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Le lycée de Clervaux fait le pari de la créativité

Le lycée de Clervaux fait le pari de la créativité

Le lycée de Clervaux fait le pari de la créativité

Le lycée de Clervaux fait le pari de la créativité


30.09.2020

Ici, mine de rien, ce jeune compose son recueil de poèmes.Photo : Dominique Nauroy

Des iPads à profusion dans les salles de classe, certes, mais pour quel usage ? C’est à cette question que le lycée Edward Steichen de Clervaux a voulu répondre, en mettant à disposition de l’équipe enseignante et des élèves de quoi libérer le potentiel créatif des enfants et des adolescents.

Article et vidéographie: Dominique Nauroy — Sibila Lind   

Entièrement tourné vers les cultures numériques, le lycée international Edward Steichen vit sa troisième rentrée. Le pari osé d’implanter un tel établissement dans la commune de Clervaux, 5.400 habitants, est gagné. La preuve : quelque 630 élèves s’y trouvent inscrits ; les locaux de la maternelle et du primaire européens doivent être inaugurés fin octobre à Reuler ; d’autres projets d’agrandissement sont déjà dans les cartons.

Photo : Dominique Nauroy

Ici, chaque élève du secondaire dispose de sa propre tablette, financée à 50 % par l’État. Mais la mise à disposition de ces iPads ne constitue pas à elle seule la spécificité du LESC.

Deux enseignants, Sébastien Verbert et Carine Comte, ont la charge d’assurer la circulation de la «digital literacy» au sein des classes. Ces piliers de la culture numérique veillent à ce que toutes les potentialités de la tablette soient exploitées par l’équipe enseignante et les élèves. Ils ont donc pour mission d’épauler l’enseignant afin de lui proposer, dans le cadre de son cours, l’utilisation la plus pertinente des outils numériques, selon ses impératifs.

L'élève auteur : le vrai challenge

Le cours accorde aux élèves une certaine autonomie dans la progression de leurs connaissances et compétences
Photo : Dominique Nauroy

Concrètement, cela signifie qu’on ne se contente pas de reproduire les manuels traditionnels sur écran, mais que toutes les interactivités du terminal entrent en jeu. Piloter un drone pour comprendre la cinétique en suivant un motif musical, se présenter dans le cadre d'un chat en cours de latin, programmer les déplacements d'un robot assemblé à la main : l’application des sciences et techniques passe par une expérimentation ludique.

L'enseignant couple l'app, la tablette et le vidéoprojecteur dans le cadre de son cours de mathématiques
L'enseignant couple l'app, la tablette et le vidéoprojecteur dans le cadre de son cours de mathématiques
Photo : Dominique Nauroy

L’iPad couplé au vidéoprojecteur ou à l’écran vert permet à l’élève d’être davantage acteur au sein de sa classe, et même auteur, en partageant d'un geste ses productions. « Le tableau ne m’appartient plus, il est partagé par l’ensemble de la classe », résume M. Verbert. La technique est ici vécue comme un moyen de faire circuler le savoir selon d’autres voies, notamment entre élèves, et donc de susciter l’esprit de collaboration.

«Dans ce contexte, il faut d'abord s'assurer que la technologie ne soit pas un frein, ensuite rassurer l'enseignant face à ce changement de posture», considère sa collègue, Carine Comte : ce n'est qu'à ces conditions que les deux chefs de projets numériques peuvent écouter les besoins des professeurs et leur soumettre de nouvelles pratiques pédagogiques.

Le directeur, Jean Billa, met l’accent sur l’appropriation non plus seulement de connaissances, mais de compétences : dans les domaines de l’information, des médias, des technologies et dans la sphère sociale. Le but : nourrir chez l’élève une aptitude à la résolution de problèmes.

Le « Genius Lab » ou comment s'entraider

Photo : Dominique Nauroy

Les filles et garçons volontaires peuvent intégrer le «Genius Lab» du LESC : ils ont pour rôle d’épauler techniquement leurs pairs ; ils peuvent de même soumettre, non sans fierté, aux responsables de projets numériques les failles de certaines apps, voire de certains verrous. Dans certains cas, leurs expérimentations les amènent à détourner le terminal de ses usages premiers : c’est là l’un des principes pionniers de l’innovation.

À l’heure où les appels se multiplient pour lever le pied face à l’usage des écrans, Sébastien Verbert préfère parler d’usages fléchés, de pratiques cadrées dans l’enceinte de l’établissement. Car, c'est l'évidence, «ces enfants sont des digital natives», constate M. Billa : «C'est notre rôle de canaliser leur savoir numérique.» Pour autant, la tablette n'a pas supplanté tous les médias qui l'ont précédée : le livre, le cahier, le stylo rouge du professeur demeurent. Anciens et nouveaux outils coexistent, «nous donnons la place à l’un ou à l’autre quand cela fait sens». 

L'intrus s'invite à la maison

Sébastien Verbert porte assistance à un élève.
Sébastien Verbert porte assistance à un élève.
Photo : Dominique Nauroy

«Nous avons conscience qu'à la maison, l'iPad peut être vu par les parents comme un intrus qui vient bouleverser les règles. À nous de les outiller et de les inclure dans cette culture numérique», abonde M. Verbert. Cet intrus a cependant été bien utile au moment du Covid-19, pour assurer sans rupture la continuité des cours, rappelle le député maire de Clervaux, Émile Eicher, qui se réjouit du rôle de défricheur que tient le LESC dans l'évolution des enseignements.

L’outil est versatile. Le défi consiste donc à mener l’élève vers les usages qui laisseront sa créativité s’exprimer : «Est-on passif devant une vidéo ou adopte-t-on une position d'auteur, de créateur ?», questionne Sébastien Verbert. Voilà le but, et il n’est pas mince. «Dès qu’on ouvre le champ de la créativité, les vraies questions se posent : qu’est-ce que je souhaite faire? (...) C’est une barrière qu’on ne lève pas facilement», admet-il : impliquer les élèves pour voir émerger des créateurs est un challenge. Car une fois les obstacles techniques et organisationnels levés, le dernier levier, culturel, n’est pas nécessairement le plus aisé à enclencher.

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