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Yann Arthus-Bertrand au Luxembourg: «Il est trop tard pour être pessimiste!»
Lokales 12 1 4 Min. 17.03.2016 Aus unserem online-Archiv

Yann Arthus-Bertrand au Luxembourg: «Il est trop tard pour être pessimiste!»

Lokales 12 1 4 Min. 17.03.2016 Aus unserem online-Archiv

Yann Arthus-Bertrand au Luxembourg: «Il est trop tard pour être pessimiste!»

Volker BINGENHEIMER
Volker BINGENHEIMER
Le photographe et réalisateur Yann Arthus-Bertrand était de passage au Luxembourg, jeudi, pour y présenter son dernier film, «Human» ainsi que «Climate change in Bangladesh».

Le photographe et réalisateur Yann Arthus-Bertrand était de passage au Luxembourg, jeudi, pour y présenter son dernier film, «Human» ainsi que «Climate change in Bangladesh».

Très engagé dans la défense de l'environnement, il était accompagné de Runa Kahn, fondatrice de Friendship, une ONG née au Bangladesh (et présente dans de nombreux pays dont le Luxembourg) afin de sensibiliser le public à la situation écologique gravissime qui touche le Bangladesh.

Runa Kahn et Yann Arthus-Bertrand se sont rencontrés lors d'une émission en prime time sur France 2 peu de temps après la sortie du livre «La Terre vue du ciel». Anastasia Mikova est première assistante réalisatrice du film «Human», pour lequel elle a réalisé plus de 600 interviews.

Parlez-nous de votre dernier film, «Human»?

Yann Arthus-Bertrand: C'est un film difficile, enthousiasmant, car il parle d'amour et de vivre ensemble, mais difficile parce qu'on parle de la guerre, de la famille, de l'homophobie, de la pauvreté, avec des gens qui vous ouvrent leur cœur et c'est très émouvant. 2.000 interviews ont été réalisées pour les besoins de ce film, mais il n'y a qu'une seule voix: celle de l'homme.

C'est un film fort parce que ce que les gens nous ont dit est fort. Tout le monde peut avoir quelque chose à dire devant une caméra. On a tous à apprendre de l'autre. Nous n'avons été que des passerelles. «Human» défend des valeurs qui sont universelles. C'est un film particulier, presque expérimental, il n'y a pas d'histoire, c'est un peu comme un documentaire.

Anastasia Mikova: Cela a été très difficile de faire des choix parmi les 2.000 interviews qui ont été réalisées. Yann voulait aborder des sujets universels et des sujets qui lui tiennent à cœur comme l'émigration des pays en guerre, l'agriculture de subsistance ou rencontrer les condamnés dans les couloirs de la mort dans les prisons américaines. Le premier témoignage du film est celui de Leonard, un condamné à mort, qui parle de la vie, de la rédemption et donne un témoignage très fort.

Pourquoi avoir choisi de parler du Bangladesh?

Y. A.-B.: C'est le pays qui souffre le plus du changement climatique. Il est à 80% inondable et sa densité de population est impressionnante: si vous mettiez la population mondiale aux États-Unis, la densité de population n'atteindrait pas encore celle du Bangladesh. Ce pays avait un cyclone tous les quatre ans et il y en a deux ou trois par an maintenant. C'est pour moi un pays vraiment symbolique.

Runa Kahn: En fait la question ne se pose pas seulement par rapport à l'environnement en lui-même mais par rapport aux gens. Notre travail revient à trouver des solutions d'adaptation pour les gens, et à toucher ces gens, car la solution, c'est eux! Chaque jour au Bangladesh, 10.000 personnes migrent à cause des bouleversements climatiques. Cette migration dans un pays qui ne représente qu'un quart de la superficie de la France et qui est à 80% inondable est une réalité de maintenant, pas un risque pour le futur.

«Climate change in Bangladesh» a été présenté à la COP21: quel était le but?

Runa Kahn: L'idée était de toucher les personnes. Parce que la prise de conscience amène à la responsabilité. A chaque fois que vous prenez conscience de quelque chose, vous avez une responsabilité. Chacun doit être un leader pour pouvoir changer les choses. C'était ça notre but en montrant ce film là-bas: déclencher l'étincelle qu'il y a en chaque personne.

Yann Arthus-Bertrand: De toute façon ce n'est pas la COP21 qui va sauver le monde! C'est vous, c'est nous, eux. Les politiques ont fait leur boulot, mais le reste c'est de la manipulation. Friendship est une ONG crédible, car elle est sur place, au Bangladesh, elle a été fondée là-bas et ne paie pas de salaire en Europe.

Avec tout ce qui se passe aujourd'hui, guerre, famine, pauvreté, terrorisme… Comment faites-vous pour garder espoir et poursuivre vos actions?

Runa Kahn: Chaque jour il y a de l'espoir! La nature est faite pour donner espoir. On ne peut pas perdre espoir en l'humanité. Il faut faire sa part et quand on a fait sa part et que l'on voit le résultat, on garde espoir. Quand on voit en effet toutes les choses horribles qui se passent, il faut justement rester du bon côté. Le monde est beau aussi. Chaque petite action fait la différence. Mais l'idée c'est que l'on n'ait plus besoin de nous!

YAB: Quand tu fais les choses, tu gardes de l'espoir! Quand tu soignes 300 cataractes par jour, tu as de l'espoir! Tu soignes le malheur des gens au quotidien. C'est ce que Runa fait. Et je pense qu'un jour elle aura le prix Nobel de la Paix. Puis de toute façon il est trop tard pour être pessimiste aujourd'hui.

C'est la première fois dans l'histoire de l'humanité que l'on se retrouve à 7 milliards d'habitants sur Terre à se demander comment se passera l'avenir avec le changement climatique notamment.

Propos recueillis par Anne Fourney

Voir «Human» sur le web (il existe plusieurs versions de longueur différente regroupées sur ce lien): https://www.youtube.com/user/HUMANthemovie2015

Voir «Climate Change in Bangladesh»:

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