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Zapping-Notre critique TV: «Stranger Things», un thriller aux accents eighties
Face aux évènements étranges dans la nouvelle série Stranger Things, Winona Ryder doit s'attendre à tout.

Zapping-Notre critique TV: «Stranger Things», un thriller aux accents eighties

Photo: Netflix
Face aux évènements étranges dans la nouvelle série Stranger Things, Winona Ryder doit s'attendre à tout.
Kultur 1 3 Min. 15.08.2016

Zapping-Notre critique TV: «Stranger Things», un thriller aux accents eighties

Pol SCHOCK
Pol SCHOCK
Avec «Stranger Things», Netflix s’inscrit volontairement dans un mouvement à la mode: la culture pop des années 80. Dès la première minute, le spectateur est entraîné dans un tourbillon d’intrigues durant huit épisodes de 50 minutes.

Par Frédéric Zeimet

Automne 1983. La petite ville de Hawkins, Indiana. Quatre jeunes garçons jouent à un jeu de rôle. Un monstre est sur le point de les attaquer, il faut agir vite: défendre ou attaquer. Will, l’un d’entre eux, décide d’attaquer… mais ils sont interrompus par les parents: il est temps de rentrer! Sur le chemin du retour, seul sur son vélo, Will entend des bruits bizarres, croise une ombre menaçante. Pris de peur, il lâche son vélo et court jusque dans sa maison. Mais il n’est pas à l’abri... Le lendemain, quand sa mère, une divorcée surmenée, veut le réveiller pour aller à l’école, elle découvre sa disparition.

Toute la ville menée par le shérif cherche Will. En vain. Pourtant, la mère est convaincue que son fils n’est pas loin. Le soir, elle reçoit un coup de fil angoissant. Elle reconnaît le souffle paniqué de son fils puis le cri d’une bête enragée. La ligne est coupée par un éclair. Des choses étranges se trament dans cette ville et le laboratoire situé juste à côté y est certainement pour quelque chose. D’ailleurs, «Eleven», une fille aux cheveux rasés et aux pouvoirs surnaturels, s’est enfuie de cet établissement et cherche refuge.

Une pluie d’hommages

De l’intrigue en passant par les décors, les personnages, les plans, tout dans cette série rappelle les films des années 80, en particulier la période faste de Steven Spielberg: Rencontres du troisième type, E.T…. Aux geeks bien évidemment de jouer à «qui cernera le plus de références».

La star des années 1990, Winona Ryder, revient sur le devant de la scène.
La star des années 1990, Winona Ryder, revient sur le devant de la scène.
Photo: Netflix

Cette série touche une fibre nostalgique évidente. L’intelligence de la série, malgré quelques problèmes de rythme, est d’éviter le piège du pastiche et de raconter une histoire bien ciselée tout en évitant de délaisser ses personnages. Même si de prime abord les héros semblent répondre à des archétypes de films (le policier alcoolo, la mère seule hystérique, le groupe d’amis isolé et «différent»…) la série s’efforce sans cesse de leur donner plus d’ampleur psychologique. Avec «Stranger Things», Netflix étonne et intrigue. D’abord, les auteurs-réalisateurs – les jumeaux Duffer – sont jeunes. Ils avaient seulement un film et la participation à l’écriture d’une série estivale à leur actif. Ensuite, le concept d'une série melting-pot, hommage aux années 80, est ténu. Par ailleurs, le producteur a longtemps laissé la série méconnue et peu visible. Il y a quelques mois, elle était encore titrée «Montauk» et avait un pitch peu racoleur.

Le «buzz» a commencé à la sortie de la bande-annonce. Pourquoi investir des sommes conséquentes dans une série de niche pour finalement travailler sur le «bouche à oreille» au lieu de l’accompagner d’une lourde promotion, comme elle l’a déjà fait? «Stranger Things» est certes un risque pour Netflix, mais un risque mesuré. Avant de produire une série, la chaîne rassemble d’innombrables données de visionnage et d’habitudes de ses abonnés. Grâce à ses algorithmes, elle sait ce qui plaît mais à travers «Stranger Things», on découvre qu’elle sait aussi comment «vendre» ses contenus…

Ainsi, une série estampillée hommage et geek ne pouvait être vendue comme n’importe quel produit. La découvrir comme un trésor provoque auprès de l’audience type un vrai plaisir, une impression de singularité qu’une omniprésence médiatique aurait ternie.

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«Stranger Things» est diffusé sur Netflix Luxembourg.