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Zapping: «Un village français»: La guerre en temps réel
Kultur 1 3 Min. 20.12.2015

Zapping: «Un village français»: La guerre en temps réel

Une petite ville du Jura sert de cadre à la série.

Zapping: «Un village français»: La guerre en temps réel

Une petite ville du Jura sert de cadre à la série.
Photo: France 3
Kultur 1 3 Min. 20.12.2015

Zapping: «Un village français»: La guerre en temps réel

C'est une série assez hors du commun qui s'est achevée la semaine dernière sur France 3, plus de six années après la diffusion du premier épisode: «Un village français»

par Marie-Laure Rolland 

 C'est une série assez hors du commun qui s'est achevée la semaine dernière sur France 3, plus de six années après la diffusion du premier épisode. «Un village français», créée par Frédéric Krivine, Philippe Triboit et Emmanuel Daucé, aura tenu en haleine les téléspectateurs au rythme de la Seconde Guerre mondiale, à raison de une ou deux saisons par an. Les soixante épisodes auront permis de découvrir la vie quotidienne des habitants de Villeneuve, une petite sous-préfecture – fictive – du Jura en France, du début de l'occupation en juin 1940 jusqu'à la libération. Avec une question sous-jacente: qu'aurions-nous fait à leur place?

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«Aucun personnage de cette série ne sort indemne de la guerre», avait observé le conseiller historique de la série, le spécialiste de la seconde guerre mondiale Jean-Pierre Azéma, lors de sa participation à un colloque organisé au Centre national de l'audiovisuel en marge de la sortie du film «Eng nei Zäit». La série française, qui s'appuie sur l'historiographie contemporaine, permet de donner corps à une vision plus nuancée de l'Histoire que celle selon laquelle il y avait d'un côté le camp des salauds, de l'autre celui des héros.

Le scénario est découpé de manière à mettre en lumière les événements les plus marquants pour les populations. On voit comment au chaos de la débâcle succède la mise en place de l'ordre allemand, le début de la collaboration entre les représentants du gouvernement de Vichy et les autorités d'occupation, les compromissions de certains pour vivre malgré tout, l'émergence des mouvements de résistance, les mesures anti-juives, l'organisation de la résistance, sa répression, la libération et l'épuration. Cela à travers un certain nombre de personnages dont la psychologie s'affine au fil des épisodes.

L'heure des choix

Tête d'affiche de la série: Robin Renucci qui incarne Daniel Larcher, le maire de Villeneuve, un médecin sans histoire marié à la flamboyante Hortense (Audrey Fleurot). Daniel Larcher est l'archétype du brave homme qui va progressivement être entraîné là où il ne voulait pas aller, c'est-à-dire dans la collaboration, cela au nom de la protection de ses administrés. Il est sans cesse confronté à des choix cornéliens, que ce soit lorsqu'il s'agit de désigner des coupables de sabotage pour éviter une répression aléatoire de la population, de protéger son frère Marcel (un militant du PC clandestin recherché par la Gestapo), ou de sauver son ex-femme du déshonneur à la libération (celle-ci l'avait quitté pour Heinrich Müller, le chef de la Gestapo).

Une pléiade de personnages nouant entre eux des relations complexes et souvent passionnées se déploient autour du maire de Villeneuve tout au long des 60 épisodes. A côté des Larcher, on découvre les Schwartz avec à leur tête Raymond (Thierry Godard), le patron d'une scierie qui fournit les Allemands en matériaux. Il va finir par entrer dans la résistance gaulliste aux côtés de la femme qu'il aime, Marie Germain (Nade Dieu); son épouse, Jeannine (Emmanuelle Bach), convole en secondes noces avec le nouveau maire de Villeneuve, un collaborateur notoire.

Plusieurs lieux clés

La série s'articule autour de plusieurs lieux clés: le commissariat où sévit le collaborateur Jean Marchetti (Nicolas Gob), l'école du village dont le directeur, Jules Bériot (François Loriquet), est secrètement l'un des chefs de la résistance gaulliste, la préfecture, la Gestapo ou encore le maquis.

Une pléiade de scénaristes a été mobilisée pour l'écriture des soixante épisodes. Si l'on perçoit à la longue un certain essoufflement, la démarche autant que le résultat sont absolument remarquables. Notons aussi que lors de la diffusion sur France 3, une série documentaire intitulée «Ils y étaient» proposait, en bonus de la fiction, d'entendre des témoins évoquant leurs souvenirs personnels en résonance avec les épisodes.

L'intégralité de la série est désormais disponible sur DVD. La série est également diffusée sur TV5 ainsi que sur la Une et la Trois en Belgique.

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