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Zapping: «Glacé» : Wallander dans les Hautes-Pyrénées
Charles Berling et Julia Piaton incarnent le tandem de la police judiciaire qui enquête sur les cols glacés des Hautes-Pyrénées.

Zapping: «Glacé» : Wallander dans les Hautes-Pyrénées

Photo: M 6
Charles Berling et Julia Piaton incarnent le tandem de la police judiciaire qui enquête sur les cols glacés des Hautes-Pyrénées.
Kultur 1 4 Min. 11.02.2018

Zapping: «Glacé» : Wallander dans les Hautes-Pyrénées

Marcel KIEFFER
Le polar français pourrait avoir encore un bel avenir devant soi, avec le genre de plus en prisé de la série télévisée comme vecteur privilégié. Et avec un sublime Charles Berling dans le rôle principal de «Glacé» comme témoin, la recette du soi-disant thriller nordique n’appartient désormais plus qu’aux Scandinaves.

Si sa parenté est une tout autre, le début de «Glacé» rappelle d’abord un peu celui d’un grand classique du polar français: «Les Rivières pourpres» (2000). Un policier se rend dans une petite ville nichée dans les montagnes où un cadavre horriblement mutilé, exposé à la vue de tous et en un lieu incongru, trahit un crime crapuleux et l’existence d’une âme meurtrière tourmentée. Or, les similitudes s’arrêtent déjà là mais elles ne sont pas moins synonymes d’un genre identique.

Si dans le long-métrage de Mathieu Kassowitz, Jean Reno est appelé à enquêter sur le meurtre d’un bibliothécaire d’université, dans la série «Glacé», créée par Gérard Carré, Pascal Chaumel et Caroline Van Ruymbeke et reposant sur une libre adaptation du roman éponyme de Bernard Minier, le capitaine de police judiciaire Martin Servaz, interprété par Charles Berling, aura à s’occuper d’abord d’un cadavre décapité de cheval attaché sur un pylône de téléphérique sur les hauteurs d’une ville pyrénéenne, avant de plonger, lui aussi, dans les ténèbres démoniaques d’une communauté traumatisée par le Mal et des crimes à répétition.

Et au-delà de meurtres si dissemblables, mais d’une sordidité commune, le cadre commun rappelle encore le côté glacial et la froideur terrifiante d’une pulsion assassine qui dépasse tout ce que à quoi on pourrait s’attendre dès les premières séquences.

Tourments et secrets

Avec «Glacé», présentée comme une production «originale Netflix» (malgré le fait qu’elle fut déjà diffusée en janvier 2017 comme une production de Gaumont Télévision sur M6), la plate-forme de streaming américaine récidive, après «Marseille», dans le domaine du polar français. Une série qui se situe cependant plus proche du polar nordique, avec tout ce que celui-ci comporte: une intrigue lente, se déroulant dans un environnement hostile, une ambiance lourde et oppressante, avec des personnages à la psychologie tourmentée et, bien sûr, des crimes sortant tout droit d’un cerveau malade et d’une motivation des plus pathologiques.

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Ici, la parenté semble d’ailleurs aller jusqu’à une ressemblance frappante, mentale, comportementale, voire physique, du capitaine enquêteur, magistralement incarné par Charles Berling, avec l’acteur suédois Krister Henriksson dans la peau du célèbre commissaire Kurt Wallander de Henning Mankell.

Un dangereux tueur en série

Dans la petite ville de Saint-Martin blottie dans les cols glacés des Hautes-Pyrénées, le capitaine Servaz, enquêtant en tandem avec la gendarme Irène Ziegler (Julia Piaton), officie en terrain connu. Et ce qui l’y attire surtout, c’est la présence dans un établissement pénitentiaire de haute sécurité pour délinquants souffrant de graves troubles psychiatriques – nous voilà donc également en plein dans l’univers de Hannibal Lecter dans «Le Silence des Agneaux» – d’un dangereux tueur en série et par ailleurs ancien collègue de Servaz, Julian Hirtmann (Pascal Greggory).

Servaz, de nature taciturne, de plus en plus affecté par le climat, ses angoisses et ses préoccupations, ne tarde pas à découvrir au fil d’une nouvelle série de meurtres qui éclate dès son arrivée, les raisons véritables de son arrivée en ce lieu si inhospitalier ainsi que les liens de ces nouveaux drames avec une ancienne affaire qui n’a pas cessé de secouer la région depuis quinze ans: le suicide mystérieux d’un groupe d’adolescents apparaît de plus en plus comme la clé de tous les énigmes.

Vieux démons

Les vieux démons d’une communauté recluse dans un silence angoissé et coupable refont surface. D’autres drames insoupçonnés s’esquissent au fil d’une intrigue qui étrangement rejoint toujours le monde inapaisé du capitaine Servaz et surtout son passé qui recèle encore un autre, dernier et lourd secret.

Si l’on pourrait reprocher à «Glacé» le côté un peu surchargé ou recherché de son intrigue, sans pour autant verser dans la fantasmagorie et l’irréalisme, le jeu solide des acteurs – Nina Meurisse est également très convaincante dans le rôle de la jeune psychiatre Diane Berg qui tente par tous les moyens de se rapprocher du psychopathe Hirtmann – mais aussi le travail du réalisateur et scénariste Laurent Herbiet («Malaterra») s’alliant à une musique parfaitement ambiante, signée Alexandre Lessertisseur, en font une œuvre très réussie qui, malgré un premier succès mitigé sur M6, a tout pour convaincre les vrais amateurs du bon polar. Et le dénouement n’exclut pas non plus qu’une deuxième saison pourrait être tout à fait envisageable.

«Glacé» est disponible en six épisodes de 45 minutes sur Netflix.