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Zapping: Le mensonge qui tue
Kultur 1 3 Min. 26.01.2020 Aus unserem online-Archiv

Zapping: Le mensonge qui tue

Marina Hands est sublime dans le rôle d'Elvira, une femme stressée par la vie.

Zapping: Le mensonge qui tue

Marina Hands est sublime dans le rôle d'Elvira, une femme stressée par la vie.
Photo: Netflix
Kultur 1 3 Min. 26.01.2020 Aus unserem online-Archiv

Zapping: Le mensonge qui tue

Marcel KIEFFER
Marcel KIEFFER
«Mytho», une brillantissime série en guise de sombre tableau de mœurs familial

C’est grâce à une belle acquisition chez Arte que Netflix étoffe le créneau de ses programmes d’un éclectisme aussi remarquable qu’improbable. Par la même occasion la plate-forme permet de faire apprécier par un plus large public une des rares productions de séries françaises qui sortent du lot de tentatives jusqu’alors plutôt décevantes. Avec «Mytho», écrite par la romancière et scénariste Anne Berest et réalisée par Fabrice Gobert, elle a repris de la chaîne franco-allemande une comédie dramatique qui dans son genre, mais aussi par la qualité de sa réalisation ainsi que de la prestation de ses acteurs a tout d’un chef-d’œuvre.

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Tableau noir mais tout aussi intime et subtil de la psychologie de l’homme face à des besoins et des épreuves qui souvent le dépassent dans sa vie quotidienne et affective, «Mytho» explore les voies intimes de l’âme humaine qui révèlent dans les choix et les tourments de ses protagonistes des traits et des similitudes qui ont tout pour interpeller l’homme ordinaire dans chaque spectateur.

Tout commença par un petit mensonge. Elvira (Marina Hands), jeune quadra, vivant dans un quartier pavillonnaire en union libre avec Patrick (Mathieu Demy) et mère de trois ados, Carole (Marie Drion), Samuel (Jérémy Gillet) et Virginie (Zélie Rixhon), supporte de moins en moins bien son lot quotidien de femme stressée, qui, entre un boulot navrant dans un cabinet d’assurances et une existence effacée de femme au foyer, passe à côté de sa vie.

Surtout souffre-t-elle d’un terrible manque d’attention, se sente-elle ignorée et peu respectée par ceux dont elle s’occupe tous les jours avec de moins en moins de considération en retour.

Une fausse bonne nouvelle

Pendant une journée particulièrement harassante, la bonne nouvelle que lui passe son médecin, lui met la puce à l’oreille. En fait, elle va très bien, aucune raison de s’inquiéter, les petites boules qu’elle sent sous son sein gauche sont tout à fait anodines, de la graisse inoffensive, question de stress, quoi... Si au début elle s’en réjouit, l’occasion ne tardera pas de se présenter à elle, en guise de prétexte face aux reproches de Patrick pour une petite faute d’inattention. Elle a un cancer! C’est un mensonge irréfléchi, spontané, mais un mensonge qui change tout.

Dorénavant, Elvira est l’objet de toutes les attentions. Ses proches, les voisins, les collègues au travail – car une fois énoncé, le petit mensonge se répand très vite – changent leur comportement envers elle, se montrant soudain attentionnés et compréhensifs, à la seule exception de son patron tyrannique et cynique, qui, sans connaître le petit secret d’Elvira, la gratifie d’une leçon qui colle parfaitement à sa situation de petite menteuse: «Pour ne pas se faire prendre, il faut une certaine créativité, un grand sens de l’organisation, et beaucoup de sang-froid. Et il faut toujours se méfier de ses voisins.»

Toutefois, Elvira, qui a trafiqué le dossier médical d’une cliente de l’agence, arrive de moins en moins bien à gérer la situation. Bientôt dépassée par le cours des événements, les petits effets bénéfiques de son mensonge deviennent une charge et bientôt une véritable menace pour sa stabilité d’esprit. Mais tout ne s’arrête pas là. Par un habile changement de perspective la thématique des arrangements personnels d’Elvira avec la vérité débouche sur la question générale du mensonge au sein d’une famille qui se complaît et se perd dans son propre jeu mensonger.

Parti d’une comédie aigre-douce, «Mytho» se mue progressivement en un tableau social noir, voire angoissant d’une communauté humaine à la recherche désespérée d’une harmonie et d’une félicité qui lui échappent à chaque nouvelle tentative de s’en saisir.

Une série brillantissime à l’effet addictif sur le pouvoir à la fois romanesque et démoniaque du mensonge, ainsi que son influence terrifiante et destructive sur le comportement humain au sein d’une famille.

«Mytho» est disponible sur Netflix en une première saison de six épisodes. Une deuxième saison est prévue. 


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