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Entretien avec Christian Louboutin: «Je ne suis pas docteur Scholl»
Lifestyle 7 Min. 19.12.2016

Entretien avec Christian Louboutin: «Je ne suis pas docteur Scholl»

Christian Louboutin

Entretien avec Christian Louboutin: «Je ne suis pas docteur Scholl»

Christian Louboutin
Photo: Claude Piscitelli
Lifestyle 7 Min. 19.12.2016

Entretien avec Christian Louboutin: «Je ne suis pas docteur Scholl»

La boutique au cœur de la capitale a ouvert ses portes depuis juillet, mais l'inauguration officielle a été célébrée comme il se doit avec tapis rouge, invités d'honneur et Christian Louboutin en personne que nous avons rencontré juste avant son bain de foule.

Interview: Manon Kramp

Complet rouge vif, sourire aux lèvres: c'est un Christian Louboutin enjoué qui a inauguré jeudi dernier sa boutique à Luxembourg-Ville. Le «Tout-Luxembourg» s'était donné rendez-vous au 25A de la rue Philippe II afin de côtoyer le célèbre styliste français dont le nom est devenu synonyme de chaussures extravagantes et de talons vertigineux. Les célébrités du monde entier s'arrachent ses créations aux fameuses semelles laquées de rouge et l'engouement pour ses créations frise l'hystérie.

La boutique au cœur de la capitale a ouvert ses portes depuis juillet, mais l'inauguration officielle a été célébrée comme il se doit avec tapis rouge, invités d'honneur et Christian Louboutin en personne que nous avions rencontré juste avant son bain de foule.

Monsieur Louboutin, êtes-vous content de votre boutique au Luxembourg?

Oui, très!

Et pourquoi avez-vous mis si longtemps avant de vous établir ici?

Mais parce que c'est compliqué de faire beaucoup, beaucoup de projets. Je ne suis pas boulimique. Les choses prennent toujours du temps avec moi.

Comment trouvez-vous Luxembourg-Ville?

La ville est belle, la citadelle, les rues, les lumières. J'aime l'hiver dans des endroits exactement comme le Luxembourg.

Photo: Claude Piscitelli

Vous comptez parmi vos clientes aussi bien des célébrités que des femmes tout simplement amoureuses de belles chaussures. Y a-t-il un certain type de femme pour lequel vous préférez créer?

Non. Les femmes qui viennent chez moi ont forcément de points communs, mais pas tellement que ça. Il y a une diversité énorme: aux niveaux des âges, des goûts, des préférences pour des talons très hauts ou bien bas, des matières... Le point qu'ont en commun toutes ces femmes c'est le goût de leur propre féminité. Elles sont contentes d'être des femmes.

Est-il absolument nécessaire pour une femme de porter des talons hauts pour être élégante?

Non. Moi, j'ai toujours adoré les talons hauts et quand on aime une chose il faut quand même le montrer. Mais j'ai aussi aimé les souliers plats. Si on me demande s'il faut immédiatement associer talons hauts au côté «sexy»... Oui, ça peut être sexy, mais des souliers plats c'est très sexy aussi. La Brigitte Bardot des années 50 et 60 est le symbole de la femme sexy. On l'associe à un taille fine mais également à des souliers plats et des pieds nus. Après, il y a Marilyn, qui a le pied cambré... Mais globalement, toutes les hauteurs sont permises.

Et quelle part le confort joue-t-il dans la création d'une chaussure?

Je travaille un peu comme un médecin. Il y a des parties techniques qui sont un petit peu les secrets de fabrication, mais quand je dessine, je ne pense pas au confort. C'est une chose évidente. Parce que si je vous demande de dessiner un soulier confortable, vous allez finir par dessiner une paire de sabots, une paire de pantoufles... A chacun son truc. Moi, ce qui me plaît, c'est quand les femmes regardent un soulier qu'elles ont l'impression du syndrome de Cendrillon. Je ne suis pas docteur Scholl. Je ne dis pas qu'il ne faut pas mettre une technique pour que le soulier soit plus confortable. Mais mon idée n'est pas d'évoquer le confort, mais le rêve et la féminité.

Photo: Claude Piscitelli

Dès vos débuts vous avez défié le monde de la chaussure avec des modèles toujours plus extravagants ou des talons encore plus hauts. Est-ce que «oser plus» est une constante dans votre travail?

