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Asselborn évoque la crise ukrainienne avec son homologue russe
Politik 3 Min. 04.07.2015 Aus unserem online-Archiv
Visite de travail à Moscou

Asselborn évoque la crise ukrainienne avec son homologue russe

«Nous ne sommes pas dans le même train» Approches divergentes des accords de Minsk: l'Europe veut la paix et Moscou pinaille
Visite de travail à Moscou

Asselborn évoque la crise ukrainienne avec son homologue russe

«Nous ne sommes pas dans le même train» Approches divergentes des accords de Minsk: l'Europe veut la paix et Moscou pinaille
AFP
Politik 3 Min. 04.07.2015 Aus unserem online-Archiv
Visite de travail à Moscou

Asselborn évoque la crise ukrainienne avec son homologue russe

Invité par Sergeï Lavrov, Jean Asselborn était hier à Moscou, où le chef de la diplomatie luxembourgeoise et son homologue russe ont évoqué la crise ukrainienne. Asselborn a rappelé les exigences européennes d'un retour aux accords de Minsk comme préalable à une levée des sanctions mises en oeuvre à l'encontre de la Russie. A-t-il perçu une évolution de Moscou en ce sens? Non.

PAR GASTON CARRÉ

A Moscou hier, Jean Asselborn aura salué son homologue russe en vieux camarade, à la hussarde, affichant comme il se doit le bonheur de retrouver un homme qui à son instar est un vieux briscard de la diplomatie internationale. Or si le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères est affable en toute circonstance, il n'oublie pas les déceptions, moins encore les «trahisons». Asselborn ainsi n'a pas oublié une précédente rencontre avec l'«ami» Lavrov le 25 février de l'année dernière à Moscou. Le monde entier observait alors avec inquiétude les agissements d'un Poutine qui entre nostalgie impériale et mégalomanie grand-russe s'employait à reconstituer le monopoly d'un empire révolu. Or Jean Asselborn à Moscou avait recueilli des signes d'apaisement, relevé l'absence de toute expression d'hostilité vis-à-vis de l'Ukraine et de l'UE. «L'intégrité de l'Ukraine sera préservée», avait affirmé Lavrov sans ciller, la Russie ne bouge pas, aucune raison de s'affoler. Deux jours plus tard la Russie engageait des manœuvres militaires aux zones frontalières avec l'Ukraine, des mouvements de troupes qui en fait couvraient une mobilisation de la base russe de Sébastopol en Crimée. Jean Asselborn était amer, pour ne pas dire en colère. De retour au Luxembourg il souligna sa «vive déception» face à Moscou. «Nous avons considéré que la Russie et l'Union avaient des intérêts communs depuis la chute du Mur, mis en oeuvre à travers une confiance mutuelle. Cette confiance a été brisée!».

«Des combattants parlant le russe et munis d'armes russes»

La situation depuis lors n'a cessé de se détériorer; une accalmie certes fut observée quelques jours durant au lendemain des accords de Minsk, mais ce sont les armes lourdes qui à nouveau donnent le ton dans la région. Asselborn hier devant Lavrov n'a pu que répéter dès lors qu'«il est essentiel que toutes les parties respectent et mettent en œuvre les accords car il n’y a pas d’alternative à Minsk. L'urgence est d'arrêter l’effusion de sang et de travailler prioritairement sur la consolidation du cessez-le-feu. Il faut enfin que la circulation d’armes à travers les frontières cesse».

Le ton à Moscou fut «conciliant» de part et d'autre, selon Jean Asselborn, qui toutefois relève que «Moscou et nous ne sommes pas dans le même train dans cette affaire». C'est la lecture même des accords qui diffère: Moscou fait montre d'une approche technique et ponctuelle, «pinaillant sur tel ou tel point du texte, alors que Minsk fondamentalement exige le renoncement aux armes et, parallèlement, un retour au politique». Or le retour au dialogue est incompatible pour l'heure avec une situation où l'on observe – ce sont les termes employés par Asselborn devant Lavrov – «des combattants parlant la langue russe et munis de très sophistiquées armes russes».

C'est un «statu quo» que Jean Asselborn a observé à Moscou. Un blocage, d'autant plus absurde qu'il est néfaste pour l'ensemble des parties en présence. «La Russie a besoin d'une levée des sanctions, l'enjeu d'une normalisation des relations commerciales avec l'UE étant considérable. Inversement l'Europe et le monde ont besoin de la Russie, au Moyen-Orient notamment, où la crise syrienne ne peut trouver une issue sans une contribution de Moscou.»

La Russie hélas «s'est enfermée dans une logique très éloignée de l'esprit de Minsk», confortant Jean Asselborn dans son appréhension, formulée à plusieurs reprises déjà, d'une «explosion» aux conséquences bien plus redoutables encore que la situation actuelle.

Bilatéral: percée dans la question des visas pour pilotes Cargolux

Sur le plan bilatéral russo-luxembourgeois, Jean Asselborn et ses interlocuteurs ont trouvé une solution au problème des visas requis pour les pilotes de Cargolux, les restrictions en la matière ayant été levées. Profitant du bon vent qui hier soufflait sur ce dossier, Asselborn a demandé une augmentation à 50 des autorisations hebdomadaires de survols de la Fédération russe, qui actuellement sont limitées à 35.

A noter encore que le Luxembourg accordera des bourses aux étudiants russes souhaitant se consacrer à un travail de «master» au Grand-Duché.


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