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Zapping : "13 novembre-Fluctuat Nec Mergitur"
L’attaque du Bataclan où se produit ce soir-là le groupe américain «Eagles of Death Metal».

Zapping : "13 novembre-Fluctuat Nec Mergitur"

Photo: AFP
L’attaque du Bataclan où se produit ce soir-là le groupe américain «Eagles of Death Metal».
Kultur 2 Min. 05.06.2018

Zapping : "13 novembre-Fluctuat Nec Mergitur"

Marcel KIEFFER
Vouloir raconter l’horreur des attentats de Paris du 13 novembre 2015 dans le respect des victimes, sans verser dans le sensationnalisme, est un défi risqué qui expose à la méfiance des gardiens de la mémoire. Grâce au documentaire des réalisateurs Jules et Gédéon Naudet, Netflix a pu le relever.

La France n’a pas fini de pleurer ses morts – et nous avec elle. Les images glaçantes des terribles attaques terroristes et notamment celles de la nuit parisienne si tragiquement mémorable du 13 novembre n’ont pas fini de la meurtrir en sa chair et son âme. Le projet des réalisateurs français Jules et Gédéon Naudet d’y revenir dans une série documentaire produite pour Netflix ne fut donc pas sans risque. Mais les deux frères qui en 2001 avaient vécu et filmé les attentats du 11 septembre à New York ont réussi l’exploit de rappeler dans une production sobre et digne l’énormité d’un traumatisme individuel et collectif, en livrant le message «qu’au moment où survient le pire, le meilleur de l’être humain est toujours plus fort, plus beau».

Les souvenirs des rescapés d’un certain vendredi 13 en novembre 2015 s’expriment d’abord sous le sourire et le rythme emballant du «Paris s’éveille» de Jacques Dutronc. C’est le coup de départ de plus de deux heures de témoignages. On ne l’a pas oublié, on ne l’oubliera jamais le bilan horrible d’une soirée cauchemardesque 130 morts et 413 blessés.

«Je criai ,Maman!‘»

Du commandant des pompiers de Paris au président de la République, François Hollande, en passant par victimes, policiers, urgentistes et la maire de Paris, les témoins se confient dans un décor noir à la caméra. A mesure que les images, brutales, ahurissantes, insoutenables, leur reviennent en mémoire, les sourires s’effacent. Les voix s’étranglent, les regards s’embuent.

Parmi les impressions fortes: un cri strident dans la nuit, déchirant un silence de mort sur la terrasse d’un bar du Xe; le cri d’un visiteur du Bataclan qui dans le moment le plus insoutenable de son calvaire appelait, tout haut: «Maman!». Mais aussi, le bruit des téléphones portables sur les corps des morts étalés dans la fosse du Bataclan, affichant le nom de ceux – «papa, maman…» – qui appelaient leurs êtres chers, ignorant encore que leur vie avait déjà basculé à tout jamais.

La série à laquelle certaines associations de victimes reprochent «d’aborder le sujet en choisissant d’occulter la douleur du deuil», conclut pourtant avec une belle note d’espoir. «A la fin, c’est toujours l’amour qui gagne», dit une jeune rescapée du «Bataclan».

Et la devise inscrite dans le blason de la Ville de Paris – «Fluctuat nec mergitur» («Il est battu par les flots, mais ne sombre pas») –, choisie pour le titre de la série, n’exprimant que d’autant mieux, avec cet espoir, la résistance de toute une nation aux forces noires du mal.

Les trois épisodes sont disponibles sur Netflix.