Non, c'est une collection vaste pour beaucoup, beaucoup de gens différents avec des goûts différents. Il y a des choses très exceptionnelles pour des moments exceptionnels, mais aussi des choses à porter à n'importe quel moment, exactement comme avec le mobilier. Dans mon appartement il y a des choses de designers comme Knoll qui on été fabriqués à des milliers d'exemplaires et qui s'associent très bien à des pièces ou des sculptures faites par des artisans. Les choses peuvent très bien cohabiter et je fais la même chose avec mon travail.

Est-ce important qu'une chose soit exceptionnelle?

Oui, parce que je fais un métier, et j'en suis tout à fait conscient, avec une forme d'inutilité. Je ne pense pas que les femmes qui viennent chez moi se disent «J'ai vraiment besoin de ce soulier!» Si, on a besoin des choses à travers le désir. D'ailleurs je vois cela comme un compliment. Je me rappelle cette femme dans ma boutique à Paris qui disait: «Ah, cette chose rose pâle... c'est tellement inutile, j'en ai absolument besoin.» On a besoin de choses qui sont là juste pour embellir la vie, juste pour se faire plaisir et qui ne sont pas utilitaires. Je ne travaille pas dans un métier utilitaire, mais un métier qui a avoir avec le fantasme, l'excitation et le côté presque enfantin de l'émerveillement. Et j'en suis très content. Oui, il y a des souliers qui représentent ça et c'est très important pour moi, c'est vraiment ma base.

Y a-t-il un objet que vous auriez voulu créer, mais qui n'a jamais vu le jour?

Il y a beaucoup de choses que je n'ai jamais eu le temps de faire. Vu de loin, chaque métier a l'air beaucoup plus facile. J'aimerais faire tellement de choses, mais ce n'est pas possible. Si on veut qu'une chose soit bien réalisée, il faut prendre du temps. Toutes les choses demandent de l'énergie, il faut les analyser, les comprendre, les perfectionner... J'ai toujours adoré le cinéma et j'adorerais réaliser un film... mais ensuite il y a quand même tout un travail derrière. On ne peut pas tout faire, mais je n'ai pas de choses qui me frustrent.

Photo: Claude Piscitelli

Vous avez été fasciné par les arts africains et le monde du variété. Qu'est-ce qui vous fait vibrer aujourd'hui?

Beaucoup de choses. Par exemple j'ai adoré le Bolschoi. C'est un endroit assez extraordinaire, et j'adore l'architecture, c'est une chose assez récurrente dans mon travail. Après, il y a le paysagisme. J'adore tout ce qui touche les compositions de jardins. Plus que la nature. C'est l'idée que derrière, il y a toujours quelqu'un qui a créé. J'adore aussi le cinéma de Bollywood. Les actrices sont incroyables et il y a ce côté music-hall, que j'ai toujours aimé.

Il n'y a pas que les femmes qui sont friandes de chaussures. Est-ce que les hommes sont aujourd'hui plus sensibles par rapport l'originalité de leurs souliers?

Oui, maintenant les hommes s'expriment beaucoup à travers leurs souliers. C'est une sorte de vague. Si on prend l'homme dans les années 60, par exemple les acteurs pendant les Oscars, ils portent tous le smoking, mais il y a un moment, où les cheveux sont là, où les hommes se disent «dans le même costume noir mon originalité, ma personnalité s'expriment à travers mes cheveux». Aujourd'hui, c'est le soulier qui dit: «Voilà ma personnalité!»

Vous avez également créé des vernis à ongles, des rouges à lèvres et des parfums. Comptez-vous lancer d'autres lignes, par exemple de montres ou de bijoux?

Non, vraiment non. J'aimerais, mais je n'ai pas le temps. Quand je fais un projet, je m'y mets à fond. Avec tout le plaisir que cela me donne, la beauté est une chose assez chronophage. J'en suis content, mais je suis conscient que je ne peux pas encore en rajouter. On m'a proposé des collaborations intéressantes, mais je n'ai pas envie de délivrer une chose et de me dire «Je l'ai fait pour le faire, mais finalement je n'ai pas eu le temps de bien faire». J'ai fait une collaboration avec le Crazy Horse à Paris comme directeur artistique. J'ai répété, choisi les danseuses, la chorégraphie... C'était charmant, mais je voyais bien je n'avais pas eu assez de temps pour faire les choses aux mieux. Le plus important pour moi, c'est d'être satisfait de ce que je fais. Si on est satisfait de ce qu'on fait, même si cela ne marche pas, il reste une chose qu'on aime et dont on peut être fier. Si ça marche, c'est encore plus génial, mais ce n'est pas la finalité. Je ne veux pas me retrouver à la fin d'un projet et me dire qu'il m'aurait fallu plus de temps. Ça, ça m'énerve.

Donc vous n'avez pas le temps de vous ennuyer?

Non.


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