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Un constat, des débats et des idées
Kultur 1 6 Min. 09.11.2021
Assises sectorielles

Un constat, des débats et des idées

Deux tables rondes furent consacrées au paysage orchestral et au statut du musicien professionnel.
Assises sectorielles

Un constat, des débats et des idées

Deux tables rondes furent consacrées au paysage orchestral et au statut du musicien professionnel.
Photo: Gerry Huberty
Kultur 1 6 Min. 09.11.2021
Assises sectorielles

Un constat, des débats et des idées

Thierry HICK
Thierry HICK
Après les musiques amplifiées et le théâtre, place mardi matin au Cape de la musique classique.

Sam Tanson en ouverture a tout d’abord rappelé que ces Assises sectorielles sont et restent un work in progress: «Les échanges avec le secteur sont importants. Nous allons écouter attentivement ce qui va être dit et allons en tirer les conclusions par la suite». La ministre de la Culture devait livrer à l’issue des discussions une première conclusion sans appel. 

 Les musiques rock-pop-électro en mars à la Rockhal et le théâtre en juin au théâtre d’Esch/Alzette, ce fut au tour du secteur de la musique classique d’être passé au crible hier matin au Centre des Arts pluriels d’Ettelbruck. Le troisième volet des Assises sectorielles – parties intégrantes du «Kulturentwecklungsplang» –, comme les deux précédentes éditions, avait pour but de présenter en long et en large un secteur en particulier. Mais aussi de relever quelques spécificités, doléances et inquiétudes de tous ceux qui font vivre la musique classique au Luxembourg.  

La pianiste Cathy Krier et la violoniste Laurence Koch ont assuré l'encadrement musical des Assises.
La pianiste Cathy Krier et la violoniste Laurence Koch ont assuré l'encadrement musical des Assises.
Photo: Gerry Huberty

 Un mot de bienvenue de la ministre de la Culture, un état des lieux complet commandité par le ministère de la Culture, deux tables rondes thématiques et une conclusion de la même ministre: le mode d’emploi des Assises n’a pas été modifié. 

Les débats ont cette fois-ci été modérés par Luc Boentges, rédacteur musical de la radio 100,7 et furent entrecoupés d’interludes musicaux de la pianiste Cathy Krier et de la violoniste Laurence Koch. Parler de musique sans musique paraissait inconcevable. 

Sara Kaiser a ausculté le secteur de la musique classique du pays.
Sara Kaiser a ausculté le secteur de la musique classique du pays.
Photo: Gerry Huberty

Sara Kaiser, spécialiste en management culturel, a au nom du ministère de la Culture mené l’enquête auprès des professionnels de tous horizons du secteur de la musique classique. Son travail de recherches s’est porté sur la période allant de 2018 à 2020 avec 2019 comme année de référence. Elle s'est concentrée sur les acteurs professionnels du secteur, elle n’a donc pas pris en compte la pratique amateur ou individuelle. Les questions purement historiques ou de l’ordre de l’enseignement musical n’ont pas non plus été traitées. 

Le bilan final de Sara Kaiser laisse apercevoir des points positifs et encourageants. Tout comme certaines lacunes ou manquements. 

 Avec quelque 500 concerts de musique classique – au sens le plus large du terme – le pays peut se prévaloir d’un haut niveau professionnel. Ce constat est le reflet d’une offre croissante, le bénévolat n’est pas à négliger dans cette évolution. Autre constat positif: avec l’émergence de nouvelles structures, se développe la professionnalisation des musiciens – un souhait cher aux responsables politiques depuis des nombreuses années. 

Cette diversité des acteurs engagés sur le terrain, le bon niveau de formation et la présence des musiciens du pays au-dehors de nos frontières, n’est pas sans revers selon Sara Kaiser. 

Vu la taille du pays, nous ne pouvons nous permettre un nombre indéfini d’orchestres professionnels.

Sam Tanson, ministre de la Culture

Un manque de coordination 

La scène classique offre une image hétérogène, souvent trop peu coordonnée. Le travail de lobbying du secteur fait défaut. Certains grands acteurs font trop appel aux subventions publiques, et le financement privé reste limité. Le pays, au vu de sa taille, doit composer avec un potentiel de musiciens limité. L’attractivité de la Philharmonie impacte l’offre régionale... La qualité, plus que la quantité, doit rester le mot d’ordre. Même en cette période d’un marché troublé et incertain en cette période de pandémie.

