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Yvon Lambert, le témoin de la dernière heure
Kultur 6 4 Min. 11.10.2021
Exposition aux Archives nationales

Yvon Lambert, le témoin de la dernière heure

Yvon Lambert veut rester avec son regard au plus près de tous ceux qu'il photographie.
Exposition aux Archives nationales

Yvon Lambert, le témoin de la dernière heure

Yvon Lambert veut rester avec son regard au plus près de tous ceux qu'il photographie.
Photo: Claude Piscitelli
Kultur 6 4 Min. 11.10.2021
Exposition aux Archives nationales

Yvon Lambert, le témoin de la dernière heure

Thierry HICK
Thierry HICK
Le photographe présente pour la première fois sa série «Derniers Feux».

Les Archives nationales de Luxembourg ouvrent leurs cimaises voûtées à «Derniers Feux», une série de photographies d’Yvon Lambert datant de 1997, mais encore jamais exposées dans leur totalité, hormis quelques extraits présentés à la Galerie Clairefontaine en 2001. «L’occasion jusqu’ici ne s’est jamais présentée», glisse le photographe eschois, qui sans avoir de projet pour Esch 2022, est heureux de pouvoir présenter son regard pointu sur le passé d’un site industriel, qui en 2025, en principe, devrait accueillir le flambant neuf bâtiment des Archives nationales. Yvon Lambert a par ailleurs décidé de léguer, après l’exposition, ses photographies aux Archives. 

Le 28 août 1997 le haut-fourneau B d’Esch-Belval poussait son dernier souffle. Pour l’Arbed une page importante de son histoire allait se tourner. Un témoin a suivi pas à pas ces bouleversements: le photographe Yvon Lambert a passé toujours en août 1997 trois semaines sur le site sidérurgique son appareil à la main. «Non pas pour photographier le site et les installations, mais pour capter les derniers instants de tous ceux qui y ont travaillé. Dans tous mes travaux, je me concentre sur les personnes que je suis amené à croiser», fait valoir Yvon Lambert. 

Yvon Lambert ou le souvenir d'un passé sidérurgique.
Yvon Lambert ou le souvenir d'un passé sidérurgique.
Photo: Claude Piscitelli

En décidant de porter un dernier regard sur le haut-fourneau, Yvon Lambert à l’époque ne s’est pas retrouvé en terres inconnues. Bien en contraire. Avant d’aller étudier la photographie à Bruxelles et d'en faire son métier comme artiste indépendant, il était pendant quatre années ingénieur au service construction de l’Arbed Differdange en charge de nombreux chantiers sur différents sites. «Ce passé m’a aidé à avoir les autorisations nécessaires, mais m’a fait prendre conscience dans la pénibilité et de la dangerosité du travail de ces ouvriers. Le bruit, la poussière, la chaleur faisaient partie de leur quotidien. Ce sont tous ces aspects que j’ai voulu mettre en image.» 

Un hommage aux ouvriers 

Il s’agissait donc bel et bien d’un hommage à tous ces ouvriers de l’Arbed, qui ont forgé par leurs durs labeurs la richesse du pays. Pour ce faire, Yvon Lambert a suivi l’adage du célèbre photographe: «Un œil du photographe, grand ouvert, regarde à travers le viseur, l’autre, fermé, regarde de l’intérieur de sa propre âme». 

«Minettsdapp» dans l’âme – il a passé son enfance à Pétange et vit depuis plus de 30 ans à Esch/Alzette – Yvon Lambert est donc un enfant du pays, qui a vécu au plus près l’omniprésence de l’Arbed dans la vie au quotidien. C’est cette expérience qu’il voulait à l’époque partager avec cette série de photographies «Derniers Feux». 

Emotions vécues et humaines  

Les quelque 60 clichés présentés aux Archives nationales – et les 90 photos publiées dans un livre -catalogue en parallèle de l’exposition – sont autant de moments d’émotions vécues et humaines. «Il faut être discret, savoir se faire oublier pour être au plus près des sujets» explique le photographe, qui pour cette série «Derniers Feux» a utilisé une technique bien particulière. 

«Tous ces portraits ont été réalisés à la lumière naturelle, sans flash. J’ai dû utiliser des larges ouvertures et des temps d’exposition longs, limitant quelque la profondeur de champ. Et toujours sans téléobjectif, j’utilise des optiques normales, voire à certains moments de légers grands-angles. Pour être au plus près du sujet. Cette proximité est primordiale.» 

Le photo recherche la prise de risque.
Le photo recherche la prise de risque.
Photo: Claude Piscitelli

Prise de risques

Les clichés d’ Yvon Lambert ont tous été pris avec un appareil argentique. Là encore, l’artiste a son explication: «Bien sûr, cela n’a rien d’anodin. Prendre une photo en argentique comporte toujours des risques: la prise de vue, le développement et le tirage finalement ne sont jamais à l’abri d’accident. C’est ce que j’appelle des images latentes. Cette prise de risque m’attire.» 

Autre caractéristique: le choix délibéré du noir et blanc. «Le regard en noir et blanc est différent, plus profond et davantage contrasté. La couleur souvent ne sert que d’emballage.» Le noir et blanc, avec toutes ses nuances, confère-t-il plus de nostalgie aux clichés? «Je préfère parle d’ambiance, de ressentiment». 

 Ce travail, pour Yvon Lambert, est avant tout le «constat de quelque chose qui a existé et qui aujourd’hui a disparu.» Cette série s’adresse aussi aux jeunes qui n’ont pas connu cette époque, insiste le photographe. 

Exposition «Derniers Feux», photographies d’Yvon Lambert aux Archives nationales de Luxembourg jusqu’au 30 avril 2022. Du lundi au vendredi de 8 à 16 heures. Entrée libre.Infos et vente du catalogue de l’exposition (45 euros) sur: www.anlux.public.lu 

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