Wählen Sie Ihre Nachrichten​

Des huîtres à la côte belge
L’objectif premier de la restauration des huîtres est de rétablir la santé de la mer.

Des huîtres à la côte belge

Foto: WWF/ARK
L’objectif premier de la restauration des huîtres est de rétablir la santé de la mer.
Panorama 3 Min. 04.12.2018

Des huîtres à la côte belge

L’image de la Belgique est indissociablement liée aux moules-frites. C’est pourtant d’huîtres dont il sera beaucoup question dans les prochains mois. Le royaume devrait réimplanter le précieux mollusque dans sa zone maritime.

par Max Helleff

L’huître plate européenne a longtemps vécu en Belgique, accrochée aux récifs de la mer du Nord et de l’Atlantique. Mais elle a disparu il y a un siècle environ, en raison de la surpêche, des maladies et des hivers rigoureux. La moule est alors devenue reine, laissant l’huître aux ostréiculteurs, de la Normandie jusqu’à la Méditerranée. Mais en mai 2017, les Néerlandais ont réimplanté l’huître dans leurs eaux territoriales. Et cela a marché. Les bivalves ont plutôt bien supporté l’expérience. D’où l’ambition des Belges d’en faire autant.

Base imprimée en 3D

Au journal «Le Soir», Sarah Vanden Eede, Oceans and fisheries officer au WWF Belgique, a expliqué qu’aux Pays-Bas «différents instituts de recherche ont uni leurs forces au sein du Consortium de l’huître plate. Ensemble, ils ont lancé des projets pilotes et des projets de restauration. Les pêcheurs ont été impliqués dans le choix des emplacements. Dans la région des Borkumse Stenen par exemple, ils ont volontairement renoncé à pêcher après que 6.000 kilos d’huîtres plates ont été déposés au fond, notamment sur des structures de calcaire imprimées en 3D.» Et de citer plusieurs parcs éoliens off shore où des tonnes de mollusques ont été déversés. Tous ces sites pilotes sont situés dans la zone Natura 2000 «Voordelta».

Pour que les huîtres se sentent comme chez elles, des récifs artificiels ont été dessinés avec l’aide d’un bureau australien. Les structures ont été réalisées en grès et déposées au fond de la mer. Plusieurs variétés d’huîtres composent les nouvelles colonies, l’idée étant d’observer celles qui se reproduisent le mieux.

L’objectif premier n’est pas d’élever l’huître pour plaire aux papilles des gastronomes. Il s’agit d’abord de donner à la mer du Nord une chance supplémentaire de retrouver un brin de santé. Ces dernières années, les stocks de poissons indigènes se sont reconstitués, notamment grâce aux mesures de lutte contre la surpêche. Mais l’eau reste souvent soumise à l’eutrophisation, soit le déséquilibre engendré par la trop forte présence d'azote et de phosphore qui voit algues et plantes proliférer. Dans ce contexte, l’huître pourrait être d’un secours précieux: le bivalve filtreur pompe l'eau de mer pour capter les particules nécessaires à son alimentation et l'oxygène nécessaire à sa respiration. Soit en moyenne dix à quinze litres par heure. La filtration correspond à la rétention des phytoplanctons – des microalgues – qui vont l'alimenter.

Des angles à arrondir

Mais avant d’accueillir à nouveau des huîtres dans ses eaux maritimes, la Belgique devra encore régler une de ces bisbrouilles dont elle a le secret. Un bras de fer oppose en effet le WWF au gouvernement Michel. Le premier exige «l’établissement d’une zone réservée à la nature, incluse dans le réseau Natura 2000, d’où toute activité perturbant le fond marin serait exclue». Le WWF souhaite également «une zone dévolue au projet pilote relatif à la restauration des lits de graviers dans les parcs éoliens. Un plan national pour la restauration des bancs d’huîtres est également nécessaire». Mais pour cela, il faudrait que les autorités interdisent «aux pêcheurs de travailler là où les huîtres seront réimplantées».

Côté gouvernemental, le secrétaire d’Etat à la mer du Nord Philippe De Backer rétorque qu’«aux Pays-Bas, le projet de restauration de lits de graviers a été financé par le WWF Nederland», pas par l’Etat. Il explique pour sa part avoir demandé le financement de l’Europe, ce qui n’aurait pas plu aux associations de protection de la nature, dont le WWF. «C’est donc étrange que le WWF Belgique s’adresse à nous pour un projet qu’il a boycotté lui-même». Philippe De Backer précise toutefois qu’il n’en restera pas là: «Dans le nouveau Plan d’aménagement des espaces marins, nous analysons les endroits où de nouveaux lits de gravier pourront être restaurés». Eoliennes off shore et huîtres pourraient donc finalement s'unir, au nom d'un environnement meilleur.


Lesen Sie mehr zu diesem Thema

Erneut Pilgerrekord am Jakobsweg
Mehr als 317.000 Urkunden wurden in Santiago de Compostela im Jahr 2018 bisher an ankommende Pilger ausgehändigt. Das sind 16.000 mehr als im Jahr zuvor.
Der Jakobsweg erfreut sich großer Beliebtheit.
Construire l’avenir avec l’Université
Quinze ans après la loi fondatrice de l’Université, une nouvelle loi doit être votée à la Chambre. Cet acte parlementaire est d’une très grande importance, et ce à double titre...