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Mémorable tournée en Italie de Luxembourg Philharmonia

Les instruments de musique et les tenues de concert dans les bagages, les membres de l’orchestre symphonique Luxembourg Philharmonia et le maestro Martin Elmquist sont partis de Luxembourg un matin frileux du 3 avril, direction l’Italie pour une tournée tant attendue d’une semaine dans des salles spectaculaires, témoins des performances de grands artistes d’autrefois et d’aujourd’hui.

Ainsi, le Teatro Ponchielli à Crémone, la ville de violon et de la musique, où les grands Amati, Stradivarius ou Guarneri ont œuvré pour laisser à l’humanité la perfection des sons des violons, des altos et des violoncelles, a offert la scène pour le premier concert hors du Luxembourg depuis quatre ans. L’orchestre accompagnait le jeune pianiste et professeur de piano au conservatoire de C. Monteverdi, Pietro Bonfilio, dans sa performance virtuose du concert n° 2 que D. Chostakovitch avait composé en guise de cadeau pour le dix‑neuvième anniversaire de son fils.

Pendant les présentations en Italie, le concert n° 2 de D. Chostakovitch était précédé de l’ouverture de l’opéra Oberon de C. M. von Weber, une pièce d’une énergie contagieuse, accordant un rôle important aux instruments à vent.

La deuxième partie du concert rendait hommage à P. Tchaïkovski, avec sa magnifique symphonie n° 5, que le maestro Elmquist a, à juste titre, présenté comme étant la plus appropriée à jouer en ces temps si incertains, où le destin prend une place prépondérante.

Après un premier concert couronné de succès, l’orchestre a pris, le lendemain, la direction de Modène, où le public réuni au Teatro Comunale Luciano Pavarotti a accueilli chaleureusement le soliste et l’orchestre.

Ensuite, la salle du conservatoire Giuseppe Verdi à Milan, le temple de jeunes musiciens venus de l’Europe entière, qui a tout autant impressionné les musiciens par sa sonorité, la qualité de l’acoustique et sa taille.

Les trois concerts ont été conclus par « Melody », une pièce délicate et tendre de Myroslav Skoryk, compositeur national d’Ukraine. Une standing ovation et de longs applaudissements pour témoigner la solidarité avec le peuple ukrainien dans les terribles moments vécus depuis fin février.

Enfin, pour conclure la tournée, Alba. Après un concert très apprécié du public le vendredi au Teatro sociale, les musiciens se sont réunis le samedi matin pour un ultime défi : l’enregistrement du concerto n° 2 de D. Chostakovitch par le label néerlandais Brillant Classics dont la sortie se fera en automne,

La semaine en Italie, exceptionnelle et unique à bien des égards, a donné l’occasion aux musiciens et à leur maestro ainsi qu’à leurs fans les plus fidèles de se retrouver après une longue et fastidieuse période marquée par la crise sanitaire. Sans oublier le fidèle Stefan, qui, accompagné de Jean-Paul, partait à l’avance avec la camionnette chargée des immenses contrebasses, de l’imposante percussion et de l’incontournable tuba pour accueillir les musiciens devant les salles de spectacle. Les moments partagés sur les trajets entre les salles, lors des balades dans les rues pittoresques des villes visitées ou à table devant les spécialités locales ont permis de (re)découvrir la diversité des personnes composant l’orchestre, tant du point de vue de l’échelle d’âge que des nationalités. D’interminables rires et quelques leçons sur la langue luxembourgeoise, la montée du plus haut clocher en briques de l’Europe à Crémone (et surtout la descente ayant permis à certains d’évacuer l’adrénaline et à d’autres de montrer leur soutien) constituent désormais d’inoubliables entractes des quatre concerts.

L’adrénaline ? Il y a certainement eu des moments où elle a atteint des sommets remarquables, comme pour ce musicien parti à la recherche d’une chemise blanche quelques dizaines de minutes avant le début du concert ou pour un autre qui, à cause d’un vol annulé, a dû s’organiser pour rejoindre l’orchestre en Italie, conduire une voiture louée en smoking et monter sur scène au son du dernier gong annonçant le début de concert.

C’était un véritable défi d’organiser la tournée d’une semaine dans quatre villes différentes en ces temps si incertains. Le président de l’association, Romain Bis, a avoué que, jusqu’au moment de monter dans les deux bus, le nombre de participants à la tournée restait un mystère dû au Covid. Mais descendus du bus au retour à Luxembourg, les membres de l’orchestre tous étaient prêts à repartir une nouvelle fois.

Audronė Strimaitytė