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Lomescher bei Beesleck (Limerlé à proximité de Hautbellain).

Limerlé (Lomescher & Lammescher en luxembourgeois, en néerlandais Lomerslaer ... une section de la commune belge de Gouvy située en Région wallonne dans la province de Luxembourg.

Communauté: Communauté française

Commune: Gouvy

Province: Province de Luxembourg

Code postal: 6670

Limerlé

408 habitants

Étymologie : Selon Carnoy, l’origine de l’appellation « Limerlé » serait à rechercher dans le nom propre germanique « Liutmar » (cité en 1045) et du suffixe « Lar » (endroit humide dans un bois).

Petit village d’une centaine de maisons, Limerlé repose dans une vallée spacieuse formée par les versants opposés et doucement inclinés de deux hauts plateaux.

Alors qu’au Nord les eaux s’écoulent vers l’Ourthe et le bassin de la Meuse, au Sud les petits cours d’eau (le Bru et la Dalle) vont rejoindre la Moselle puis le bassin du Rhin. Aux abords du village en direction de Steinbach, l’Ourthe a creusé une vallée profonde et accidentée ; à l’inverse, les cours d’eau rejoignant la Moselle s’écoulent au creux d’une vallée légèrement ondulée.

Gouvy, Limerlé et Steinbach faisaient jadis partie de la paroisse de Bas-Bellain au Grand-Duché de Luxembourg.

Bas-Bellain est le premier village du Duché dont il est fait mention dans les documents connus à ce jour (Historia Francorum de Grégoire de Tours – 585 P.C.).

On pouvait encore y voir il y a peu, avant le réaménagement du cimetière, la partie réservée aux Wallons. C’est en 1585 que Limerlé fut érigé en paroisse et séparé de l’église mère de Bas-Bellain. Dans le même temps était créé le vicariat de Steinbach.

L’église paroissiale Saint-Étienne est dotée de fonts baptismaux datant de 1 437. Menaçant ruine en 1716, on la reconstruisit entre 1716 et 1739. L’actuelle église est en style néo-roman. Elle fut édifiée d’après les plans de l’architecte Rémont de Liège entre 1898 et 1900.

On peut encore admirer, sur les flancs de l’église, les pierres tombales, particulièrement ouvragées, de plusieurs prêtres et vicaires ayant desservi la paroisse. Le portail extérieur de la sacristie, daté de 1 739 et surmonté d’une petite niche destinée à recevoir la statue du saint patron, est une remarquable pièce de schiste ardoisier due aux artistes tyroliens de Recht.

Face à l’église, le vieux quartier regroupe de nombreuses fermes et maisons ardennaises massives aux vastes toits d’ardoises et parfois entourées d’imposants murs d’enceinte.

De multiples vestiges attestent aujourd’hui encore de l’occupation très ancienne de Limerlé. Des tombes mérovingiennes, datant sans doute du 7e siècle, ont été mises à jour au nord-est du village.

Située au lieudit « à Tombales », à une distance de deux kilomètres au nord-est du village, la nécropole se composait d’une trentaine de tertres de 5 à dix mètres de diamètre. Des fouilles y ont été effectuées entre 1963 et 1966. Chaque tombelle recouvrait une seule fosse de grandes dimensions, mais ne recélait que peu de mobilier. Une telle nécropole à tombelles est unique en Belgique.

D’autre part, l’ancienne voie romaine traverse le territoire du Sud Ouest au Sud Est ; on y voit des tumulus, des tombes romaines et des débris de villas (Hé beindje ou Stènehouse) dans lesquelles on a découvert des urnes funéraires et de nombreux vestiges tels les éléments d’un hypocauste (système romain de chauffage par le sol).

Cette voie romaine servit durant des siècles aux deux célèbres processions dites « de Cologne », qui, la semaine avant la Pentecôte et à quatre jours d’intervalle, se rendaient chaque année en pèlerinage à Saint-Hubert en exécution d’un vœu national fait à l’occasion d’une épidémie de rage (voir aussi à ce sujet Deiffelt).

