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Construction: Des Portugais exploités au Luxembourg

Construction: Des Portugais exploités au Luxembourg

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Lokales 5 Min. 13.03.2015

Construction: Des Portugais exploités au Luxembourg

D’après le LCGB, des portugais, recrutés par des entreprises de construction au Portugal pour travailler au Luxembourg, finissent par être exploités.

D’après le LCGB, des portugais, recrutés par des entreprises de construction au Portugal pour travailler au Luxembourg, finissent par être exploités.

Ils reçoivent un salaire bien en dessus du minimum luxembourgeois et se voient obligés de travailler dimanches et jours fériés. Sans connaître le pays ni la langue, rares sont ceux qui osent porter plainte, raconte le syndicat LCGB.

João (nom fictif) est arrivé au Luxembourg il y a un mois et n’a plus que 25 euros dans ses poches. L’électricien de 53 ans a été engagé par une entreprise de construction du nord du Portugal afin de travailler pendant deux mois sur un chantier au Luxembourg, mais malheureusement après un mois de travail, sont patron l’a dispensé de des fonctions et ne lui a pas payé le salaire convenu au départ.

Le contrat parlait d’un salaire mensuel de 540 euros, mais l’électricien devait aussi recevoir la somme de 1.500 euros au noir. Durant un mois, le portugais d’origine cab- verdienne a logé dans une maison appartenant à l’entreprise luxembourgeoise, situé dans un village au nord-est du Luxembourg.

Il travailla tous les jours sans repos, incluant samedis et dimanches, sur le chantier d’une maison privée. Il effectua près de 200 heures de travail, mais au final le patron ne lui paya que 1.200 euros – une rémunération bien inférieure au salaire minimum luxembourgeois, qui ronde les 1.922 euros pour les ouvriers non qualifiés et 2.307 euros pour les qualifiés.

Sans parler des heures supplémentaires, qui elles non plus n’étaient pas rémunérées. «Il décomptait le prix des outils, des gants, des bottes, tout! Même une couverture j’ai dû apporter…», raconte l’électricien.

Le 20 février un des responsables de l’entreprise l’informa que le travail était fini et qu’il devait rentrer au Portugal. «Il ma dit que je devais payer mon billet de retour en bus de ma poche et que mon salaire allait m’être versé au Portugal, mais je n’ai pas d’argent. J’avais déjà dû payer 122 euros pour le billet vers le Luxembourg et c’est lui qui était supposé payer les voyages. Si j’avais de l’argent, je serais certainement déjà parti!», a raconté l’électricien au Contacto.

Dans la même situation se trouvent deux autres portugais recrutés par la même entreprise dont l’un ne reçoit plus de salaire depuis décembre. L’entreprise a aussi des chantiers en France, où João et pas moins de 17 autres ouvriers portugais ont travaillé l’année passée.

Même si João connaît trop bien les conditions de travail, il n’a pas d’alternative. «Le Portugal est dans la situation qu’il est, sinon je ne viendrai pas!», raconte-t-il. «J’étais sans emploi avec une femme, deux enfants et un loyer à payer...»

Abandonnés au Luxembourg Le syndicat luxembourgeois LCBG a déjà été informé à maintes reprises de cas comme celui de l’électricien João, qui a demandé l’anonymat par peur de représailles. Le secrétaire syndical Paul de Araújo du LCGB raconta vendredi dernier pendant la réunion d’information du CASA pour nouveaux arrivés, qu’il existe des situations catastrophiques. 

Situation désespérée

Les gens arrivent avec des contrats, négociés au Portugal, qui ne respectent pas la législation luxembourgeoise, et quand on leur demande plus d’informations, ils nous disent qu’on leur déduit presque tout, le logement, le matériel… Dans beaucoup de cas, les travailleurs sont abandonnés au Luxembourg, parce que les salaires ne leur sont pas versés, et que ces personnes restent sans moyens financiers pour rester au Luxembourg ou pour retourner au Portugal.

D’après Liliana Bento, responsable du secteur de la construction au LCGB, se sont les petites entreprises de construction qui sont en cause. Sans connaître le pays et la langue, rares seraient ceux qui oseraient porter plainte. Le syndicat n’a enregistré que trois ou quattre cas l’année dernière. «Ils arrivent ici, ils n’ont jamais vécu ici, restent logés dans des chambre au-dessus de cafés, une personne vient les chercher le matin et les ramène le soir.

Les salaires sont payés sur un compte au Portugal et quelques-uns n’ont même pas d’argent en poche», explique-t-elle. «Quand les travailleurs s’aperçoivent que les salaires sont bien plus hauts ici et qu’ils commencent à réclamer, le patron trouve vite un moyen de les rapatrier et d’en faire venir d’autres, et bien sûr le cercle vicieux recommence». 

Violation de Directive

Toujours selon la secrétaire générale, cette situation violerait la directive européenne sur le déplacement de travailleurs. «Dès qu’ils travaillent en territoire luxembourgeois, les travailleurs ont droit au salaire minimum luxembourgeois et même à une rémunération plus élevée, dépendant de leur expérience et de leur formation et même dépendant des conventions collectives en vigueur.»

Ce ne sont pas les premiers cas d’exploitation de travailleurs portugais dans le secteur de la construction au Luxembourg. En mars 2013, le syndicat OGB-L, avait accusé l’entreprise portugaise «Açomonta» de pratiquer l’«esclavage moderne», à travers de sous-entreprises qui envoyaient des portugais et immigrants du Portugal au Luxembourg.

Ceux-ci recevaient alors entre 300 et 700 euros par mois et devaient travailler 12 heures par jour et sept jours par semaine. João, lui, a eu de chance. Après avoir attendu plus d’une semaine et sans argent pour retourner au Portugal, il a enfin été payé. Mais bien sûr seulement après avoir menacé son patron de tout divulguer aux journaux.

Paula Telo Alves


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