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Commentaire: L'origine du scandale
Deborah de Robertis, artiste «performeuse».

Commentaire: L'origine du scandale

Lex Kleren
Deborah de Robertis, artiste «performeuse».
Commentaire Politik 2 Min. 03.09.2018

Commentaire: L'origine du scandale

Gaston CARRE
Gaston CARRE
L'artiste Déborah de Robertis multiplie les provocations, à l'abri de son féminisme militant et de son allégeance à l'art contemporain.

On apprend que Déborah de Robertis a commis un nouveau scandale, l'artiste franco-luxembourgeoise étant parue au sanctuaire de Lourdes dans le plus simple appareil.

Déborah est une artiste «performeuse». Performeuse, oui, c'est un nouveau métier, comme «hardeuse» ou «créatrice d'événements». Parmi ses précédents «événements» figurent une exhibition tautologique au pied de «L'Origine du monde» et un happening au côté de la Joconde.


Dans un communiqué, le Sanctuaire de Lourdes a annoncé qu'il avait porté plainte contre cette femme qui s'est présentée «complètement dénudée à la Grotte» pendant une procession eucharistique.
De Robertis entblößt sich in Lourdes
Die Luxemburger Performance-Künstlerin Déborah de Robertis hat wieder zugeschlagen: Dieses Mal hat sie sich im Allerheiligsten von Lourdes entblößt. Dafür muss sie sich im Mai vor dem Strafgericht in Tarbes verantworten.

Il est clair que la jeune femme est dérangée, et sauf à considérer l'hystérie comme une forme d'art la question se pose de savoir comment elle peut réitérer ses provocations sans être inquiétée, susciter la réprobation sans être durablement écartée.

C'est que Déborah de Robertis évolue à l'intersection de l'art contemporain et du féminisme militant. Ce qui revient à dire qu'elle est blindée par une pratique et une allégeance qui comptent parmi les grands Intouchables du temps présent, cet art et ce féminisme qui, par leur clôture, leur consécration dans l'ordre de la bienséance, leur étanchéité à toute critique constituent désormais une forme paradoxale d'intégrisme.

On ne peut contester l'art contemporain en effet. Ne sachant ses intentions on ne peut réfuter ses productions. Et quand la critique in fine s'exerce, elle est récupérée selon une logique qui tourne la contestation en validation de second degré. Le féminisme a fortiori n'est pas contestable, aujourd'hui moins que jamais, après l'affaire Weinstein et en dépit des outrances sur quoi elle a débouché, et à l'instar de la psychanalyse qui recycle en symptôme la critique de ses théories, le féminisme fait procès en machisme à quiconque dénonce son extrémisme.

Déborah de Robertis campe au croisement de ces deux interdits, et nul ne peut l'en déloger dans la mesure où elle insulte le sacré au nom de ce féminisme et de cet art qui, par leur caractère intangible, relèvent à leur tour d'une forme profane de sacré. Bien calée entre ces deux chaises-là, elle parachève son système en affirmant, sans rire, qu'elle veut «interroger la place de la femme dans l'histoire de l'art».


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