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72 heures à Bangkok
Lifestyle 4 Min. 20.06.2019

72 heures à Bangkok

À Bangkok, tout pétarade, tout fume, tout grouille. Aux feux, chaque passage au vert ressemble à un départ de courses de motos.

72 heures à Bangkok

À Bangkok, tout pétarade, tout fume, tout grouille. Aux feux, chaque passage au vert ressemble à un départ de courses de motos.
Foto: Pierre Wiels
Lifestyle 4 Min. 20.06.2019

72 heures à Bangkok

Une destination dingue et fumante pour routards tout-terrain. Premières impressions: dans la capitale thaïlandaise, tout pétarade, tout fume, tout grouille.

par Pierre Wiels

Le voyage commence bien. Plutôt que le taxi, on préfère embarquer dans le métro express et aérien. On s’est donné un défi : arriver à pied à l’hôtel, quelque part au cœur de cette métropole inhumaine et surpeuplée. La rame est stupéfiante de propreté, on glisse en douceur sur une trentaine de kilomètres bien climatisés.

Que faire de ce «stop» obligé dans les entrailles interminables de ce monstre gargouillant? Nous n’avons que 72 heures pour y goûter avant de reprendre le ciel vers les paradis bleus et verts  des îles. En fait, ce sera juste bon pour ressentir ses assauts vrombissants, voir l’essentiel et s’acclimater à la moiteur brûlante de la Thaïlande.

On arrive en plein Chinatown, le front perlant, les sens battus par le caractère orgiaque de cette ville dans la ville.

Premières impressions: à Bangkok, tout pétarade, tout fume, tout grouille. L’hydrocarbure est roi et fait presque peur. Aux feux, chaque passage au vert ressemble à un départ de courses de motos. Il n’y a bien que des taxis fuchsia, verts et jaunes (roulant au gaz), et une armada de touk-touk bariolés pour faire diversion à la gravissime pollution de l’air.

Un baiser sur le toit de la ville

Il suffit d’un peu moins de 24 heures pour ressentir un malaise. L’enfer du citadin anonyme, avachi dans la masse, ne possédant rien, se juxtapose au paradis des plus riches dégustant des cocktails dans la tiédeur du soir, au sommet de deux ou trois luxueuses tours ayant la capitale thaïlandaise à leurs pieds.

Fascinante Chinatown – c’est elle qu’il faut d’abord voir. Ce n’est pas Byzance infusée dans le jasmin et l’encens. C’est la Bangkok chaotique, avec sa débauche d’enseignes électriques et son tohu-bohu d’odeurs brutes, d’avant l’invention du parfum. Chinatown, c’est un choc. Un tumulte agressif. Les plus sensibles sont pris de nausée devant ses échoppes moyenâgeuses bourrées à craquer et ses vibrantes gargotes en plein air servant des plats gargantuesques de nouilles sautées et de grosses soupes.

Un marché traditionel à Bangkok.
Un marché traditionel à Bangkok.
Foto: AFP

Le réservoir d’émotion n’est pas trop vide. Alors, filons plus loin. De Chinatown, on prend la navette fluviale, sifflante et fumant noir, pour aller se rafraîchir sur le fleuve et y voir danser les longues barques multicolores sur une skyline de gratte-ciel. 

La richesse du patrimoine royal

Avant notre premier dodo, nous montons au 61e étage du Moon bar, un palace cinq étoiles. On ira aussi suspendre le temps au 63e étage du Sky bar, car c’est une expérience à vivre et à revivre. Ces plates-formes aériennes sont remplies de gens émerveillés par la nuit qui a semé sur la ville une myriade de lumières brouillées. Parmi eux, beaucoup de couples enlacés qui s’embrassent dans l’air crémeux, juste sous la lune. Le rhum-vodka dégusté est hors de prix (de 15 à 20 euros), mais il a la saveur réinventée d’un moment inoubliable.


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Le lendemain, une visite du Grand Palais s’impose. Tôt le matin, ou trente minutes avant 15.30 heures, limite d’accès, pour éviter la cohue devant et dans ce Versailles thaïlandais. Attention: les gardiens de ce monument sacré sont intraitables avec le (nébuleux) dress code: pas de jambes et d’épaules nues. La richesse de ce patrimoine royal, riche de temples, d’allégories et de représentations surnaturelles, est hallucinante. Elle remonte à la fondation de Bangkok, en 1782. L’or y cascade à torrent, sous des toitures multicolores.

D’entre les joyaux, en deux mots, le bouddha d’émeraudes, en jade, la statue la plus vénérée de Thaïlande.

L’après-midi, on choisit de souffler en rejoignant le quartier apaisé de Banglamphu. On y retrouve la verdure d’un parc, quelques chants d’oiseau reposants. On s’y perd un peu, au hasard, là où Bangkok palpite d’authenticité. Dérive dans la très animée (et touristique) Thanon Ram Butri, sous les lampions de restaurants où de jeunes femmes massées devant de respectables salons de massage font les yeux doux aux touristes.

Dernier jour et un autre incontournable à faire, de préférence le matin, pour échapper au four de l’après-midi: une balade à vélo guidée dans la Bangkok des ruelles secrètes, entrecoupée d’une promenade sur les klongs, ces canaux irriguant la ville et bordés de maisons typiques sur pilotis.

C’est fini. On souffle. Demain, on reprend l’avion pour Phuket, dans le Sud, par ce même métro express, bien au frais. L’ultime sensation qui nous étreint est celle d’avoir été des aventuriers sur le champ de bataille d’une phénoménale faune humaine et urbaine. 


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