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Toussaint: «De plus en plus de familles refusent de s'occuper d'un défunt»
Lokales 4 Min. 01.11.2017

Toussaint: «De plus en plus de familles refusent de s'occuper d'un défunt»

Le souvenir compte encore pour beaucoup.

Toussaint: «De plus en plus de familles refusent de s'occuper d'un défunt»

Le souvenir compte encore pour beaucoup.
Lex Kleren
Lokales 4 Min. 01.11.2017

Toussaint: «De plus en plus de familles refusent de s'occuper d'un défunt»

Anne FOURNEY
Anne FOURNEY
Comment vit-on au quotidien avec la mort, quels sont les changements majeurs autour du deuil ces dernières années au Luxembourg? Thierry Graul, président de la Fédération des pompes funèbres au Luxembourg, répond à nos questions.

Comment vit-on au quotidien avec la mort, quels sont les changements majeurs autour du deuil ces dernières années au Luxembourg? Thierry Graul, président de la Fédération des pompes funèbres au Luxembourg, répond à nos questions.

La Fédération des Pompes Funèbres du Luxembourg (FPF) représente les entreprises de pompes funèbres et veille à ce que les principes évoqués dans la charte éthique soient respectés. Elle est l'interlocutrice auprès des instances officielles comme le ministère de la Santé. 

wort.lu: Quel parcours amène à travailler dans le domaine des pompes funèbres?

Thierry Graul: Jadis, lors d'un décès, c'était le menuisier qui venait au domicile du défunt pour prendre les mesures et fabriquer un cercueil. C'est souvent un métier qui s'exerce de père en fils, il n'existe pas de formation spécifique. 

Il réclame une certaine sensibilité pour être réceptif aux attentes des gens et il faut bien entendu connaître la législation. La Maison Platz a été fondée il y a 100 ans. J'ai repris l'affaire en 2004, mais auparavant j'ai fait des études hôtelières en Suisse. J'ai aussi une qualification d'ambulancier, j'ai travaillé pour la Croix-Rouge et la Protection civile. 

Comment vit-on avec la mort au quotidien?

Certains décès nous touchent plus que d'autres, surtout lorsqu'il s'agit d'enfants ou de jeunes. Quand c'est une personne âgée ou qui était malade depuis longtemps, on l'accepte mieux. Mais quand c'est un enfant, on pense forcément à ses propres enfants… 

Ce qui est très difficile aussi, c'est lorsque nous allons au chevet d'une personne qui se sait condamnée et prépare ses propres obsèques. La dernière fois c'était une femme de 34 ans… Quand on sort d'un rendez-vous comme cela, on est vraiment éprouvé. Mon grand-père disait toujours que l'on ne peut pas être en deuil avec chaque personne. Mais on ne peut pas non plus être indifférent. Il faut trouver un équilibre dans tout cela. 

Il y a des moments plus durs que d'autres. Avez-vous accès à un service de soutien si besoin?

Nous pouvons nous adresser à l'association Omega 90 qui propose un support psychologique, mais en général nous arrivons à gérer cela entre nous. Nous discutons beaucoup entre collègues. L'humour nous aide aussi, nous rions beaucoup entre collègues, sans se moquer bien sûr. 

Quels ont été les changements les plus importants dans les rites mortuaires ces dernières années?

Aujourd'hui il existe des cimetières forestiers et les gens se renseignent davantage sur les possibilités liées au souvenir du défunt. Il est possible de faire un diamant avec les cendres d'un défunt, ou disperser les cendres en mer, par exemple. Mais les cendres d'un défunt restent indivisibles. La démarche est réglementée pour la dispersion en mer: l'urne est remise aux pompes funèbres et non à la famille. Les pompes funèbres contactent les autorités du pays où aura lieu la cérémonie pour faire les demandes d'autorisation nécessaires, comme le transport du corps. En Allemagne en revanche, la dispersion des cendres d'un défunt est interdite. La crémation est devenue plus courante en général. Au Luxembourg, elle existe depuis 1995. La préparation du corps est également passée dans les mœurs. Cela est aussi dû au fait qu'avant, on ne laissait passer que trois jours entre le décès et l'enterrement. Aujourd'hui, le délai habituel est de cinq jours ouvrables, dans certaines conditions bien entendu. Afin que le défunt reste présentable, les soins s'imposent.

Et le deuil, comment a-t-il évolué?

Autrefois, on mettait un drapeau noir devant la maison du défunt et on gardait le corps à la maison. Les voisins et les proches venaient le veiller, prier et soutenir la famille en deuil jusqu'à l'enterrement. Aujourd'hui on présente plus souvent le corps dans une chambre funéraire, d'où les soins de préparation du défunt. 

Ce qui est dramatique, c'est que de plus en plus de familles refusent de s'occuper du défunt: soit parce qu'elles sont brouillées, soit par désintérêt. Ce n'est pas forcément par manque d'argent. Nous appelons cela entre nous les "enterrements sociaux". C'est assez effrayant. Nous en avons tous les mois. L'enterrement le moins cher coûte environ 2.300 euros. La Caisse nationale de santé finance les obsèques à hauteur d'environ 1.000 euros. C'est nous qui faisons la démarche pour que le défunt ait un enterrement digne et que nos frais soient couverts. Le corps du défunt est inhumé à la fosse commune.

Propos recueillis par Anne Fourney

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