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«Son-Mother»: Un choix de vie difficile
Kultur 1 3 Min. 08.05.2021

«Son-Mother»: Un choix de vie difficile

 Le combat de Leila reste sans réponse.

«Son-Mother»: Un choix de vie difficile

Le combat de Leila reste sans réponse.
Photo: Europe Media Nest /Filmiranmother
Kultur 1 3 Min. 08.05.2021

«Son-Mother»: Un choix de vie difficile

Thierry HICK
Thierry HICK
Critique ciné: Mahnaz Mohammadi signe un drame familial entre tradition et déchirement.

Leila élève seule ses deux enfants et travaille dans une usine de fabrication de fils. Son emploi est menacé. Elle est visiblement veuve. Entourée d’hommes à son travail, Leila doit faire face à des avances de Kazem, un chauffeur de bus indépendant au service de son employeur. Ce dernier lui propose une nouvelle et surtout meilleure vie. Seul problème: l’amant ne peut accueillir dans son foyer Amir, le jeune fils de Leila, il est père d’une jeune fille. Faire loger sous un même toit les deux enfants est impossible en Iran, pays où les lois coraniques et les traditions sont à respecter. Déchirée, Leila la mère de famille, devra faire un choix de vie difficile.

La réalisatrice iranienne Mahnaz Mohammadi réalise avec «Son-Mother» son premier long-métrage. Connue pour ses documentaires engagés, ce nouveau drame familial n’en est pas moins militant.

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Quel est le rôle et la place de la femme? A cette question primordiale, Mahnaz Mohammadi veut apporter une réponse précise et surtout sans détour. Même si le parcours pour atteindre le but est parsemé d’obstacles, la femme a le droit de faire des choix: «Son-Mother» tente d’en apporter la preuve. Et pourtant, Leila n’est finalement pas capable de forcer son destin, elle reste sous l’emprise, sous le poids, des obligations les plus diverses qui rythment sa vie. Médisances de collègues de travail, promesses impossibles, corruptions, petits arrangements entre amis... la liste des barrières à franchir est interminable.

Loin des grandes paroles

Mahnaz Mohammadi observe, documente et suit au plus près Leila et sa famille dans leur combat quotidien. Loin des dogmes, des grandes paroles, ce sont les petites histoires qui intéressent la réalisatrice, qui une fois encore, pointe du doigt, fustige une situation aussi réelle qu’oppressante.


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Leila tente donc par tous les moyens de s’en sortir, n’hésitant pas à accepter les petites combines d’un jour ou, plus grave encore, l’inacceptable. Dos au mur, sous l’emprise de Bibi – une vieille dame qui semble-t-il lui veut du bien –, la mère va franchir le pas si longtemps refusé et redouté. Leila se sépare d’Amir, du moins momentanément, le moment de trouver une solution durable. Elle est fortement convaincue du bien-fondé de sa lourde décision. Le jeune garçon se retrouve malgré lui dans un pensionnat pour enfants sourds.

Une société opprimante

Clap de fin d’une première partie entièrement filmée sous l’angle de la position de la mère. Leila disparaît de l’écran pour laisser la place à Amir, au centre des débats du deuxième épisode. Isolé, tourmenté, énigmatique, le garçon se referme, se replie sur lui-même. Et refuse finalement d’accepter le sort que les adultes lui imposent.

Décidé, il prendra la fuite... pour rejoindre sa mère. «Son-Mother» n’apporte pas de réponse finale. La fin reste ouverte, Mahnaz Mohammadi se refusant à toute forme d’épilogue. Une manière aussi pour elle de continuer à dénoncer une forme de société opprimante.

Les méandres de la vie

Tourné souvent en extérieur dans les rues de Téhéran, le film, décortique les méandres de la vie tourmentée d’une jeune femme en perte de repères. Au-delà des considérations sociétales ou religieuses propres à l’Iran, qu’elle connaît, la cinéaste iranienne porte à l’écran le combat d’une femme engagée, mais démunie et donc livrée à d’autres forces, qu’elle n’arrive plus à combattre.


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Les propos de Mahnaz Mohammadi ne sont jamais haineux ou agressifs. Bien au contraire, les personnages sont presque attachants dans leur diversité. C’est pourquoi le spectateur, témoin de ce drame humain, est au début encore pris entre deux vents. Peu à peu, il prend conscience de la gravité de la situation. Avant de pouvoir réagir, Mahnaz Mohammadi a déjà clos les débats... laissant ainsi à chacun le soin de conclure l’histoire qui s’est présentée à lui. Un exercice de style intéressant. 

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