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Un huis clos à trois temps
Kultur 2 5 Min. 16.12.2020 Aus unserem online-Archiv

Un huis clos à trois temps

Claire Parsons et Jérôme Klein ont élu domicile le temps de l’enregistrement de trois chansons au Bâtiment IV du domaine Schlassgoart d’Esch-sur-Alzette.

Un huis clos à trois temps

Claire Parsons et Jérôme Klein ont élu domicile le temps de l’enregistrement de trois chansons au Bâtiment IV du domaine Schlassgoart d’Esch-sur-Alzette.
Photo: Chris Karaba
Kultur 2 5 Min. 16.12.2020 Aus unserem online-Archiv

Un huis clos à trois temps

Thierry HICK
Thierry HICK
Claire Parsons est la quatrième invitée des «Pop Up Sessions» de la Rockhal.

Elle a froid, veut prendre une veste et revient enveloppée dans une écharpe. Elle enchaîne les prises sans relâche, elle sait que le temps presse. Derrière son micro, accompagnée par Jérome Klein au clavier, Claire Parsons est venue interpréter trois titres: «Run From The Moon» mais aussi «Nebula» et «Ursa Major», deux extraits de son dernier opus «In Geometry

 Le cadre de ce showcase est inhabituel et ne ressemble en rien à une scène de concert. Les deux musiciens se retrouvent quelque peu à l’étroit dans une pièce du sous-sol du Bâtiment IV du domaine Schlassgoart d’Esch/Alzette. C’est dans cette bâtisse désaffectée d’ArcelorMittal que le collectif Cueva a présenté quelques jours auparavant une exposition collective. L’artiste Sandra Biewers y proposait une installation dans cette pièce là-même où quelques jours plus tard s’est installée Claire Parsons pour l’enregistrement du quatrième épisode des «Pop Up Sessions» de la Rockhal. 

Un décor girly

 Une pièce d’un blanc étincelant, entrecoupée de formes d’oiseaux et papillons volants et de quelques tubes néon plongeant le lieu dans une atmosphère particulière. Un set bien à l’image des trois titres de Claire Parsons: intimité, mélancolie, quelque peu surréalistes, voire surannées, se fondent dans le décor. «Je trouve l’atmosphère de cette pièce très positive, un peu girly même. Je suis très heureuse de pouvoir jouer ici ma musique, qui je trouve correspond tout à fait à ce lieu». 

Au début c'est bizarre de voir le public remplacé par des caméras. A la fin on s'y habitue tout de même.

Claire Parsons, musicienne

«Notre but est de choisir à chaque fois des lieux insolites, emblématiques que les musiciens ou le public n’ont pas l’habitude de fréquenter. Nous voulons aussi trouver pour chaque musicien ou chaque groupe que nous invitons, le site qui convient le mieux à sa musique», explique Sam Reinard, le responsable du Rocklab de la Rockhal, en charge de la mise sur pied de ces rendez-vous musicaux originaux. 

 Ces sessions sont «une réaction à la situation actuelle. Il s’agit de recréer avec ce concept l’énergie du live». Il n’est donc pas question d’ersatz, mais de trouver en cette période d’arrêt forcé de toutes activités normales, une option complémentaire, insiste l’organisateur. «Faute de mieux», se console Sam Reinard.

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 Avant Claire Parsons, The Grund Club, Napoleon Gold et Francis of Delirium se sont pliés à l’exercice des «Pop Up Sessions». Les premiers clips furent tournés sur le parking extérieur de la Rockhal ou sur une terrasse surélevée d’un bâtiment en face de la gare de Luxembourg.

Notre but est de choisir à chaque fois des lieux insolites, que les musiciens ou le public n’ont pas l’habitude de fréquenter.

Sam Reinard, responsable du Rocklab

En live, sans tricher 

Le but est aussi de faire jouer les musiciens en live. Pas question de tricher, de recourir au playback, même si cela implique des contraintes supplémentaires. Au chant et effets sonores de Claire Parsons viennent se greffer les sonorités si particulières et oscillantes du Rhodes Fender Mark 1 Stage Piano de Jérôme Klein. «L’instrument n’est pas facile à trimbaler, mais j’aime son côté mécanique et le son un peu sale, brut», note le pianiste. 

 Alors que Claire Parsons et Jérôme Klein s’activent autour des papillons et oiseaux de Sandra Biewers, des techniciens de la Rockhal assurent à partir d’une autre pièce la régie son. 


La régie son, installée dans une autre pièce, suit de près la chanteuse.
La régie son, installée dans une autre pièce, suit de près la chanteuse.
Photo: Chris Karaba

 Les deux musiciens sont suivis à la trace par plusieurs caméras, l’une d’entre elles est accroché au plafond de la «salle de concert». La partie vidéo est confiée à Skin, une société spécialisée dans la production de clips musicaux. Au vu des dimensions réduites des lieux de tournage, les cameramen doivent se contenter de shooter leurs images à partir du seuil de la pièce où jouent Claire Parsons et Jérôme Klein. Tout le monde se croise gentiment, le port du masque est obligatoire, le silence est total, l’ambiance détendue et le ballet entre tous les intervenants bien rodé. Même un seau de peinture blanche est à portée de main en cas de retouches de dernière minute.


Photo: Chris Karaba

Le temps presse

Mais le temps presse. La mise en place, une rapide répétition et la mise en boite finale doivent être bouclées dans les plus brefs délais. Pour chaque tournage des «Pop Up Session» seules quelques heures de tournage sont prévues. Viennent ensuite le mixage du son à la Rockhal et la postproduction. 

 Lors de l’enregistrement des chansons du Grund Club, un nombre très restreint de spectateurs était admis sur le set. Faut dire que cette séance avait lieu à l’extérieur. Mais depuis lors, les règles sanitaires ont été renforcées et le Bâtiment IV ne se prêtant pas à l’accueil de spectateurs, c’est finalement à huis clos que les deux musiciens se produisent. «Pour nous musiciens, notre raison d’être est finalement le contact avec les spectateurs. Au début c’est bizarre de voir le public remplacé par des caméras. A la fin on s’y habitue tout de même. C’est aussi le prix à payer en cette période de crise», précise Claire Parsons, qui prépare un nouvel album. «La situation actuelle m’a imposé un moment de repos, de calme. Ce fut aussi l’occasion d’être créative et d’expérimenter de nouvelles choses». 

Bientôt sur YouTube

 Dans quelques semaines, les images tournées au Bâtiment IV seront publiées sur la chaîne YouTube de la Rockhal. Les trois premiers épisodes des Pop Up Sessions ont connu un bon écho auprès du public: 15.000 views pour Grund Club, 19.000 pour Francis of Delirium et 23.000 pour Napoleon Gold. Des résultats encourageants, selon Sam Reinard, qui invite d’autres groupes du pays à se laisser tenter par l’aventure. «Les demandes sont encore timides». Dix sessions sont prévues, d’autres pourraient se rajouter. 

 Claire Parsons et Jérôme Klein pourront ajouter cette nouvelle vidéo à leur curriculum vitae musical. «Ces enregistrements, au-delà de renouer le contact avec le public, peuvent pour les musiciens aussi servir de carte de visite pour promouvoir leur travail.» Et ainsi répondre à l’une des missions principales du Rocklab: soutenir la scène rock’n’roll du pays. 

 www.rocklabsessions.lu

 www.parsonsclaire.com

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