Sara Kaiser préconise plus de perspectives d’avenir, une analyse pointue du potentiel artistique et personnel des musiciens et acteurs du secteur, une meilleure mise en réseau des forces en présence, plus de soutiens et coordinations. Mais aussi des lieux propres à la création... 

Un panel de spécialistes

 Après cette vaste présentation, Luc Boentges, a invité un panel de spécialistes à échanger autour de deux thèmes centraux. Carl Adelsteinsson (directeur du Cape, président de l’Alliance musicale), Pit Ewen (administrateur du nouvel Orchestre des Jeunes Luxembourg), Stephan Gehmacher (directeur de la Philharmonie), Florence Martin (administratrice de l’ensemble Lucilin) et Anik Schwall (musicienne) ont dans un premier temps débattu sur «La structuration du paysage orchestral au Luxembourg – Situation actuelle, besoins et perspectives». 

Le thème était prometteur, les invités bien choisis. Et pourtant, comme bien souvent dans tel genre d’exercice, les propos sont restés réservés, policés, sans heurts. 

Anik Schwall s’est réjouie des multiples propositions musicales qui s’offrent à elle. Pit Ewen, qui gère un orchestre d’amateur, a pointé du doigt le niveau de ses jeunes musiciens. Florence Martin a souligné l’importance d’un climat de stabilité, entre autre financière, pour pouvoir mener des projets à long terme. La question sur le nombre d’orchestres en activité a été posée. Et a été quelque peu esquivée pour ne pas froisser les esprits. Stephan Gehmacher, comme d’autres intervenants, a mis l’accent sur le répertoire abordé par les différents ensembles, petits ou grands. Avec un constat à la clef: la programmation musicale de tout un chacun doit attirer un public propre et spécifique. 

Sam Tanson a ouvert et clôturé les débats.
Sam Tanson a ouvert et clôturé les débats.
Photo: Gerry Huberty

L’offre pour les jeunes 

Comment attirer les jeunes au concert? Cette interrogation taraude les organisateurs depuis des lustres. Certaines voies empruntées sont prometteuses. Il s’agit là d’une plus-value à défendre à tout prix, insiste Carl Adelsteinsson. 

La question de l’enseignement, également abordée, a servi de passerelle vers la seconde table ronde «Comment définir le musicien professionnel aujourd’hui? – Quels plans de carrière ?», cette fois-ci animée par Arend Herold (directeur de l’INECC, secrétaire de l’Alliance musicale), Max Mausen (musicien), Marc Meyers (directeur du Conservatoire de Luxembourg), Albena Petrovic Vratchanska (compositrice) et Francesco Tristano (pianiste et compositeur). 

 Mené au pas de course pour respecter l’horaire, ce deuxième round a fait la lumière sur le métier du musicien professionnel. Un but à atteindre pour Max Mausen, un challenge de plus en plus diversifié pour Francesco Tristano. Marc Meyers a signalé les profonds bouleversements pour les jeunes musiciens qui veulent suivre cette voie et le rôle d’une institution d’enseignement, tel un conservatoire, dans l’accompagnement de ceux qui veulent franchir le pas. 

Pour Albena Petrovic Vrtachanska, un compositeur ne peut exister sans la présence de bons musiciens. Arend Herold, actif dans le domaine du chant choral, donc moins concerné par la professionnalisation des musiciens, a, tout comme Franceso Tristano, pointé du doigt l’importance croissante des réseaux sociaux. 

Le métier de musicien s’est diversifié et complexifié.

Franceso Tristano, pianiste et compositeur

De nombreuses questions abordées

La place des musiciens luxembourgeois dans des formations orchestrales du pays (OPL) et celle des compositeurs luxembourgeois dans la programmation a aussi été abordée. Tout comme les questions de promotion, de marketing, des études musicales et du rôle des institutions... 

Ces Assises sectorielles ont une fois encore balayé un large champ thématique. Les débats polis ont permis aux acteurs de s’exprimer, de poser certaines questions. «Les discussions sont importantes», a déclaré Sam Tanson, «les questions d’éducation sont primordiales. Pour aider le public de demain, jeune, à surmonter son appréhension face à la musique classique, il faut lui donner les moyens de comprendre.» 

La ministre de la Culture, sans appel, a conclu: «Vu la taille du pays, nous ne pouvons nous permettre un nombre indéfini d’orchestres professionnels.» 

Retrouvez l'ensemble des discussions et débats:

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