne peut certes pas se voiler la face et nier que les plus petites institutions (en particulier les théâtres – qui souffrent de la fragmentation linguistique du public – et certains centres culturels régionaux soumis à une forte concurrence) ont du mal à se positionner. Mais l'offre culturelle fait aujourd'hui partie des principaux facteurs d'attractivité du pays. Nul n'envisagerait un retour en arrière.

Et puis – pour rester dans une tonalité positive – ces 20 années parcourues depuis 1995 ont permis de voir émerger une scène artistique créative, ambitieuse et sans complexe. Voilà qui contribue à secouer les postures encore trop frileuses d'un pays plongé dans le bain de la mondialisation. Une dynamique que le gouvernement serait bien inspiré de continuer à soutenir en 2015.


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