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Cornes contre cornes

Cornes contre cornes

Photo: MCSN Jason Waite / Navy Office of Information / AFP
Editorial Politik 3 Min. 16.05.2019

Cornes contre cornes

Gaston CARRE
Gaston CARRE
Face aux pressions exercées par Donald Trump dans la crise qui l'oppose à l'Iran, l'Europe a su faire preuve de fermeté.

Tension extrême dans le Golfe, une fois encore. Comme si après le reflux de la marée djihadiste au Levant cette région était appelée à devenir, à nouveau, le centre névralgique du monde. Faut-il croire toutefois les Cassandre qui prédisent un nouvel embrasement, voire une confrontation armée entre les Etats-Unis et l’Iran? Nous n'en sommes pas là. Mais nous n'en sommes pas loin.

L'Iran avait signé un deal avec l'Occident. C'était en 2015, et c'était, sans doute, la dernière expression en date d'un multilatéralisme que Donald Trump ne cesse de mettre en pièces. Le 2 mai dernier en effet l'administration américaine a mis fin aux exemptions épargnant à huit pays consommateurs de pétrole iranien l'interdiction générale d'achat intervenue suite au retrait des États-Unis de l'accord nucléaire de Vienne. Entre-temps les Etats-Unis ont inscrit les Pasdaran sur la liste des organisations terroristes, et pour pousser à bout cet Iran qui décidément est meurtri mais ne vacille pas, Washington a envoyé un porte-avions en renfort de la 5ème flotte américaine à Bahrein. Donald Trump travaille à sa réélection, et l'on est consterné par les risques qu'il prend à cet effet.

L'Iran pour l'heure ne veut foncer tête baissée dans le piège que l'Amérique lui a tendu. Téhéran mieux que Washington connaît les tours et détours des flux pétroliers, et possède de bonnes raisons de croire qu'à ce jeu-là le président américain ne sera pas le plus malin. Trump ainsi se prévaut d'une coopération des grands producteurs arabes, Emirats et Arabie saoudite, pour combler le tarissement du pétrole iranien, or Riyad n'a rien décidé en la matière, et ne décidera rien avant le prochain sommet de l'OPEP, auquel participera l'Iran aussi. Téhéran de même sait l'énormité de la partie qui ces jours-ci se joue entre les Etats-Unis et la Chine, et que Trump ne voudra pas froisser Pékin en poussant trop loin des sanctions qui par la récente levée des exemptions frappe de plein fouet des raffineries chinoises formatées pour traiter le pétrole iranien.

L'idée en somme d'un blocus du détroit d'Ormuz relève du scénario catastrophe plus que d'une perspective plausible. Toutefois, s'il ne faut pas redouter, dans l'immédiat, un affrontement irano-américain cornes contres cornes, il faut rappeler que le Golfe est une région instable, où les lignes de tension sont si enchevêtrées que la moindre secousse provoque des réactions en chaîne. Nul ne sait ce qui adviendrait si un missile des Houthis, les rebelles chiites parrainés par l'Iran dans leur guerre au Yémen, venait demain à trouer la coque d'un tanker saoudien.

L'Union européenne quant à elle fait preuve de lucidité. L'Europe géopolitique fut à l'oeuvre lundi à Bruxelles, où elle fut assez vaillante pour adresser une fin de non-recevoir à Mike Pompeo, qui crut que d'un simple claquement du doigt il rangerait l'Union à ses vues – les vues de Trump, aussi dangereuses qu'infondées. Il importe de souligner cette fermeté, alors que l'Europe est appelée à voter pour se conforter ou pour se saborder. Seuls appellent au sabordage ceux qui veulent croire, contre toute raison, que face au nouveau désordre international les nations pèseraient plus lourd que leur coalition.


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