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Pierre Nimax sr : «Mon engagement n’a pas été en vain»
Kultur 6 Min. 22.09.2020

Pierre Nimax sr : «Mon engagement n’a pas été en vain»

Pierre Nimax sr dans les jardins de la Fondation Pescatore.

Pierre Nimax sr : «Mon engagement n’a pas été en vain»

Pierre Nimax sr dans les jardins de la Fondation Pescatore.
Photo: Julian Pierrot
Kultur 6 Min. 22.09.2020

Pierre Nimax sr : «Mon engagement n’a pas été en vain»

Thierry HICK
Thierry HICK
Pierre Nimax sr, qui fête ce mardi son 90e anniversaire, est heureux de voir la relève assurée.

Il aura tout fait dans sa vie de musicien: chef d’orchestre, chef de chœur, professeur, pianiste, compositeur, pédagogue. Pierre Nimax sr, aujourd’hui âgé de 90 ans, est heureux d’avoir pu partager sa passion avec autant de compagnons de route. Son seul regret: installé depuis quelques mois à la Fondation Pescatore, ses deux pianos de concert lui manquent...

Pierre Nimax sr comment vous portez-vous à l’aube de votre 90e anniversaire?

Je me rends tout à coup compte que je suis devenu vieux. Mais, je suis heureux d’avoir pu être actif dans des domaines aussi variés. Heureusement j’avais toujours quelque chose à faire. J’ai aussi la chance d’avoir eu une bonne santé.

Le clavier, les partitions et une statue de Sainte Cécile, la patronne des chorales, ici dans votre chambre à la Fondation Pescatore ne sont pas là par hasard. Jouez-vous encore de la musique?

Pour Pâques, j’ai donné un récital de piano pour les pensionnaires de la Fondation Pescatore. Ce fut un grand moment pour moi. J’aimerais entretenir mon jeu, mais aujourd’hui ma santé me freine. Je regrette aussi que dans ma maison de Bertrange, mes deux pianos de concert m’attendent tous les jours.

Comment vivez-vous la crise que nous connaissons actuellement?

Comme tout le monde, je suis étonné de l’ampleur de cette crise qui s’accompagne de doutes et de peurs. Heureusement, nos hommes politiques ont pris les bonnes décisions, cela m’a rassuré. Avec beaucoup de discipline, nous avons obéi aux règles et tous ensemble nous avons réussi à maîtriser la situation.

Revenons à votre carrière. Pourquoi êtes-vous devenu musicien?

Enfant déjà je savais que je voulais devenir musicien. Cela inquiétait ma famille où personne n’était musicien. Je croyais ma voie toute tracée: devenir instituteur, étudier la musique et diriger la chorale ou l’ensemble du village. Sauf qu’à cette époque, les nazis sont venus, j’étais élève de la «Lehrerbildungsanstalt». Avec l’arrivée des Américains et la libération, j’ai enfin pu prendre la décision de devenir musicien. Je me suis inscrit au conservatoire de Luxembourg et j'ai reçu des cours de l’organiste de la cathédrale Albert Leblanc.


Ensuite tout au long de votre vie de musicien, vous avez toujours été actif dans plusieurs domaines. Pourquoi?

C’est vrai, mais j’ai toujours beaucoup travaillé. Se dire que l’on va suivre une direction particulière unique est toujours risqué. Dans un petit pays comme le Luxembourg plus qu’ailleurs. Je ne voulais pas me laisser freiner dans mes choix.

Vous qui avez fait les deux, quelle est la différence entre diriger un chœur et un orchestre?

Les différences sont grandes. Le chef de chœur doit s’intéresser à la diction, à la manière de dire les choses. Pour l’orchestre les règles sont autres. Je crois que pour devenir un bon chef d’orchestre il faut aussi avoir dirigé des chorales. C’est très formateur.


Le musicien à la tête de la musique militaire grand-ducale.
Le musicien à la tête de la musique militaire grand-ducale.
Photo: archives LW

En 1971 vous devenez chef de la musique militaire grand-ducale alors que vous n’étiez pas militaire.

Henri Pensis était une personnalité incontournable de la scène musicale du Luxembourg – il a entre autres créé en 1933 l’orchestre RTL qu’il a ensuite longtemps dirigé – et s’est toujours engagé pour défendre les musiciens du Luxembourg. Il voulait par exemple que le poste d’organiste de la cathédrale et celui de chef de la musique militaire grand-ducale soient occupés par des Luxembourgeois. Il m’a demandé de me tenir prêt pour le second poste. Sur ce, j’ai suivi une formation de chef d’orchestre d’harmonie à Trossingen. J’avais promis à Henri Pensis de prendre ce poste. Donc même après son décès j’ai tenu ma promesse.


Le Luxembourg a été au centre de ma vie. C’est important. De plus je suis un fervent défenseur de notre monarchie.

Pierre Nimax sr

Ce fut aussi un poste du plus haut prestige. C’est pour cette raison que vous avez accepté?

J’étais le seul chef diplômé à postuler. J’ai dû passer une semaine d’examens avant d’être engagé. Ce travail est tout simplement unique au Luxembourg, encore aujourd’hui.

Qu’est-ce qui vous a motivé à composer, donc de ne pas vous limiter à interpréter la musique?

La composition m’a apporté une énorme satisfaction. Que ce soit lors de commandes ou pour des initiatives personnelles, j’ai eu la chance de voir mes œuvres toujours jouées en concert. Pour ce faire j’ai aussi fondé de nombreux ensembles – surtout dans le domaine de la musique de chambre – un genre tellement riche et délicat. Pour devenir un musicien accompli, il faut absolument avoir joué beaucoup de musique de chambre, j’en suis convaincu.

Vous vous êtes toujours engagé pour votre pays, votre patrie...

Le Luxembourg a été au centre de ma vie. C’est important. De plus je suis un fervent défenseur de notre monarchie. Prenez l’exemple de l’«Heemecht» de Zinnen. Le seul fait d’avoir un hymne national est quelque chose de considérable. Toute ma vie, avec mes disques, arrangements, compositions ou livres, j’ai défendu notre patrimoine pour éviter qu’il ne disparaisse. Sinon, qui l’aurait fait à ma place?

Dressez-vous aujourd’hui un bilan de votre vie, de votre longue carrière?

Je suis heureux d’avoir pu faire tout ce que je voulais faire. Même si le chemin pour trouver un moyen de poursuivre ma voie n’a pas toujours été facile.

Suivez-vous encore la vie musicale du pays?

Avant j’allais souvent au concert pour écouter de la musique. Aujourd’hui je ne peux plus le faire.

Une passion pour la musique partagée avec son fils.
Une passion pour la musique partagée avec son fils.
Photo: archives LW

Votre fils Pierre Nimax jr poursuit en quelque sorte votre travail. Le nombre d’organistes, musiciens ou compositeurs ne cesse de croître. La relève semble assurée. Cela doit être une grande satisfaction pour vous?

Je suis heureux et fier que Pit ait décidé de suivre la même voie et comme moi se mettre au service de l’autre en toute modestie et surtout croire en ce qu’il fait. C’est vrai, aujourd’hui de nombreux jeunes s’engagent à défendre ce qui m’a toujours été cher. C’est bien le signe qu’ils en sont capables et que tout mon travail n’a finalement pas été en vain. 

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