Autrefois, à Limerlé et à Steinbach, on invoquait les saints Ferréol, Firmin et Quirin de Neuss pour guérir d’un mal appelé « Maladye Dè Treus Saints » : des ulcères et des abcès principalement situés sur les jambes. Anciennement, les trois saints étaient priés dans une chapelle contenant leurs statues, bâtie entre les deux localités, dont il ne subsiste aucune trace. À la destruction de la chapelle, les trois statues furent réparties entre les églises des deux villages : Ferréol à Limerlé, Quirin et Firmin à Steinbach. Le pèlerinage s’adapta à cette nouvelle situation. Ainsi le malade, qui ne devait pas faire personnellement le pèlerinage, envoyait trois mandataires qui se rendaient d’abord à l’église de Limerlé, puis à Steinbach avant de rentrer par un autre chemin.

Cette chapelle aujourd’hui disparue était vraisemblablement celle qui jouxtait l’ermitage de Limerlé, situé à gauche du chemin allant du village vers le moulin du Trou. La démolition de cette chapelle fut demandée en 1784 aux mayeur et échevins de la seigneurie de Steinbach-Limerlé par le seigneur du lieu, M.J. de Beurthé, qui précisait « … que les maisons à l’écart et à portée des chemins ne pouvant être que dangereuses et sujettes à servir de retraites à des vagabonds, la cour est très humblement suppliée de permettre au soussigné de faire démolir le bâtiment en toute son étendue pour prévenir le mal qui pourrait résulter de cette retraite et déclarer le fond en dépendant, avec les matériaux, propriété du Seigneur exposant, parmi satisfaisant aux frais nécessaires pour la démolition ».

Le moulin du Trou, déjà cité en 1650 a été abandonné durant la seconde moitié du 19e siècle. D’importants vestiges en sont encore visibles en bordure de l’Ourthe, au fond de la vallée entre Cherapont et Limerlé.

La légende de Manchette, seigneur de

Hachiville

Qui donc, s’il s’est attardé à la nuit tombée du côté de la frontière Grand-Ducale, dans les bois, les fourrés et vastes plaines qui s’étendent entre Hachiville, Limerlé et Steinbach, n’a entendu dans le lointain les cris de chasse du chevalier Manchette se répercutant de colline en colline : « haïe tet ! haïe tet ! ».
Manchette, le sire de Manchette, grand chasseur devant l’éternel, qui, un soir, de retour de la chasse, tua son propre fils dans un accès de colère et fut condamné à errer sans fin par monts et par vaux jusqu’à la consommation des siècles, pour expier son crime.
Lorsque la nuit aura développé son voile,
Ou que de Sirius aura brillé l’étoile,
Que le silence, au loin, dans les fourrés profonds,
Aux hiboux permettra de sortir des vieux troncs ;
Attentifs, écoutons!… D’un bruit, mon oreille est frappée,
Comme du bruissement du vent dans la feuillée…
C’est la meute du Sire ; arpentant les buissons,
Elle va déboucher au sommet des vallons ;
Elle chasse un brocart, cette meute enragée ;
Mais déjà, dans le bois, la bête est rembuchée :
Au centre de Hursindje, elle arrive à grands pas,
Sans crainte, attendons-la : ces chiens ne nuisent pas.
Et Manchette jamais, revenant d’outre-tombe,
Ne moleste mortel sur qui sa meute tombe.
S’il passe près de chez vous, gardez votre repos ;
Surtout, abstenez-vous, d’un indiscret propos !
On dit que des charriots, oubliés dans les plaines,
Souvent ses chiens courants ont agité les chaines ;
Que, s’excitant alors par d’assourdissants cris,
Ils ont des mailles, provoqué le cliquetis ;
Puis haletant, hargneux, se mordant d’aventure,
On les a vus laper toute une mare impure.
Cette chasse bruyante, en nocturne appareil,
Qui du peuple souvent, vint troubler le sommeil,
Ne laisse de ses pas le matin, nulle trace,
Mais déjà le silence !… Au loin le bruit s’efface.
(…)
Manchette va rentrer dans le séjour obscur
Des mortels décédés avec un point impur.
Sur le livre de la vie ; à la pénible tâche
De chasser ici-bas, l’arrêt du ciel l’attache,
Jusqu’au jour où, brillant de l’éclat de cristal,
Il recevra le prix de son terme fatal.