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Oscar du meilleur film étranger 2015: Secret de famille
Kultur 1 3 Min. 10.11.2015

Oscar du meilleur film étranger 2015: Secret de famille

Soeur Anna (Agata Trzebuchowska) va découvrir qu'elle s'appelle en réalité Ida Lebenstein et qu'elle est juive.

Oscar du meilleur film étranger 2015: Secret de famille

Soeur Anna (Agata Trzebuchowska) va découvrir qu'elle s'appelle en réalité Ida Lebenstein et qu'elle est juive.
PHOTO: MEMENTO FILMS DISTRIBUTION
Kultur 1 3 Min. 10.11.2015

Oscar du meilleur film étranger 2015: Secret de famille

«Ida» de Pawel Pawlikowski est un film qui ne fait pas les gros titres de l'actualité cinématographique et qui est pourtant l'un des plus intéressants que l'on peut (re)découvrir mardi au cinéma Utopia.

(MLR) - Voilà un film qui ne fait pas les gros titres de l'actualité cinématographique et qui est pourtant l'un des plus intéressants et touchants. «Ida» nous arrive de Pologne. Son réalisateur est Pawel Pawlikowski (1957*), que les cinéphiles connaissent pour avoir notamment tourné «Summer of Love» en 2004 et «The Woman in the Fifth» en 2011. «Ida» est le premier long métrage entièrement tourné en Pologne et en polonais par ce cinéaste qui vit à Londres.

Le film n'est pas passé inaperçu sur la scène internationale puisqu'il a déjà récolté une brassée de prix dans différents festivals (de Londres à Toronto en passant par Varsovie et les Etats-Unis) jusqu'à sa consécration aux Oscars 2015 où il a reçu celui du meilleur film étranger.

Choisir la route à suivre

Il nous transporte en Pologne dans les années 60, une période proche de celle qu'a connue le réalisateur dans son enfance. Soeur Anna est une jeune orpheline qui a été élevée dans un couvent. Elle s'apprête à prononcer ses voeux pour devenir nonne. La mère supérieure du couvent lui ordonne de rencontrer sa tante Wanda. C'est la seule famille qui lui reste et elles ne se sont jamais parlé. Anna s'exécute. La rencontre est assez surréaliste. D'un côté, une jeune fille au visage d'ange habituée à la règle du silence. De l'autre, une femme mûre qui porte sur son visage les stigmates d'une vie dissolue.

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En quelques plans, Pawlikowski nous fait prendre la mesure du personnage: cigarettes, alcool et sexe font partie de son quotidien à côté de son travail de procureur. Elles n'ont rien en commun. La visite tourne rapidement court. La tante congédie sa nièce. Et puis elle se ravise. Elle la retrouve à la gare où la jeune fille s'apprêtait à prendre son bus. Elle la ramène chez elle. Et elle lui confie le secret qu'elle n'a encore jamais partagé avec quiconque. Soeur Anna apprend qu'elle s'appelle en réalité Ida Lebenstein. Elle est juive. Ses parents ont été assassinés pendant la guerre alors qu'ils s'étaient réfugiés dans la forêt pour échapper aux nazis. Elle seule a pu échapper aux bourreaux.

Ida et sa tante décident de retourner dans le village familial pour comprendre ce qui s'est passé. Une véritable épopée pour cette jeune fille qui n'a jamais quitté son couvent ni rencontré le moindre jeune homme. A la croisée des chemins, elle va devoir choisir la route à suivre.

Parti pris esthétique

Ce qui est le plus fascinant dans ce film n'est pas tant l'histoire de ces deux femmes aux destins radicalement opposés que la manière qu'a Pawlikowski de la raconter. Il y a bien sûr ce choix du noir et blanc ainsi que le format du film (en 1,37x1, le même que dans «The Artist»).

Cela nous transporte dans une époque révolue, avant l'introduction du cinémascope et de ses plans panoramiques. Ici, tout est filmé dans une perspective de verticalité. L'image est presque carrée. Elle projette le regard de bas en haut, dans un mouvement qui fait écho à la foi inébranlable de Ida.

La première impression de classicisme du film est vite démentie par les cadrages insolites. Les corps semblent s'introduire comme par effraction dans le champ de la caméra. Les visages sont relayés en bas de l'écran quand au-dessus d'eux dominent des ciels immenses.

Economie de plans

Le scénario se déploie dans une économie de plans qui parviennent à nous ouvrir les clés des personnages. Un minimalisme d'une grande efficacité. En toile de fond, la Pologne de l'époque de la guerre froide apparaît de manière presque anecdotique. La réussite du film tient aussi à la superbe interprétation de Agata Trzebuchowska dans le rôle de Ida et de Agata Kulesza dans celui de sa tante Wanda.

La jeune fille en particulier dégage une lumière intérieure exceptionnelle que souligne la qualité des images. «Vous ne vous rendez pas compte de l'effet que vous faites», lui confie un jeune saxophoniste sous le charme. Le spectateur, lui-aussi, ne peut qu'être séduit par ce personnage dont le périple est au fond davantage intérieur que physique.

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Mardi 10  novembre à 19 heures au cinéma Utopia. Réservations des places au tél. 22 46 11.


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