Radars au Luxembourg

Se faire flasher, ça coûtera combien?

Si vous voyez le flash rouge sur une route limitée à 70 km/h comme au Schlammesté (entre Frisange et Hesperange), c'est que vous rouliez à au moins 74 km/h. L'avertissement taxé, envoyé automatiquement, s'élèvera de 49 euros à 145 euros.
Si vous voyez le flash rouge sur une route limitée à 70 km/h comme au Schlammesté (entre Frisange et Hesperange), c'est que vous rouliez à au moins 74 km/h. L'avertissement taxé, envoyé automatiquement, s'élèvera de 49 euros à 145 euros.
Photo: Guy Jallay / Montage: Sabina Palanca

Par Maurice Fick

Les 10 premiers radars fixes et 6 radars mobiles en phase test actuellement flasheront «pour de vrai» les automobilistes qui appuient trop sur les gaz sur les routes luxembourgeoises à partir du 16 mars 2016. Avant fin avril, 10 autres radars seront installés sur les axes jugés les plus accidentogènes.

A partir de quelle vitesse serez-vous flashé? Combien vous coûtera l'avertissement taxé en cas de dépassement de la vitesse autorisée? Testez en direct, comme si vous étiez au volant:

Les radars fixes installés au Luxembourg en 2016, «seront tous placés dans des zones limitées à 70 km/h, 90 km/h ou 110 km/h. Aucun ne sera dans une zone à 130 km/h», explique le commissaire en chef Tom Pletschette, chef du Centre national de traitement (CNT) à Bertrange vers lequel transiteront toutes les infractions flashées aux quatre coins du pays.

Quelle sera la marge de tolérance des radars?

«Jusqu'à 100 km/h, la marge de tolérance est de 3 km/h. Au-dessus elle est de 3%», pose Georges Goebel, chef de l'informatique de l'Administration des Ponts et Chaussées.

Concrètement, sur une route où la vitesse est limitée à 70 km/h, le radar flashera l'automobiliste à partir de 74 km/h (le seuil de tolérance étant 73 km/h inclus).

Flashé à une vitesse allant de 74 km/h à 93 km/h, l'avertissement taxé envoyé automatiquement par la poste au conducteur du véhicule sera de 49 euros. S'il roule de 94 km/h à 109 km/h, il paiera 145 euros et perdra 2 points sur son permis de conduire.

A 110 km/h et plus, «un procès verbal est envoyé au Parquet et c'est un juge qui décide du montant de la sanction et combien de temps il sera privé de son permis», résume le commissaire en chef.

Autre exemple: si les policiers se postent avec leur nouvelle voiture banalisée (une Citroën Berlingo blanche) sur une portion d'autoroute limitée à 130 km/h, le radar mobile flashera à partir de 135 km/h.

Comment flashent les radars?

Contrairement aux radars de l'ancienne génération, pour un un radar Vitronic Poliscan «le point-photo n'est pas fixe. Le radar essaye de prendre la meilleure photo», résume George Goebel.
Contrairement aux radars de l'ancienne génération, pour un un radar Vitronic Poliscan «le point-photo n'est pas fixe. Le radar essaye de prendre la meilleure photo», résume George Goebel.
Photo: Guy Jallay

Attention, les radars fixes mesurent la vitesse dans les deux sens de circulation! Le véhicule et photographié de l'avant comme de l'arrière. Il peut même flasher sur 3 voies s'il le faut.

Les radars installés au Luxembourg sont des Vitronic Poliscan (fabriqués en Allemagne) et font «partie de la toute dernière génération de radars, ils sont dotés d'une technologie laser et sont calibrés au kilomètre/heure près», explique Roland Fox, chef des Travaux neufs à l'Administration des ponts et chaussées.

Ces radars détectent la vitesse à une distance de 20 à 50 mètres du «poteau». Et  contrairement aux radars de l'ancienne génération, «le point-photo n'est pas fixe. Le radar essaye de prendre la meilleure photo», résume George Goebel. De plus, il fait le distingo entre les voitures, d'une part, et les motos et poids lourds, d'autre part.

Le radar flashe le véhicule de telle sorte que sa plaque d'immatriculation et son conducteur soient visibles.

Et une fois flashé?

La photo est enregistrée et envoyée par réseau au CNT à Bertrange où «chaque infraction est constatée par un agent de la police qui identifie le titulaire du certificat d'immatriculation», explique le commissaire en chef Tom Pletschette.

Le conducteur est informé par lettre recommandée, au plus tard quatre semaines après l'infraction.

Il dispose alors de 45 jours pour payer ou contester (un formulaire est automatiquement envoyé avec le constat d'infraction). Les frontaliers auront un peu plus de temps puisqu'ils disposeront d'un mois de plus.