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Un face–à-face endiablé au Casino Luxembourg
Kultur 1 3 Min. 29.12.2020

Un face–à-face endiablé au Casino Luxembourg

Une thématique complexe déclinée autour de propositions variées.

Un face–à-face endiablé au Casino Luxembourg

Une thématique complexe déclinée autour de propositions variées.
Photo: Gerry Huberty
Kultur 1 3 Min. 29.12.2020

Un face–à-face endiablé au Casino Luxembourg

Thierry HICK
Thierry HICK
L’exposition «L’homme gris» pose des questions qui peuvent fâcher ou troubler.

Peut-être vous ne croiserez jamais le Diable. Sauf si vous vous aventurez rue Notre-Dame et que vous poussez la porte du Casino Luxembourg. Là vous serez accueillis par Jan Fabre, coiffé d’un melon surmonté de cornes rouges. L’énigmatique artiste et trublion belge avec sa peinture «Will Doctor Fabre Cure You?» conduit le visiteur au premier étage du Casino Luxembourg, où les vastes cimaises proposent un intense dialogue entre le Bien et le Mal. L’Homme, coincé entre ces deux extrêmes, n’a que bien se tenir, d’autant plus que le Diable – sujet central de cette exposition malicieusement intitulée «L’homme gris» comme pour mieux laisser la porte ouverte à toutes les éventualités – rôde. 

 «A quoi ressemble le Diable aujourd’hui? Même s’il garde les même atouts, ses apparences évoluent. C’est à cette question que certains artistes avec leurs créations apportent des réponses», explique Benjamin Bianciotto, le commissaire de l’exposition, qui a consacré sa thèse de doctorat au thème «Figures de Satan: l’art contemporain face à ses démons, de 1969 à nos jours». 


Une thématique complexe déclinée autour de propositions variées.
Une thématique complexe déclinée autour de propositions variées.
Photo: Gerry Huberty

«Sortir de la norme»

 L’exposition «L’homme gris» répond à la volonté de Kevin Muhlen, le directeur du Casino Luxembourg, de «sortir de la norme», donc de poser des questions qui peuvent fâcher ou troubler. La centaine d’œuvres rassemblées par Benamin Bianciotto répond à cet appel. Le doute, l’incertitude, le questionnement, donc l’éternelle remise en question des habitudes et des croyances, fixent le rythme de l’exposition dont la scénographie a autant d’un parcours labyrinthique que du parcours du combattant. 

A chaque étape, le visiteur rencontre le Diable, Satan ou Lucifer. Chaque artiste proposant sa vision de voir les choses. La série des stylos sur papier «Remnants of a Broken Dawn» de Sindre Foss Skancke a elle seule demande un effort particulier: les dessins ne sont pas exposés à la verticale, mais à l’horizontale. 

Le visiteur doit se pencher au-dessus de caissons en bois pour les découvrir. Le parcours est volontairement parsemé d’obstacles. «Cela contribue à nous faire perdre nos repères, à nous faire prendre conscience d’une perte de liberté», s’amuse le commissaire.

 Ce jeu va se poursuivre à différentes échelles tout au long de cette déambulation inédite. Les cinq poupées sous verre de la série «Apologize» interpellent, dérangent. Gisèle Vienne introduit la notion de double miroir pour imposer un renversement de perspectives. Elodie Lesourd fait se rapprocher avec deux pochettes de disques reprenant une même illustration, le très catholique compositeur Olivier Messiaen et le groupe de death metal américain Morbid Angel. 

Une thématique complexe déclinée autour de propositions variées.
Une thématique complexe déclinée autour de propositions variées.
Photo: Gerry Huberty

Une actualité plus ou moins récente

 L’actualité plus ou moins récente n’est pas absente. Les sculptures de Christine Borland «L’homme double» mettent en scène le médecin nazi Josef Mengele, l’«Ange de la Mort» pour nous rappeler que l’homme est capable des pires atrocités. 

 Bianca Bondi et ses techniques mixtes «Bloom» éclairent la décrépitude écologique du monde, tandis qu’Alex Bag profite de l’occasion qui lui est donnée pour s’en prendre vivement à l’emprise du capitalisme sur nos modes de vies. Les propositions déclinées par cette palette d’artistes sont vastes, colorés et plurielles. Au même titre que les déclinaisons multiples qu’offre ce face-à-face endiablé avec celui qui aujourd’hui encore défend sa part de mystère. 

  Sans peurs et sans scrupules  

Le mérite de Benjamin Bianciotto aura été d’aborder le sujet sans peurs et sans scrupules, grâce comme il le souligne «à des artistes ont justement réussi le tour de force d’arriver à relier deux extrêmes...» 

 L’exposition «L’homme gris» est ouverte au public jusqu’au 31 janvier 2021. A noter pourtant que le Casino Luxembourg, comme toutes les autres institutions culturelles, restera fermé du 26 décembre au 10 janvier pour cause de lockdown. Infos supplémentaires sur: www.casino-luxembourg.lu

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