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Briefe an die Redaktion: De grâce! Pas encore un nouvel impôt!

Leserbriefe Politik 4 Min. 01.10.2014

Que le contribuable luxembourgeois ne soit pas à la fête depuis quelques années, c'est évident: relèvement de l'impôt maximal a 41 %, triplement de l'impôt de solidarité de 2,5 à 7,5 %. Pour l'année prochaine on prévoit une augmentation de la TVA de  2%, et une augmentation délirante de la TVA des vins au restaurant.

L'assurance-dépendance est déjà passée de 0,6 à 1,4 %, donc plus que le double. Ce qui est particulier pour l'assurance-dépendance, c'est que cette dépense n'est pas déductible du point de vue fiscal. En d'autres mots, l'Etat nous force d'abord à dépenser cet argent, puis il nous impose encore une fois sur cette même somme déjà dépensée. Ce qui fait que la dépense réelle pour la plupart des gens n'est pas de 1,4 %, mais elle doit tourner autour de 2 à 2,5 % de leur revenu. Vu notre problème démographique, on peut donc supposer que dans 10 à 15 ans, cette assurance dépendance coûtera à chaque citoyen environ 5 % de son revenu réel.

Tout cela à un moment où le gouvernement français vient de démontrer qu'on peut asphyxier une économie en moins de deux ans par une fiscalité débridée.

En fait, avec cette augmentation vertigineuse, on aurait du s'attendre a voir défiler les gens dans la rue. Ils devraient exiger que si le gouvernement manque d'argent, alors qu'il diminue ses dépenses, au lieu d'augmenter les dépenses fiscales de ses citoyens. Or il n'en est rien. Il existe en effet une tactique de culpabilisation du contribuable très efficace: que ceux qui travaillent pensent un peu à ceux qui n'ont pas de travail! On devrait avoir honte de pouvoir travailler. D'autre part, l'existence des super-riches, dont la richesse n'est certainement pas toujours justifiée, est le meilleur moyen pour culpabiliser les contribuables. L'existence de ces super-riches est un alibi imparable pour augmenter la fiscalité. En oubliant que ce ne sont pas les super-riches qui en souffrent le plus, car ils ont de bons conseillers fiscaux. Ce ne sont pas non plus les plus pauvres, car ils sont exemptes d'impôts. C'est la classe moyenne qui est la plus touchée, celle qui travaille beaucoup, celle qui est la charnière économique du pays. Mais un contribuable bien culpabilisé ne rouspète pas.

Cette fiscalité est affreuse pour les jeunes gens. Un jeune couple qui veut acheter une maison, n'a d'autre moyen que de s'endetter sur 30 ans ou 35 ans. Ne parlons pas du pécule qu'ils devraient mettre de côté pour leurs vieux jours, c'est tout-à-fait impossible. L'Etat a tout pris. C'est cruel.

Or voila que le gouvernement actuel, officiellement emmené par les libéraux­démocrates, annonce un nouvel impôt pour payer la garde des enfants. Evidemment, si cette garde était gratuite, comme l'avait promis formellement le parti libéral, on pourrait éventuellement être d'accord. Encore que la meilleure garde des enfants c'est celle qu'effectuent les parents eux-mêmes.

Cet impôt constituerait presque une insulte pour les parents qui tiennent a élever eux-mêmes leurs enfants. On aurait cependant pu imaginer que pour payer cette dépense, le gouvernement diminue les dépenses de l'Etat. En coupant un peu dans le gras des dépenses étatiques structurelles, on aurait très bien pu offrir cette garde gratuitement. II faut rappeler en effet que l'Etat luxembourgeois est l'Etat le plus cher du monde: 35.000 euros par citoyen et par année, ce qui fait le double de ce que paie un citoyen allemand.

D'autre part, si une telle garde (non gratuite) des enfants est organisée, il faudra bien créer une nouvelle administration pour l'organiser. Donc, sur 100 euros prélevés, on peut supposer que 20 euros iront à la création d'une nouvelle administration, et que seulement 80 % seront réellement repartis.

Il est assez incroyable que ce soit justement le parti libéral-démocrate qui crée une nouvelle administration publique, avec des fonctionnaires inamovibles, et en augmentant à cet effet les impôts. Si donc le nouveau credo politique du parti libéral-démocratique consiste en une augmentation indéfinie des impôts, et à la création de nouvelles administrations, alors peut-être que ce parti libéral-démocratique a oublié sa vocation première, qui était de créer un Etat efficace, régulant l'économie, mais sans l'absorber.

La garde des enfants est peut-être une idée intéressante, surtout si elle était gratuite, comme on nous l'avait promis. En tout cas son importance n'est pas telle qu'elle pourrait justifier le recours à la solidarité nationale par le biais d'un nouvel impôt.

Robert Biver

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