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Un amour condamné
Kultur 1 2 Min. 30.06.2018 Aus unserem online-Archiv

Un amour condamné

L'écrivain Jacques Tondelli (Pierre Deladonchamps, devant) rencontre avec le jeune étudiant breton Arthur Prigent (Vincent Lacoste) l'homme de sa vie.

Un amour condamné

L'écrivain Jacques Tondelli (Pierre Deladonchamps, devant) rencontre avec le jeune étudiant breton Arthur Prigent (Vincent Lacoste) l'homme de sa vie.
Photo: Les Films Pelléas
Kultur 1 2 Min. 30.06.2018 Aus unserem online-Archiv

Un amour condamné

Vesna ANDONOVIC
Vesna ANDONOVIC
A lire le synopsis de «Plaire, aimer et courir vite» on ne peut s'empêcher d'avoir un sentiment de déjà-vu: un jeune homme gay rencontre l'homme de sa vie, mais la maladie coupe court à leur romance. Même s'il ne convainc pas entièrement, le film de Christophe Honoré n'en demeure pas moins nécessaire.

Il y a des films qui amusent, ceux qui interpellent et d'autres encore qui fâchent. Et puis il y a ceux qui – même s'ils ne sont pas de véritables réussites – sont nécessaires: «Plaire, aimer et courir vite» fait indéniablement partie de cette dernière catégorie. Et il est d'autant plus actuel que la thématique qu'il aborde – à savoir celle du sida – quant à elle ne semble réussir de nos jours qu'à capter véritablement l'attention du grand public uniquement un premier décembre, Journée mondiale de lutte contre le sida. On l'aura compris: «Plaire, aimer et courir vite» a le mérite de rappeler à la conscience collective que malgré des traitements médicaux de plus en plus efficaces, le syndrome d'immunodéficience acquise continue à faire des ravages.

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Pas étonnant donc que le sida se porte bien – surtout à l'écran où il a une longue tradition: non seulement outre-Atlantique avec des films tels «Philadelphia» (1993) ou encore «Dallas Buyers Club» (2013), mais aussi chez nos voisins français. Cependant depuis «Les nuits fauves» (1992) en passant par «N'oublie pas que tu vas mourir» (1995) ou encore «Jeanne et le garçon formidable» (1998), il aura quand même fallu attendre le remarquable «120 battements par minute» pour que le sujet refasse surface en force.

Une histoire d'amour

Sacré par le Grand Prix du Jury l'année passée au Festival de Cannes, le film de Robin Campillo a en commun avec le dernier opus de Christophe Honoré sa présence sur la Croisette. Mais les similitudes s'arrêtent bien là, car si Campillo livre un film militant et engagé, Honoré raconte une histoire d'amour.

Jacques, auteur de théâtre parisien, rencontre dans les années 90 le jeune étudiant breton Arthur dont il tombe amoureux. Alors que cet amour devrait lui redonner espoir, il ne fait qu'accentuer sa détresse face à la maladie, la déchéance physique et la mort qui l'attendent. Malgré l'urgence, les deux hommes vont s'aimer...

Une gênante froideur formelle

Christophe Honoré assume son approche de la romance jusqu'au bout de son film, alors même qu'elle est un tantinet trop réductrice face à l'ampleur de la thématique et qu'il met ainsi constamment en exergue le majeur défaut de «Plaire, aimer et courir vite», qui est sa perceptible voire gênante froideur formelle. Par chance – ou est-ce là le fruit du hasard – le scénario qu'il signe comporte quelques rares moments de grâce visuelle et de petites phrases qui confèrent au film une humanité qui ne peut laisser indifférente. Tous deux rendent – in extremis – supportable le côté maniéré de l'ensemble.

Avec Pierre Deladonchamps Honoré dispose d'un autre atout majeur, car son acteur principal porte à lui seul l'émotion du film avec une justesse et retenue admirables. Notons Denis Podalydès en voisin Mathieu et qui apporte une touche de légèreté et humour salutaire.

Au final «Plaire, aimer et courir vite» aurait pu être un grand film, mais capote face à ses propres ambitions.