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« Je suis immédiatement tombé amoureux de l’E-Type »
Lifestyle 6 Min. 24.10.2022
E-Type

« Je suis immédiatement tombé amoureux de l’E-Type »

Ralf Klasen, directeur de JLR Classic Essen
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« Je suis immédiatement tombé amoureux de l’E-Type »

Ralf Klasen, directeur de JLR Classic Essen
Lifestyle 6 Min. 24.10.2022
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« Je suis immédiatement tombé amoureux de l’E-Type »

Interview avec Ralf Klasen, directeur de JLR Classic Essen

Automoto : d’où vient votre passion pour la marque Jaguar ?

Ralf Klasen : Quand j'étais petit garçon, j'ai vu une E-Type à Sarrelouis, en Sarre, dont je suis originaire. Je suis immédiatement tombé amoureux de cette voiture, et à partir de ce moment-là, j'ai toujours rêvé d’en posséder une.

Et quand est-ce que le rêve est devenu réalité ?

Il a d’abord fallu que je gagne un peu d'argent pour pouvoir me l’offrir. Je l’ai payée avec mon premier salaire, après avoir terminé mon doctorat en biologie. Malheureusement, ce n'était pas une très bonne auto. J’ai dû effectuer bon nombre de travaux moi-même et c’est comme cela que j'ai appris à bien la connaître.

Depuis, cette passion est également devenue votre profession, en tant que directeur de Jaguar Land Rover Classic Deutschland - un tout autre domaine que celui dans lequel vous évoluiez précédemment. Comment est-ce arrivé ?

Dès son arrivée à la tête de Jaguar Land Rover (JLR), l’ex-CEO de la firme, le Dr. Ralf Speth, s’était investi dans le secteur des voitures classiques. Il avait clairement identifié tout le potentiel émotionnel d’anciennes Jaguar et de Land Rover, potentiel qui pouvait parfaitement être transposé au marché de véhicules neufs. Nous avons une très belle histoire en termes de design, de succès sportifs, mais aussi de développements techniques. L’idée du Dr Speth était de faire renaître ce glorieux passé. Il a commencé à travailler sur ce concept à partir de 2011, au Royaume-Uni d’abord, mais toujours avec l’idée de viser aussi d’autres marchés. L’Allemagne étant le plus grand marché de « classiques » en Europe, elle a toujours été considérée comme un marché cible très attractif. J’ai eu vent de cela en 2016, et après plusieurs contacts avec des connaissances que j’avais au sein de l’entreprise, on m’a invité à aller présenter mes idées à la maison-mère, à Coventry. Manifestement, nous avions les mêmes « vibrations » et les mêmes intérêts, puisqu’à l’issue de cette réunion, on m'a donné mandat de lancer ce même concept sur le continent européen ! En mai 2018, le Jaguar Land Rover Classic Center Europe ouvrait ses portes à Essen.

Il s’agit donc d’une succursale de l'Angleterre ?

 Effectivement, c'est un deuxième site, un deuxième « Classic Works », comme celui qui existe depuis 2017 près de Coventry. Il est plus petit mais pas moins précis en termes de qualité du travail et du respect des standards définis par la maison-mère. Ce n'est pas qu’une simple passion, mais une activité à part entière que nous exploitons commercialement et dans laquelle nous voyons un vrai potentiel d'augmentation des revenus pour JLR.

 Avez-vous également une clientèle « luxembourgeoise » ?

Oui, nous avons des clients du Luxembourg, de Belgique, des Pays-Bas – et beaucoup d’Allemagne, bien évidemment. Depuis le Brexit, nous attirons aussi des clients d'autres parties de l'Europe. Ils sont prêts à accomplir de longues distances pour venir chez nous et bénéficier d’un service « constructeur », même pour des véhicules classiques. À côté de la vente de véhicules, nous proposons toute une gamme de services, de l’entretien à la restauration, sans oublier le développement et la fourniture de pièces d’origine.

Quels sont les modèles les plus recherchés ?

 La Jaguar E-type, incontestablement. C’est notre icône de style, construite en plusieurs séries du début des années 60 jusqu'au milieu des années 70. La voiture est objectivement belle, très agréable à regarder. Elle plaît à tout le monde car elle n'est pas seulement très réussie d’un point de vue esthétique mais également très performante. En plus, elle émet une belle sonorité et l’on prend énormément de plaisir à la conduire.

 S’il fallait en avoir « une », ce serait laquelle ?

 L’E-Type a des caractéristiques - et donc un « caractère » -  très différents en fonction des séries. Les plus anciennes, comme la Série 1 (fabriquée de 1961 à 1967 – ndlr), sont d’authentiques voitures de sport anglaises : plus dures, plus puissantes mais aussi plus « rudes ». Le conducteur sait qu’il aura du travail à leur volant !  Cela concerne tout particulièrement les versions équipées des moteurs six-cylindres en ligne (Séries 1 et 2). Lancée en 1971, la Série 3 et son moteur V12 est plutôt typée « grand tourisme ». Elle permet de parcourir de plus grandes distances en toute décontraction, même si elle sait aussi s’amuser dans les virages. Toutefois, il n'y a plus ce côté extrêmement sportif. Elle a un style un peu différent, avec beaucoup d'élégance. Toutes les séries ont leur propre charme.

Quel budget faut-il envisager pour acquérir une E-Type en excellent état, comme celle que nous avons pilotée ce week-end ? Quels conseils nous donneriez-vous ?

On ne peut que recommander l’achat de bons, de très bons véhicules, car une auto achetée à bas prix peut très vite se transformer en un gouffre financier. En investissant tout de suite dans un très bon véhicule, l’on a généralement beaucoup de plaisir et peu de désagréments. Il est possible d'acquérir de bons véhicules aux alentours de 150.000 €. Les cabriolets sont légèrement plus chers que les coupés. Ces derniers sont, eux aussi, très recherchés, car beaucoup de gens trouvent sa silhouette plus belle que celle du cabriolet. Si l'on cherche un véhicule qui a été restauré dans les moindres détails et dont l’état correspond quasiment à celui d'une voiture neuve, les prix se situent plutôt dans une fourchette de 200 à 250.000 euros. Cela peut dépasser le demi-million pour des versions très anciennes et très rares, comme les « flat floor » ou l’« outside bonnet lock ».

Peut-on trouver ce genre de véhicules dans votre établissement?

Oui. Et si nous ne l’avons pas directement dans notre show-room, à Essen, nous proposons au client de le lui procurer. Grâce à nos contacts dans le milieu des collectionneurs et sur le marché international, nous sommes en mesure de trouver toutes les spécifications souhaitées, y compris les combinaisons de couleurs !

Jaguar a annoncé son passage au tout-électrique en 2025. Comment réagit l’amoureux de belle mécanique que vous êtes ?

Le fan de Jaguar que je suis est serein face à cela, du moins en ce qui concerne notre activité. Nos clients ne conduisent pas seulement des véhicules classiques, mais aussi des autos modernes. Ils apprécient les Jaguar – et les Land Rover – actuelles, et sont naturellement dans l'attente de voir ce que « leur » marque leur réservera à l’avenir.


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