Prise de position de la Sacem

Le projet Aiva continue d'alimenter la chronique

Xavier Bettel renouvelle son soutien à la start-up, la Flac renoue le dialogue et Aiva donne des précisions

Extrait de la partition "Aiva Ouverture" opus 23 en la mineur commandée pour la cérémonie de la fête nationale à la Philharmonie.
Extrait de la partition "Aiva Ouverture" opus 23 en la mineur commandée pour la cérémonie de la fête nationale à la Philharmonie.
Document: Aiva

par Thierry Hick  et Marie-Laure Rolland (à Cannes)

La commande à la start-up Aiva d'une composition musicale «artificielle» pour la fête nationale continue de faire parler d'elle. Le sujet s'est même invité au Festival de Cannes. Les auteurs-compositeurs ont par ailleurs contacté les responsables d'Aiva.

Après les critiques des auteurs-compositeurs, une première question parlementaire et des réponses du ministère de la Culture et de la société Aiva Technologies, c'est au tour de la Commission consultative des ayants droit (CCAD) de la Sacem Luxembourg de prendre position avec un communiqué de presse publié hier.

Certains points à clarifier

Le guitariste David 
Laborier, président de ladite commission de la société de gestion collective des droits d'auteur veut clarifier certains points. Le ministre de la Culture, Xavier Bettel, affirmait dans sa réponse à la lettre ouverte de la Fédération luxembourgeoise des auteurs-compositeurs: «Aiva [...] est officiellement reconnu comme compositeur auprès de la Sacem.»

David Laborier lui répond: «M. le Ministre de la Culture fait une déclaration erronée concernant le statut de membre Sacem de l’algorithme Aiva. Le droit d’auteur est attribué aux personnes physiques [...] et ne peut être attribué à une personne morale [...]. Le compositeur en tant que personne physique peut, s’il le désire, déclarer ses œuvres sous un pseudonyme.»

A lire: la prise de position de la Commission consultative des ayants droit 
de la Sacem Luxembourg

Condamnation de vive voix...

Le président poursuit: «De ce fait, je me permets de condamner de vive voix le slogan employé par Aiva Technologies sur le site internet: ,I am the world’s first virtual artist recognized by an author’s rights society‘ et qui semble être la maxime de cette entreprise. [...] J’encouragerai donc Aiva à modifier, voir retirer ce slogan de toutes communications concernant leur entreprise.»

Document: Aiva

Précision d'Aiva

Pierre Barreau, CEO d'Aiva Technologies,  nous a contactés vendredi en début de soirée pour préciser: "Notre site web indique qu'Aiva est reconnue par la Sacem, du fait des dépôts enregistrés de ses oeuvres. Bien évidemment, notre IA  [intelligence artificielle] n'a pas encore de compte bancaire et ne peut pas signer de sa main, une personne physique est donc son tuteur légal en attendant son émancipation juridique."

La CCAD de la Sacem demande au ministre de la Culture de rectifier «sa communication sur le statut de membre d’une société de gestion collective des droits d’auteur de l’algorithme Aiva». Ensuite la commission souhaite une lettre d’intention «garantissant que les futures commandes étatiques viseront des personnes physiques et augmenteront en nombre.»


Réaction de Xavier Bettel à Cannes

Le ministre de la Culture, Xavier Bettel, en visite au pavillon luxembourgeois au festival de Cannes a rencontré Arnaud Decker, CMO d'Aiva Technologies. Dans une première réaction, le ministre de la Culture a renouvelé son soutien à la jeune start-up.

Le ministre de la Culture, en visite au festival de Cannes, a renouvelé son soutien à la start-up Avia.
Le ministre de la Culture, en visite au festival de Cannes, a renouvelé son soutien à la start-up Avia.
Photo: David Nivière

"Le train de la digitalisation ne doit pas partir sans nous. Je préfère être dans la locomotive que rester sur le quai", a déclaré jeudi Xavier Bettel. Avant de poursuivre: l'ordinateur ne remplacera jamais l'homme. Il faut que l'on travaille ensemble"

Nous avons également appris, que la Fédération luxembourgeoise des auteurs-compositeurs (Flac) a envoyé hier un e-mail aux responsables d'Aiva Technologies. «Maintenant que leur attitude semble moins agressive à notre égard, nous leur avons proposé de nous rencontrer. Il est temps de discuter ensemble et de mettre à plat certains malentendus pour travailler ensemble», indique Roland Wiltgen, le président de la Flac.