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Suzanne Cotter assume son choix
Kultur 4 Min. 24.04.2018 Aus unserem online-Archiv

Suzanne Cotter assume son choix

«La Chapelle» retrouvera le 28 mai les cartons de la collection du musée.

Suzanne Cotter assume son choix

«La Chapelle» retrouvera le 28 mai les cartons de la collection du musée.
Photo: Christian Aschmann
Kultur 4 Min. 24.04.2018 Aus unserem online-Archiv

Suzanne Cotter assume son choix

Thierry HICK
Thierry HICK
La décision fait jaser: «La Chapelle», du Mudam va être démontée. A trois jours de son audition par la commission Culture de la Chambre des députés, Suzanne Cotter justifie son choix et assume sa décision. L'artiste Wim Delvoye tire à boulets rouges sur la nouvelle directrice.

«La Chapelle» de l'artiste flamand Wim Delvoye semblait faire partie des meubles du Mudam. Elle occupe depuis 2006 un espace du premier étage. Aujourd'hui, la monumentale installation va rejoindre les cartons de la collection du musée. Contrairement à ce qui a pu être avancé, «la décision n'a pas été prise par le conseil d'administration», explique Paul di Felice, l'un des vice-présidents de l'établissement public. «L'idée vient de certains collègues. Ensuite, c'est bien moi qui ai pris la décision finale», fait valoir Suzanne Cotter, qui a pris la succession d'Enrico Lunghi au début de l'année. «Nous comprenons l'argumentaire qui a accompagné cette décision», précise Paul di Felice.

Suzanne Cotter explique, se justifie. L'espace ainsi libéré après le départ de «La Chapelle» servira tout d'abord aux activités pédagogiques du musée. Un domaine que la nouvelle maîtresse des lieux veut développer durant son mandat. The Leir Charitable Foundations vient d'ailleurs de prolonger de dix années son engagement et son soutien dans sa «mission pédagogique de développer son programme dédié aux écoles, enfants, familles, jeunes et adultes, et d'amplifier ses actions en vue de créer un accès à l'art adapté aux besoins spécifiques de tous....».

Autre volonté clairement affichée par la nouvelle directrice: «Nous voulons davantage mettre l'accent sur les œuvres de la collection du Mudam, dont certaines n'ont plus été montrées au public depuis des années.»

Suzanne Cotter.
Suzanne Cotter.
Photo: Lex Kleren

Coup de balai ou règlement de comptes?

Certains voient dans cette première décision de Suzanne Cotter un coup de balai avec l'ère Lunghi, voire même un règlement de comptes. L'intéressée rejette avec violence la critique. La directrice n'a pas pris tout de suite conscience de l'émoi provoqué par sa décision, mais avoue aussi avoir ensuite été «étonnée, choquée et angoissée» par l'ampleur des réactions.

L'idée vient de certains collègues du Mudam. Ensuite, c'est bien moi qui ai pris la décision finale. Suzanne Cotter

Au-delà des débats souvent houleux sur les réseaux sociaux et du peu de communication tant du musée que du conseil d'administration, le député ADR Fernand Kartheiser s'est pour sa part fendu d'une réponse parlementaire. Pour le ministre de la Culture, la responsabilité du choix programmatique du musée incombe uniquement à la directrice. Une réponse suffisante aux yeux de Xavier Bettel et de son secrétaire d'Etat Guy Arendt, puisque tous deux n'ont pas jugé nécessaire de répondre à une nouvelle sollicitation de notre part. «La réponse à la question parlementaire reste valable», explique Max Theis, chargé de communication du ministère de la Culture.

«Suzanne Cotter s'en fout du Luxembourg»

Wim Delvoye est quant à lui nettement plus loquace et ne cache pas sa colère, sa déception. «Elle vient tout juste d'arriver, je trouve sa décision suspecte, comme si elle voulait balayer le passé. Elle fait le contraire de ce qu'elle annonçait dans ses premières interviews. J'ai essayé de lui parler à plusieurs reprises sans succès. Souvent, elle dit n'importe quoi pour expliquer son geste.»


www.christian-aschman.com
Kinderateliers statt "Chapelle" im Mudam
Die Kapelle aus Metall, die der belgische Künstler Wim Delvoye nach gotischem Vorbild als Auftragsarbeit des Mudam geschaffen hat, soll Platz machen für Kinderateliers.

La charge de l'artiste est lourde. Pas de quoi démonter Suzanne Cotter. «Ces accusations sont fausses, j'ai été en contact avec lui». Pour la directrice, Wim Delvoye – au caractère «dur» – est comme tous les artistes: «Ils veulent défendre leur travail. Wim Delvoye doit comprendre qu'il y a aussi d'autres grands artistes qui peuvent être exposés ici». Et qu'après douze années, «La Chapelle» doit céder sa place.

J'espère que dans six mois le peuple du Luxembourg pourra évaluer la nouvelle directrice. Wim Delvoye

Wim Delvoye.
Wim Delvoye.
Photo: Chris Karaba

«Je crois que Suzanne Cotter s'en fout du Luxembourg, elle ne s'intéresse pas au pays où elle vient d'arriver. Cette chapelle fait partie du musée et de son architecture, on vient souvent que pour voir cette œuvre», renchérit Wim Delvoye. «Personne n'ose lui poser des questions. J'espère que l'opinion publique ou que quelques parlementaires vont faire bouger les choses. Au Luxembourg avec un seul coup de téléphone on peut débloquer des situations. J'espère aussi que dans six mois, le peuple luxembourgeois pourra évaluer la nouvelle directrice du Mudam.»


Cathérine Gaeng, le 11 Avril 2018. Photo: Chris Karaba
Wut im Bauch
Catherine Gaeng hat eine ganz persönliche Chronik der „Affäre Lunghi“ geschrieben.

Il est encore trop tôt pour dire si, après ce chapitre, l'artiste flamand va poursuivre son idée d'une cathédrale gothique de 175 mètres construite sur une friche d'ArcelorMittal, que Xavier Bettel lui a déjà fait visiter.

En attendant, Suzanne Cotter devra présenter ce vendredi à la commission Culture de la Chambre des députés la politique artistique d'un musée qu'elle veut avant tout «ouvert sur le pays et son public». «J'y vais pour présenter mes visions et mes idées. Ce sera une première pour moi qui ne parle pas la langue politique.»


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