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Editorial : Frémissement
Leitartikel Lokales 3 Min. 13.04.2015

Editorial : Frémissement

Marie-Laure ROLLAND
Marie-Laure ROLLAND
A en croire la ministre de l'Egalité des chances, Lydia Mutsch, et son collègue de l'Economie, Etienne Schneider, les femmes ont le vent en poupe. Lors d'une récente conférence de presse, tous deux ont souligné que le sexe féminin est de mieux en mieux représenté dans les postes à responsabilité au Luxembourg.

A en croire la ministre de l'Egalité des chances, Lydia Mutsch, et son collègue de l'Economie, Etienne Schneider, les femmes ont le vent en poupe. Lors d'une récente conférence de presse, tous deux ont souligné que le sexe féminin est de mieux en mieux représenté dans les postes à responsabilité au Luxembourg.

Un mouvement en phase avec une présence plus nombreuse sur le marché du travail, une sur-qualification par rapport à leurs collègues masculins et une plus-value avérée pour les entreprises. Un constat dont on peut se féliciter, même s'il faut le nuancer. En effet, on est loin de pouvoir se targuer d'un changement de paradigme. Les obstacles – notamment psychologiques – restent nombreux pour progresser dans le sens de la parité.

On relèvera que le bilan présenté porte uniquement sur l'évolution du nombre de femmes présentes dans les conseils d'administration des institutions publiques et des entreprises dans lesquelles l'Etat est actionnaire. Un secteur au sein duquel effectivement les choses bougent, conformément au programme de coalition où il est noté que «le gouvernement entend aboutir à une représentation de 40 % du sexe sous-représenté jusqu'en 2019».

Mais il serait plus juste de parler de frémissement. Sur les 208 mandats qui ont changé de main depuis janvier 2014, 78 sont revenus à des femmes (donc 62,5 % des mandats ont été attribués à des hommes). Les femmes occupent désormais 22,3 % des sièges dans ces conseils d'administration. Elles étaient 19,1 % fin 2013. Force est de constater qu'à ce rythme, la barre des 40 % ne sera pas atteinte fin 2019.

Le gouvernement sera-t-il capable de donner le coup d'accélérateur promis? Par ailleurs, comment va-t-il convaincre les entreprises dans lesquelles il n'a pas une participation majoritaire de s'aligner sur ses objectifs? Dans le plan de bataille présenté le 7 avril, on peut lire que les propositions de nominations n'auront l'aval du Conseil de gouvernement que si elles sont compatibles avec les objectifs en terme de parité.

L'avenir – et le nouveau système de monitoring mis en place – dira si effectivement cette discipline fonctionne et incite à aller voir, au-delà des «usual suspects», s'il n'y a pas des personnes du genre sous-représenté compétentes et susceptibles d'apporter des idées neuves.

L'autre inconnue concerne l'évolution du secteur privé pour lequel il n'existe à ce jour pas de contrainte législative dans notre pays. Mais là encore, les choses pourraient évoluer. Le gouvernement prend désormais fermement position en faveur de la proposition de directive de Viviane Reding qui prévoit un quota de 40 % du genre sous-représenté dans les conseils d'administration des entreprises cotées en Bourse.

L'Allemagne ayant finalement – et contre toute attente – levé son opposition, il faut espérer que le gouvernement mettra ce dossier à l'agenda de sa présidence de l'Union européenne et le fera résolument avancer.

Il est vrai que le nombre d'entreprises concernées et de sièges d'administrateurs est extrêmement minime au Luxembourg (76 mandats dont deux seulement exercés aujourd'hui par des femmes, d'après «Paperjam»). Cette disposition ne révolutionnera pas d'un coup de baguette magique la vie quotidienne des femmes au travail.

Elle est néanmoins importante par l'effet d'entraînement qu'elle pourrait susciter. C'est ce que l'on observe un peu partout en Europe dans les pays qui ont introduit des quotas, ou «menacé» de les introduire...


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