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Interview exclusive du Prince Louis: «C'est un grand soulagement de pouvoir parler de ma dyslexie»
Lokales 4 Min. 01.02.2016

Interview exclusive du Prince Louis: «C'est un grand soulagement de pouvoir parler de ma dyslexie»

Prince Louis: «Ma compréhension à moi de la dyslexie, c'est qu'il s'agit beaucoup plus d'un bénéfice que d'une problématique en elle-même. Cela développe des qualités que nous n'aurions pas autrement.»

Interview exclusive du Prince Louis: «C'est un grand soulagement de pouvoir parler de ma dyslexie»

Prince Louis: «Ma compréhension à moi de la dyslexie, c'est qu'il s'agit beaucoup plus d'un bénéfice que d'une problématique en elle-même. Cela développe des qualités que nous n'aurions pas autrement.»
Photo: Lex Kleren
Lokales 4 Min. 01.02.2016

Interview exclusive du Prince Louis: «C'est un grand soulagement de pouvoir parler de ma dyslexie»

Maurice FICK
Maurice FICK
Dans une interview, le Prince Louis de Luxembourg nous dit son «soulagement» de pouvoir parler de cette maladie qu'il a «dû combattre toute sa vie» et comment il est parvenu à en tirer une force.

Propos recueillis par Maurice Fick

Bien que dyslexique, le Prince Louis de Luxembourg prépare actuellement un Master de psychologie sociale à Londres. Dans une interview exclusive, il nous dit son «soulagement» de pouvoir parler de cette maladie qu'il a «dû combattre toute sa vie» et comment il est parvenu à en tirer une force.

Pourquoi avez-vous décidé de témoigner publiquement sur les troubles de la dyslexie alors que c'est un sujet tabou?

«D'abord, parce que ce premier Forum international sur les troubles de l'apprentissage vient d'être organisé au Luxembourg. C'est un événement très important dans le pays pour commencer à comprendre la problématique sous un autre angle.

Ensuite, parce que cela fait aussi du bien d'en parler. A travers mon témoignage, je serais heureux de toucher les gens qui ont vécu la même chose que moi et que cela puisse les aider dans leurs difficultés. C'est un grand soulagement pour moi-même de pouvoir en parler parce que c'est une problématique que j'ai dû combattre toute ma vie.

Prince Louis: «Mon expérience me montre que les dyslexiques ne sont pas aussi bons dans les détails mais dans la compréhension fondamentale de la chose».
Prince Louis: «Mon expérience me montre que les dyslexiques ne sont pas aussi bons dans les détails mais dans la compréhension fondamentale de la chose».
Photo: Lex Kleren

Ma compréhension à moi de la dyslexie, c'est qu'il s'agit beaucoup plus d'un bénéfice que d'une problématique en elle-même. Cela développe des qualités que nous n'aurions pas autrement. Des qualités qui émergent en traversant cette difficulté mais aussi des qualités qui sont des traits dyslexiques».

Expliquez-nous ce que sont les «traits dyslexiques»?

«C'est la capacité à réfléchir autrement, donc de voir les choses autrement, d'un autre angle. Les voir en fait de plusieurs angles simultanément, d'établir des connexions entre des choses qui, à première vue, apparaissent comme étant complètement différentes. Et simplement de voir les choses "outside the box" comme on dit en anglais.

Mon expérience me montre que les dyslexiques ne sont pas aussi bons dans les détails mais dans la compréhension fondamentale de la chose. Ils cherchent via des connexions à vraiment comprendre la chose en elle-même. Le sentiment de la chose plus que ce qu'en véhicule la parole.»

Un aperçu des circonstances de l'interview à l'European Convention Center.
Un aperçu des circonstances de l'interview à l'European Convention Center.
Photo: Lex Kleren

Au quotidien, qu'est-ce qui est le plus gênant pour vous?

«Le quotidien c'est d'être confronté continuellement à ma faiblesse qui est l'écrit et la lecture. Bien sûr j'ai trouvé des manières de contrer cette faiblesse mais ça reste difficile.

Pour l'écriture, il y a par exemple les correcteurs orthographiques mais même en me servant de word, je fais tout de même des fautes. Je sais où chercher de l'aide. Heureusement, j'ai ma femme» (La Princesse Tessy assise à son côté, glisse dans son grand sourire: «Je suis le correcteur naturel»). Tout ce que j'écris, je le donne à Tessy pour qu'elle le corrige (et il regarde tendrement vers elle, ndlr). Et actuellement, pour mes études, j'écris énormément».

Pouvez-vous nous dire ce que vous étudiez et dans quel but?

«Je fais des études de psychologie sociale à la Birkbeck University au centre de Londres. Le but c'est de comprendre. C'est un mélange entre psychologie et sociologie mais avec une approche philosophique. En fait la sociologie, la psychologie et la philosophie c'est tout ce qui m'intéresse, ce qui me passionne. C'est donc davantage par intérêt pour le sujet lui-même que je fais cela.

Mais parallèlement je recherche un travail parce que je fais des études à mi-temps. Là, je cherche dans le domaine de l'entrepreunariat social, des responsabilités sociales des entreprises plus précisément».

En acceptant sa dyslexie, «on peut mieux se concentrer sur ses forces», estime le Prince Louis.
En acceptant sa dyslexie, «on peut mieux se concentrer sur ses forces», estime le Prince Louis.
Photo: Lex Kleren

Comment avez-vous surmonté les troubles de la dyslexie?

«En fait, je n'ai jamais surmonté la dyslexie, je l'ai acceptée. Parce que la problématique demeure. C'est l'acceptation de la problématique qui me permet de voir mes forces et de ne pas me focaliser uniquement sur ce que je sais moins bien faire.

Lorsqu'on est continuellement confronté à des échecs on apprend à vivre avec. En tout cas, il y a deux solutions. Soit on apprend à détester l'échec et on essaye de ne plus recommencer. Soit on essaye de l'accepter. Alors on peut mieux se concentrer sur ses forces.»

Qu'est-ce qui doit changer au Luxembourg pour les enfants qui en souffrent aujourd'hui, selon vous?

«D'abord une meilleure compréhension des dys par les enseignants. Mais surtout une meilleure compréhension de ceux qui ont des dys. Et surtout aider ceux qui sont atteints d'une dys, à se comprendre. C'est-à-dire la problématique mais aussi la force qu'elle peut finalement représenter.

Au Luxembourg, il faudrait que les enseignants soient mieux formés sur ces notions pour pouvoir mieux expliquer aux élèves ce que c'est. Et leur faire comprendre qu'ils ne sont pas bêtes et que, eux aussi, ont des choses à apporter.»


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